PÉRIODE DE NEUF ANNÉES
(1814-1853, moins 1849.)
ou danger de mort.
ou danger de moi t.
De o à 15 ans. .
De 15 à 50 ans. .
De 50 ans et pi us. .
De tout ;ue. .
Ainsi, les documents des deux époques étant rendus comparables par cette élimination de calamités inégalement rapportées, il nous reste une mortalité qui s’est atténuée de 0 à 15 ans, qui est restée stationnaire de 15 à 50 ans, qui a un peu augmenté (6 p. 100) pour la vieillesse.
Voilà tout ce qu’il y a au fond de ce débat; voilà l’état de choses qui a excité tant de bruit et de lamentations de la part des adversaires de la vaccine. 11 est bon d’observer que la division des vivants en trois groupes d’àges, tels qu’ils sont établis, ne nous appartient pas : ce sont les groupes d’âges choisis par M. Carnot lui-même (1); car nous avons pour usage de prendre les questions telles qu’on les pose, toutes les fois qu’on peut le faire sans déraison. Mais, depuis que nous les avons réfutés (2) les adversaires de la vaccine ont changé leur division des âges : ce n’est plus de 15 à h 5 ou 50 ans qu’ils affirment leur prétendu accroissement de mortalité, c’est de 15 à 25. Quand nous leur aurons prouvé qu’il n’existe pas plus de 15 à 25 que de 15 à 50 , ils diront sans doute qu’il est manifeste de 20 à 30. Cette tactique est habile : on
fuit; mais pour ceux qui n’y regardent pas de très près, on
(1) Union méd ., n° 1856, et Journ. des conn. méd., passim.
(2) Gaz. hebd., 18 avril 1856.
a i’air de combattre. Ils disent encore : M. Bertillon annonce que la mortalité des hommes s’est accrue, aux âges f de travail, plus que celle des femmes (voy. p. 96 à 100); il prétend même que celle des femmes est stationnaire ; eh bien ! nous faisons la preuve que la mortalité de ce sexe s’est accrue dans des proportions considérables, etc.;., . ils se donnent l’air ainsi d’engager une lutte corps à corps qui fait présumer de leur force. Plus d’exactitude eût pourtant mieux éclairé la question, eût appris que c’est en étudiant la marche de la mortalité des sexes pour toute la France , qu’on arrive au résultat que j’ai indiqué, sur la marche accélérée de la mortalité masculine opposée à l’état à peu près stationnaire de la mortalité des femmes; et que, d’autre part, c’est sur l’étude exclusive de Paris que M. Carnot conclut à l’augmentation de la mortalité féminine, que sa conclusion, en la supposant exacte, ne peut •sortir de Paris et n’infirme pas la nôtre.
Nous voulons, en les dévoilant, détruire tous ces fauxfuyants qu’offre la statistique de cette grande ville. Tâchons donc d’y étudier la mortalité à chacune des deux époques du recensement avec le détail des sexes et des âges.
M. Carnot, par sa persévérance à éviter cette marche, nous l’ indiquait.
Pourquoi, en effet, ce calculateur, qui a beaucoup remué les chiffres parisiens, ne nous a-t-il pas fait voir encore tous ces détails? Pourquoi, malgré nos réclamations, se borne-t-il à l’étude du sexe féminin et à certains âges? On vaccine aussi les garçons, pourtant. S’il se refuse à l’examen de ce sexe, on peut présumer que c’est parce qu’il lui est trop défavorable. Voulant découvrir ce qu’on s’obstinait à nous celer, nous avons donc choisi, autour de chacun des deux recensements que nous avons, les trois années de tranquillité que l’on peut grouper autour d’eux.
214 CHAHTUE HUITIÈME.
Nous avons pris la période 1816-18 pour la première époque, et 1850-52 pour la seconde.
Une moyenne plus large eût sans doute été préférable, si elle eût été possible sans tomber sur des années à calamités accidentelles et non comparables; il faut donc se contenter de ces trois années. Mais si ces périodes sont petites, elles rachètent en partie ce défaut par leur tranquillité, par leur position identique, toutes deux suivant immédiatement de grandes calamités. Si une cause pathologique interne, constante, intense, nouvelle, pèse sur la population de la seconde époque, nul doute qu’elle ne soit accusée énergiquement, puisqu'elle ne sera masquée par aucune autre influence.
Ayant donc posé ainsi les bases de ce travail, nous avons apporté les plus grands soins dans son exécution : nous avons successivement examiné la mortalité de chaque sexe et des deux sexes réunis.
Nous donnerons, note IV, les éléments du calcul, nous n’en présentons ici que les résultats.