‹ Conclusions statistiques contre les détracteurs de la vaccineChapitre 35 sur 52 · MOINS · texte numérisé non relu

MOINS

f Yonne .

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\ Moyenne....

À no regarder que les valeurs moyennes générales de chaque série, ce tableau s’élève encore avec force contre M. Carnot, puisque sur 1000 habitants de 20 ans il en survit à 30 ans à peu près autant de part et d’autre, et même un peu plus dans le groupe vaccinateur, et que Celui-ci à 40 ans compte encore 774 adultes, tandis que les moins vaccinateurs n’en ont plus que 714. Mais d’une autre part, si nos Chiffres de vaccination représentaient avec quelque vérité les rapports réels du nombre des vaccinés, il y aurait certainement une différence plus sensible entre les survivants de chaque série à 15 ans, car c’est surtout de 1 à 15 ans que la vertu préservative du vaccin a une grande et incontestable influence. C’est à peine pourtant s’il y a une différence de 2 pour 100 entre la sur» Vivance des deux groupes à l’âge de 15 ans ! Ce rapport ne parait point assez élevé pour être regardé comme significatif. Si, pour nous en informer plus sûrement, nous appliquons la règle que nous avons donnée pages 1 5 et 16, nous verrons qu’il doit être regardé comme accidentel. En effet, si au lieu de 12 départements pour former chaque série, nous en prenons 13, il devient nul, et même change de signe pour reparaître avec 15, etc.

Malgré le résultat négatif auquel, faute de documents

le pasteur, étant un citoyen qui relève exclusivement de la patrie, un époux, un père, attaché au pays par tous les liens de famille et de hiérarchie, la société dont il est membre a pu lui confier, sous bon contrôle d’af 'leurs , une partie de l'enquête statistique. Eu Suède, particulièrement, les pasteurs sont chargés de tenir les registres de population dont nous avons parlé (p. 10 4) . l'exactitude et la bonne tenue de ces registres sont contrôlées chaque année par des agents de l’administration civile. C'est ainsi que les pasteurs se trouvent naturellement à portée de connaître les vaccinations effectuées chaque année daus leur vicariat et d'en envoyer le relevé à la commission statistique. On s’étonnera moins, après ces détails, de la perfection de la statistique suédoise et de l'infirmité de l’enquête des vaccinations effectuées en Ffauce.

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sérieux, nous aboutissons dans ce chapitre, les conclusions 3 à tirer ne sont pas dépourvues d’intérêt.

D’abord, l’examen auquel nous nous sommes livré frappe:1 de nullité toutes les productions de M. Carnot sur ce sujet. Ensuite ce travail de critique prouve que le statisticien 1 peut se mettre à l’abri des documents inexacts ; qu’il a,, comme le chimiste, des réactifs pour apprécier la pureté 3 et la qualité des matériaux qui lui sont fournis ; qu’il ne 3 tientqu’à lui, dans la détermination des valeurs moyennes, . dans la figure des séries, dans les données de la science , de3 reconnaître, à l’irrégularité des groupes, que la propriété par laquelle il ordonne n’est pas celle qui gouverne les 5 séries. Que le lecteur se reporte à la page 12, et qu’il considère la succession des nombres dans le tableau où lesséries de 20 élèves polytechniciens sont rangés par ordre3 de mérite, en comparant avec le tableau ci contre où les? départements sont rangés suivant le nombre des vaccinés s (déclarés). Dans le premier cas, le nombre des fumeurs: croît avec une régularité remarquable ; on saisit tout de suite la loi qui préside à leur distribution ; dans les tableaux \ que nous venons de produire, au contraire, aucune suc-cession régulière ne peut être saisie sur les nombres des; survivants. Si cette irrégularité ne se remarquait que sur: les survies à 30 ou 40 ans, elle indiquerait qu’il 11’y a aucun rapport entre cette survie et la vaccine; mais comme elle se manifeste aussi pour la survie de 1 à 15 ans et que la déduction serait contraire aux propriétés les plus notoires et les plus incontestées de la vaccine, on doit conclure que les départements ne sont pas vraiment rangés suivant leurs coefficients de vaccination (nous avons vu que les irrégularités annuelles viennent appuyer cette conclusion) ; ou bien que ce s coefficients se rapprochent beaucoup les uns des autres (contrairement aux déclara-

ERREURS COMMISES SUR DES DOCUMENTS SPÉCIAUX. là 5

dons préfectorales) , c’est-à-dire que la différence du nombre des vaccinations effectuées dans les deux groupes comparés et même dans chacun des départements est trop petite pour pouvoir être appréciée dans son existence et dans ses résultats par les moyens de vérification dont nous disposons.

Ainsi la méthode statistique, quand on sait l’appliquer, est si sévère et si précieuse, que non-seulement elle peut résoudre les problèmes qu’on lui sou met quand les éléments exacts et utiles en sont connus , mais encore elle peut avertir que les données en sont insuffisantes et inexactes.

Interrogée avec des documents vrais, elle répond ; avec des documents faux, elle s’abstient î

Cette exactitude n’est obtenue qu’à la condition de ne pas oublier que la statistique appliquée ne consiste pas à invoquer superstitieusement le témoignage des documents numériques bruts, ainsi que beaucoup le croient, mais à soumettre ces documents à la critique et à la méthode propre à la science. C’est alors seulement qu’on peut compter sur la légitimité des résultats.

