PREMIÈRE PARTIE
dit-il , l'Italie embrasée par la guerre , le sénat déchiré par l'envie , les premiers des Romains devenir criminels. Il n'a pas vu le deuil de sa fille et l'exil de son gendre , la fuite cruelle de Mari us , son retour plus cruel encore , et fatal à cette ville bouleversée par tous les genres de crimes , autrefois si florissante , et le théâtre de sa propre gloire.
» En effet , qui de nous a pu mettre en oubli la proscription de tant de personnages illustres ?Q. Catulus , qui s'était #evé jusqu'alors au milieu d'un concert universel de louanges , comme il demandait en suppliant , non la conservation de ses biens , mais seulement un exil , se vit forcé de mettre fin lui-même à sa vie. Sur cette même tribune où M. Antonius avait défendu la république pendant » son consulat , et que , durant sa censure , il avait » ornée de la dépouille des ennemis, on exposa sa tête « sanglante au milieu de celles d'une multitude de » citoyens. Non loin de là , on vit celle de L. Julius , « gisante avec la tête de C. Julius, son frère, livré » par un Toscan qui n'eut point honte de trahir son » hôte. Crassus , qui n'a pas eu à gémir sur tant « d'horreurs , a vécu avec la république , et il est » mort avec elle. Il n'a point vu P. Crassus , ce pa- » rent magnanime , se tuer de sa propre main , et le » souverain pontife (i) , son collègue , rougir de son » sang l'image de Vesta. »
(1) Il paraît que c'était Mérula, le même qui prit la précau-
(f) Plutarque, dans sa Fie de Caton , raconte cette ambassade ; mais il ne nous donne que le nom de deux de ces philosophes. Aulu-Gelle, liv. VII, chap. i4, nous apprend quel était le troisième, et les sectes qui les distinguaient. Au surplus, j'ai copié tout ce qui est marqué par des guillemets dans l'excellente notice de M. Chardon-la-Rochette sur Panœtius , désespérant de pouvoir égaler cette facilité et ces grâces qui lui s'ont naturelles.
(g) Je ne parle point ici de ceux qui ont écrit en français sur les Douze Tables ; je n'en connais que trois. Dans ma note préliminaire , je me suis déjà expliqué sur le travail de M. Bouchaud ; on connaît suffisamment Bonamy par ce que j'en ai dit plus haut ; et quant à Terrasson , il est question de lui dans tout mon ouvrage.
(A) D'autres composent ce nom de robur et de maximum , dont ils prennent seulement la première syllabe. Ce serait là sans doute ce nom mystérieux que les Romains avaient donné à leur ville , et que la religion leur défendait de révéler. Si maximus est un mot purement latin, robur appartenant à la langue grecque , on pourait voir, dans la composition du nom de Rome ,
lion d'attester par écrit qu'il s'était dépouillé de ses ornemens de pontife , afin tic ne point les profaner en se donnant la nlort.