‹ Conclusion sur les lois des Douze Tables, contenant 1°. Un examen de quelques points généraux; 2°. Tous les fragmens qui nous ont été conservés, et tels que les savans en ont proposé les textes, avec la preuve de chacum d'eux, et des explications sur les lois qui en sont susceptibles;Chapitre 40 sur 78 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

indignât ione factus œdilis curuîis , vulgavit , ac fastos pene toioforo expo suit. Ainsi il ne publia point les lois royales, comme Ta faussement prétendu Terràssbn, mais seulement le droit civil , qui, depuis long-tems , était renfermé avec les lois qui concernaient la religion; et tout le monde sait que par ces mots jus civil? , on entendait les actions de la loi , actiones legis, c'està-dire les formules de la procédure , et non laloi ellemême.

Voici , au surplus, ce que Tite Livc nous apprend de Flavius. Son témoignage est d'autant plus précieux, qu'il se trouve conçu , presque tout entier , dans les mêmes termes que celui de L. Pison , rapporté par Aulu-Gelle (1) , avec cette différence cependant , que Pison ne parle ni du droit civil , ni du calendrier publié par Flavius , quoique Terrasson se le soit imaginé.

« La même année , dit Tite Live (2) , Cn. Flavius , »» sçrrbe , fils de Cnéius , parvint à l'édilité curule. » Né dans une famille obscure , et fils d'un affranchi, » c'était néanmoins un homme artificieux et éloquent. » Je découvre dans quelques annales qu'il servait » d'appariteur aux édiles , quand une tribu le proposa » pour être édile lui-même ; mais que , comme on ne

(1) Liv. VI, chap. 9,

(a) L'an de Rome 44 9 , P. Sulpicius Saverrion et P. Simpronius Sophus , Coss. , ,

» voulut point agréer son nom qu'il avait déjà écrit » avec celui des autres candidats , il jeta de dépit se» » tablettes , et protesta qu'il ne ferait plus les fone- >» tiens de secrétaire. Macer Licinius pense qu'aupa- » ravant il avait déjà exareé le tribunat , et que deux » fois il avait été uornmu triumvir , d'abord pour les » accidens nocturnes , et ensuite pour rétablissement « d'une colonie. Au surplus, on s'accorde à dire » qu'il tint tête aux patriciens , quoiqu'ils lui mon- » trassent du mépris , à cause de la bassesse de son jt origine.

* Flavius publia le droit civil , que les pontifes » avaient tenu secret jusque-là. II afficha les Fastes » dans le Forum , afin que chacun pût connaître les » jours où il était permis de porter une action en jus- * tice. Malgré l'excessive envie que lui portaient les » nobles , il fît la dédicace du temple de la Concorde , » bâti dans la place de Vulcain. Le grand pontife Barj» bâtas voulait faire valoir l'ancien usage , qui n'ac- » cordait cet honneur qu'à un consul ou à un générai » d'armée ; mais le peuple avait donné son censente- » ment , et il se vit forcé de dicter la formule de la « dédicace. Néanmoins, sur la réquisition du sénat, » un plébiscite ordonna qu'à l'avenir nul ne pourrait » consacrer un temple ou un autel , sans la pennis- » sion du sénat ou de la majorité des tribuns.

» Yoici un autre trait peu mémorable en soi , mais « qui fait voir avec quelle liberté les plébéiens bca- » vaient l'orgueil de la noblesse. Un jour qu'il était

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