‹ Conclusion sur les lois des Douze Tables, contenant 1°. Un examen de quelques points généraux; 2°. Tous les fragmens qui nous ont été conservés, et tels que les savans en ont proposé les textes, avec la preuve de chacum d'eux, et des explications sur les lois qui en sont susceptibles;Chapitre 43 sur 78 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

dit-il , l'Italie embrasée par la guerre , le sénat déchiré par l'envie , les premiers des Romains devenir criminels. Il n'a pas vu le deuil de sa fille et l'exil de son gendre , la fuite cruelle de Mari us , son retour plus cruel encore , et fatal à cette ville bouleversée par tous les genres de crimes , autrefois si florissante , et le théâtre de sa propre gloire.

» En effet , qui de nous a pu mettre en oubli la proscription de tant de personnages illustres ?Q. Catulus , qui s'était #evé jusqu'alors au milieu d'un concert universel de louanges , comme il demandait en suppliant , non la conservation de ses biens , mais seulement un exil , se vit forcé de mettre fin lui-même à sa vie. Sur cette même tribune où M. Antonius avait défendu la république pendant » son consulat , et que , durant sa censure , il avait » ornée de la dépouille des ennemis, on exposa sa tête « sanglante au milieu de celles d'une multitude de » citoyens. Non loin de là , on vit celle de L. Julius , « gisante avec la tête de C. Julius, son frère, livré » par un Toscan qui n'eut point honte de trahir son » hôte. Crassus , qui n'a pas eu à gémir sur tant « d'horreurs , a vécu avec la république , et il est » mort avec elle. Il n'a point vu P. Crassus , ce pa- » rent magnanime , se tuer de sa propre main , et le » souverain pontife (i) , son collègue , rougir de son » sang l'image de Vesta. »

(1) Il paraît que c'était Mérula, le même qui prit la précau-

(f) Plutarque, dans sa Fie de Caton , raconte cette ambassade ; mais il ne nous donne que le nom de deux de ces philosophes. Aulu-Gelle, liv. VII, chap. i4, nous apprend quel était le troisième, et les sectes qui les distinguaient. Au surplus, j'ai copié tout ce qui est marqué par des guillemets dans l'excellente notice de M. Chardon-la-Rochette sur Panœtius , désespérant de pouvoir égaler cette facilité et ces grâces qui lui s'ont naturelles.

(g) Je ne parle point ici de ceux qui ont écrit en français sur les Douze Tables ; je n'en connais que trois. Dans ma note préliminaire , je me suis déjà expliqué sur le travail de M. Bouchaud ; on connaît suffisamment Bonamy par ce que j'en ai dit plus haut ; et quant à Terrasson , il est question de lui dans tout mon ouvrage.

(A) D'autres composent ce nom de robur et de maximum , dont ils prennent seulement la première syllabe. Ce serait là sans doute ce nom mystérieux que les Romains avaient donné à leur ville , et que la religion leur défendait de révéler. Si maximus est un mot purement latin, robur appartenant à la langue grecque , on pourait voir, dans la composition du nom de Rome ,

lion d'attester par écrit qu'il s'était dépouillé de ses ornemens de pontife , afin tic ne point les profaner en se donnant la nlort.

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