‹ Conclusions statistiques contre les détracteurs de la vaccineChapitre 25 sur 52 · DES VIVANTS ET DES DECEDES · texte numérisé non relu

DES VIVANTS ET DES DECEDES

chaque groupe d’âge.

COEFFICIENTS

DE MOltTALlTÉ OU

danger de mort

AGES

SEXE MASCULIN

SFXE FÉMININ.

à chaque groupe d’âge.

Populat.

moyenne (5 recensements).

Moi luaire ( docu meuls officiels).

Populat.

moyenne (3 recensements).

Mortuaire ( docu ment s officiels).

Hommes.

Femmes.

80 cl

SO

Si nous rapprochons les coefficients en leur enlevant la forme fractionnaire (comme nous l’avons fait pour la France), nous aurons le tableau suivant, aussi clair dans sa forme qu’éloquent dans ses résultats.

ÉTUDE DE LA MORTALITÉ AU XIXe SIÈCLE.

Nombre des décès pour 1000 vivants à chaque groupe d’âge ,

en Suède.

AGES

ÎIO M M E S.

F E BI >1 îî S.

Période

Période

Période

Période 1755- 63.

Période

Période

15 il 20

Ainsi, pour ne mentionner que les âges les plus importants, il y avait en Suède, au siècle passé, 289 décès pour la première année de l’existence, 210 décès vers le premier quart de notre siècle; il y en a seulement 188 aujourd’hui. De un an à trois ans, au lieu de 57, et plus tard de A 2, on n’en perd plus que 33..., etc., pour Tendance.

Si nous considérons les adultes, nous voyons que, de \ vingt à trente ans, nous n’avons aujourd’hui que 755 décès (sur 100 000 vivants de cet âge) au lieu de 835 au com» onencement du siècle et 975 le siècle passé. De trente à ! quarante ans, nous n’avons plus que 1110 décès, quand

il y en avait 1125 vers 1820, et 1220 pour la fin du i xviii6 siècle (1).

Même résultat, et plus frappant encore, pour les ^ femmes. Progrès constant à chaque âge. Ici d’ailleurs, et d’une manière encore plus régulière et plus marquées qu’en France, la mortalité est moindre à tous les âges de ? fécondité pour le sexe féminin que pour le masculin, sa diminution est plus marquée, plus régulière; on sentt que, pour ce sexe favorisé, les fruits du progrès sontt moins contrariés par les exigences du travail, par les s luttes de la concurrence, et par celles plus fâcheuses encore de la politique.

Nous voyons donc en Suède, comme en France, dur xvme au xixe siècle, la mortalité atténuée à tous les âges, mais d’une manière plus marquée aux premières années > de la vie. D’autre part, tandis qu’en France depuis vingtcinq ans, ce progrès s’est arrêté aux âges de travail et même a rétrogradé pour le sexe masculin, rien de pareil;! ne s’est passé en Suède : la mortalité n’a pas cessé d’yv décroître aux âges producteurs, même dans la courte. période de 1820 à 1845. Mais, par une coïncidence singu-r lière, le progrès de la vitalité des deux sexes s' arrête eu Suède pour ceux qui, étant âgés de soixante-cinq à soixante-dix ans, sont nés quinze ou vingt ans avant l’introduction de la vaccine; c’est-à-dire que ceux qui nont pas éprouvé'

influence du funeste présent, comme dirait M. Carnot,

(l) Il est assez digne de remarque que, dans ces tables suédoises, c’est aux abords de la vieillesse, vers soixante-cinq à soixante-dix ans, que le progrès s’arrête quelquefois, même rétrograde un instant; il semble que c’est un effort trop grand pour un peuple que de diminuer sa mortalité à tous les Ages à la fois. Cependant, la diminuer d’abord pendant l’enfance et ensuite aux Ages de vigueur et de production, est le progrès le plus désirable pour une nation, et c’est celui que la Suède a conquis.

ÉTUDE DE LA MORTALITÉ AU XIXe SIÈCLE. 111

sont les seuls qui n’ont pas vu diminuer leur danger de mort! Cette découverte nous paraît embarrassante pour les variolophiles. Nous la signalons à M. Carnot et à ses disciples. Il résulte de là que la vaccine, qui entre évidemment pour une large part dans la consolidation constante de la vie de l’enfance, n’est pour rien dans les évolutions, variables suivant les lieux et suivant les sexes , que subit la vitalité des adultes.

Si nous nous en étions tenus à la France, l’imperfection de nos matériaux, l’absence regrettable des documents les plus indispensables obstinément celés par nos bureaux, pouvaient peut-être laisser une vue inattentive flotter dans un demi-jour.

Mais, à la lumière qui nous vient de Stockholm, la dernière ombre du doute disparaît. Et il est évident que, si la statistique française eût été aussi riche en documents que celle de la Suède, ou seulement si ceux de ce pays eussent été connus de M. Carnot, il lui aurait été donné d’apprécier la vaccine comme un inestimable bienfait, et il se serait épargné le chagrin de s’égarer dans une fausse route, d’y entraîner quelques fidèles et de calomnier une des plus belles découvertes de notre temps.

Est-il rien de plus remarquable que le tableau du progrès si régulier et si constant que nous présente la Suède? Est-il une page plus éloquente que ces colonnes de chiffres pour célébrer le triomphe de la civilisation moderne? Honneur au pays assez régulièrement progressif pour jouir d’un tel résultat et assez éclairé pour fournir à la science les moyens de le constater!

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