LOIS XIII ET XIV
C'est par erreur sans doute que , de ces deux lois , on n'en a fait qu'une. Cicéron dit positivement : Quâ in lege cum esset , ne ve a uni m addito , quàm humanè excipit altéra lex quoi auro dentés juncti esseni , ast im cum il h sepelire , etc.
LOI XVI
J'ai mis enlevé et non acquis par la prescription ,
pour faire mieux ressortir le véritable sens de la loi. On a vu ailleurs que deux ans suffisaient pour acquérir un immeuble par cette voie; de manière que celui-là qui, pendant cet intervalle, n'aurait pas eu besoin de l'endroit dont il s'agit , en aurait perdu la propriété par la possession d'un autre ; et c'est ce que la loi défend ici.
Sur la foi de Fulvius-Ursinus , Terrasson ajoute deux lois à cette Table ; les voici :
I. « Il pourra y avoir un héraut qui annonce la m mort du défunt , et qui indique le jour des funérail- » les; et en cas qu'on célèbre des jeux funèbres, m le maître des cérémonies pourra prendre avec lui » un substitut et des licteurs. »
II. « Lorsqu'il sera mort quelque citoyen recom- » mandable dans la république , qu'on chante publi- » quement ses louanges dans ses funérailles , et qu'on » y mêle des vers lugubres avec des accompagnemens » de Sûtes. »
Et il cite en preuve de ces deux textes un passage de Cicéron , qui dit , au contraire, qu'ils n'étaient point dans les Douze TaWes.
Cet orateur philosophe , après avoir , dans le second livre de son Traité des Lois , rapporté toutes les dispositions du droit décemviral sur les Funérailles, ajoute : « Nous trouvons ces choses dans les Douze » Tables , en cela très-conformes à la nature , qui est » la règle de la loi. Le surplus *st de {'usage , comme
SECONDE fARTIE. ±î3
,» A' annoncer tes JunérêtUes , * 'il Vf M des feux , ou il » //• <fc /* cérémonie se sert de hérouts et dt liom , j/ l'on fuit en public l'éloge êes hommes ii- » lustres , on si ces éloges se chantent avec des oxcompa- » gnemens de flûtes.»
Terrasson , qui avait le texte de Gieéron sous les yeux, dit après eh avoir cité une partie : * Il paraît » bien > par ce passage , que la loi que nous rapportons * était dans les Douze Tables ; mai* elle y était plutôt » comme une permission et nue tolérance que comme » nue loi , sui van t ces tonnes : Rêliqw sunt in more, fc»
ÈHwr entendre le commentaire de Terrasson , il fau>drai t un second commentaire. Gcéron distingue d une manière bien précise ce qui est écrit dans les Douze Tables , de ce qui n'a été introduit et maintenu que par l'usage. Hœckùbemus in duodecim , dit-il , teliqw sunt in more ; fwut ut bdicatur > si^uid lutta***, etc.
Voioi comment un interprète de Cfcéron détaille toutes ces cérémonies , que l'usage seul avait introduites ; on verra combien elles contrastent avec la simplicité recommandée par les décemvirs : le huitième jour venu , le héraut ou le crieur notifiait au peuple qu'il eût à s'assembler pour célébrer les obsèques d'un tel , fils d'un tel. Les parens, amis , voisins et autres , étant venus , on dressait un lit , que l'on couvrait de pourpre ou de quelque linceul magnifique ; on y étendait le corps du défunt; et après les dernières proclamations , le convoi marchait , précédé du joueur de flûte ou siticine , qui chantait des airs phrygiens , tandis
que duraient les lamentations qui contenaient le récit des bonnes qualités et des belles actions du mort. Les corps des personnes de distinction étaient conduits au bûcher avec bien plus de pompe; car outre les lits , qui étaient en grand nombre , on portait encore assez souvent sur des chariots leur représentation en cire , celles de leurs ancêtres, les marques de leurs dignités. Les lits sur lesquels ils étaient couchés étaient quelquefois portés par des prétoriens, des consulaires, etc. Les ambassadeurs de Macédoine portèrent celui de Paul-Emile ; celui de Sylla fut porté par les vestales. Une longue suite d'esclaves et d'affranchis précédait ; les cnfans suivaient; les garçons , tête couverte , les filles , tête nue ; les parens , les amis , tous en noir, hors les filles; des femmes payées pour cela faisaient leur devoir de bien pleurer , et donnaient le ton aux autres : on arrivait en cet ordre dans la place publique où le mort demeurait exposé, tandis que son fils , un des plus proches , ou quelque autre , montait sur la tribune aux harangues, et faisait l'éloge du défunt.
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