PREMIÈRE PARTIE. 8t
L'opinion commune veut que plusieurs plébéiens aient fait partie du second collège.
(d) Bonamy ne croit point à l'authenticité de cette lettre. J'avoue que mes recherches ne m'ont rien donné de certain à cet égard. Il est hors de doute
qu'Hermodore était dans Ephèse un citoyen illustre , et qu'il subit l'ostracisme , si fatal aux grands hommes dans toute la Grèce ; ce qui faisait dire au philosophe ténébreux que tous les Ephésiens devraient être étranglés pour avoir chassé un si honnête hpmme. On croit qu'il réunit dans un recueil les lois de divers peuples. II vint à Rome en l'an 3oo de la fondation de cette ville, et l'on pense que ce fut lui qui conseilla aux Romains d'envoyer chercher les lois de la Grèce. En effet , l'opiniâtreté de Romilius qui fléchit soudain , et les plus fermes d'entre les patriciens qui cèdent après une longue résistance , font assez croire à de sages avis qui leur auront été donnés par quelqu'un d'étranger au sénat.
Voici à peu près le mot à mot de cette lettre d'Hé-
raçlite : .
« J'ai vu , dans un songe , tous les rois de la terre » venir se prosterner devant tes lois , et , dans un » silence religieux , les adorer à la manière des Perses, » tandis qu elles se maintenaient dans une imposante >» majesté. »
L'auteur de cette lettre, quel qu'il soit, ne voyait
pas les Douze Tables comme on l'a fait depuis cinquante ans.
On a aussi appliqué à Hcrmodore un vers de la Sibylle , dont voici le sens :
L'Ionie chassera un sage , guise retirera sur les /erres d' Italie.
On a traduit le mot grec è&<ret par mit/et. Je crois qu'il a une. signification plus étendue , et telle que- je la lui donne ici.
(e) Rien ne me paraît beau comme la manière dont Cicéron raconte la mort de Crassus ( i ).
Il était dans la force de l'âge , et mourut d'une fluxion de poitrine dont il fut attaqué en sortant du sénat , où il venait de haranguer contre Philippe avec une grande force d'esprit et de courage. Après avoir rapporté un passage de son discours , Cicéron s'écrie : « Ce fut le chant du cygne pour ce nomme vraiment » divin , dont nous croyons voir l'ombre errer dans la >» tribune , et dont il nous semble entendre encore la » voix. O fallacieuses espérances! ô fortune fragile ! » ô vanité de nos travaux et de nos disputes! nous » faisons naufrage au milieu de notre course et avant » que d'avoir aperçu le port. »
Puis , se consolant de ce que Crassus n'a pas été témoin des proscriptions de Marius , et considérant sa mort commé un bienfait des dieux : « Il n'à pas vu ,
(i) Liv. III (te l'Orateur.