Comment doncM. Carnot, qui n’interroge ses matériaux ni par la critique ni par la méthode, pourrait-il obtenir la vérité? Il ne pourrait la rencontrer quelquefois que par l’effet d’un hasard heureux, et jusqu’à présent la chance ne l’a pas favorisé (1).

(1) Ce n’est pas sans motif que quelques pseudo-statisticiens font comme M. Carnot.

Si, en effet, c’est dans l’emploi de la critique et de la méthode que gît la vérité, c’est aussi dans cette pratique, il faut l’ayouer, que gît tout le labeur du statisticien.

Établir les séries, les moyennes, c'est façonner le champ, l’ensemencer; c’est y consacrer ce long travail préparatoire dont la moisson sera le couronnement. Ainsi, pour ce seul chapitre, il nous a fallu :

Dépouiller et écrire à leurs places respectives 1720 nombres;

Faire 172 grandes additions pour déterminer les vaccinations et les*

a. Examen de la taille.

L’accusation portée contre la vaccine à propos de la taille des jeunes hommes est si dénuée de fondement, que nous nous serions dispensé de la relever si elle n’était exclusivement du ressort de la statistique et si elle ne fournissait l’occasion de démontrer une fois de plus les heureuses tendances de notre patrie. Nous l’avouerons, une des satisfactions les plus vives que nous aient données les études statistiques a été de reconnaître avec certitude et en dehors de toute passion les progrès incessants des nations civilisées en général, mais en particulier, à la tête de ces nations qui gravitent (trop lentement) vers le progrès, notre France presque toujours au premier rang.

Les hommes qui, pour l’amour de leurs opinions théologiques ou politiques, veulent absolument nous voir dégénérés, prétendaient qu’en France la taille moyenne des jeunes hommes allait diminuant, puisque le législateur s’était vu forcé d’abaisser le taux d’admission aux cadres

naissances moyennes de chaque département pendant une période de dix ans ;

Effectuer 86 divisions pour établir les rapports;

Ordonner les 86 départements selon ces rapports;

Faire encore 79 divisions pour trouver les survies;

Puis six additions et six divisions pour établir les moyennes;

Et enfin vérifier toutes ces opérations.

C’est seulement après cette pénible tâche accomplie, que la comparaison des séries, des moyennes, fait jaillir un résultat.

M. Carnot ne se met point en peine de tant de travail.

Il compare de suite un département qu 'on lui signale à un autre î

Ce travailleur veut moissonner avant d’avoir labouré et sans avoir semé ! Doit-il récolter autre chose que les mauvaises herbes qu'il nous livre? Pourtant il ne s’aperçoit pas de la qualité de sa récolte : il engrange sérieusement son chiendent, triticum repens , que plusieurs sur sa parole acceptent comme triticum sativum !

ERREURS COMMISES SUR DES DOCUMENTS SPÉCIAUX. 147 de l’armée. M. le docteur Berlin, dans une bonne thèse inaugurale (1856), vient de répondre à cette prétention en faisant remarquer que la taille d’admission est bien plutôt soumise aux variations politiques qu’à toutes les autres.

Au temps de Bonaparte, les avides besoins du recrutement l’avaient fait abaisser successivement de 1620 à 15à0 millimètres. La restauration, ne demandant que 40 à 60 mille hommes, la remit à 1570. Le gouvernement de juillet, voulant avoir 80 mille hommes, la fit redescendre à 1560 en 1831 et 32, même à 1540 en 1830. Ces différences dans les besoins expliquent parfaitement les diffé* rences des tailles exigées : et il n’en fallait pas davantage pour détruire des allégations déclamatoires.

Mais nous avons été curieux d’interroger sérieusement la statistique, afin de savoir si elle ne pourrait pas corroborer ces preuves négatives par une affirmation. Les documents les plus anciens que nous ayons pu nous procurer sur cet objet ne remontent malheureusement qu’à 1816 (1). Depuis cette époque pourtant, la taille des conscrits a eu quelques mouvements intéressants, dont le dépouillement et les résultats n’ont été, que nous sachions, consignés nulle part.

Les premiers comptes rendus publiés sous les Bourbons nous donnent assez peu de détails sur ce point. Ils nous apprennent pourtant combien, sur 100 conscrits, il s’en trouvait ayant la taille propre au fantassin ( 1570 à 1651 millim.), c’est-à-dire la plus petite taille, et combien étaient au-dessus de 1651 millim.

Il fallait donc, afin de pouvoir rapprocher et comparer

(1) Comptes rendus du recrutement , publication du ministère de la guerre. On trouve la collection dans les bureaux de M. Legoyt , au ministère de l’agriculture.

les résultats, établir les mêmes coupures sur les contingents de notre époque; c’est ce que nous avons fait en nous appuyant, pour avoir une valeur moyenne dégagée des oscillations annuelles , d’ailleurs fort légères, sur les dix dernières années (1843-52) (1). Nous avons résumé ce travail dans le tableau suivant :

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