‹ Concours annuelsChapitre 2 sur 4 · CLASSE DE DESSIN DE FIGURE · texte numérisé non relu

CLASSE DE DESSIN DE FIGURE

ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR

Composition de M. VAN ENGELEN, Augustin, de Lierre.

Première question. — LYSIPPE.

Lysippe, de l’école dorienne deSycione, se pose lui-même, comme un sculpteur réaliste ; il s’intitule aulo-didaktos , qui s’instruit lui-même , c’est-à-dire qui ne prend pour guide que la nature. Cependant malgré ses principes tout-à-fait réalistes, Lysippe admet le choix; il n’est donc pas comme ces réalistes d’aujourd'hui qui pensent avoir fait une œuvre d’art, en copiant servilement un objet d’api’ès nature. Mais alors la photographie serait notre maître , une machine l’emporterait sur le génie de l’homme, ce qui n’est pas. Car , combien de fois n’arrive-t-il pas que, dans la photographie, nous ne reconnaissons pas la personne représentée ! Cela tient le plus souvent à ce que cette personne ne s'y trouve pas avec

la pose, l’attitude, lamine qui lui est habituelle, et qui lui est particulière. — C’est donc l’artiste seul qui doit savoir y mettre cet aspect naturel. C’est ce que Lysippe comprit; tout en imitant exactement la nature comme tous les maîtres doriens , il est bien au-dessus de ceux-ci , parce qu’il a amené l’art, qui avait atteint son apogée d’idéalisme dans l’école de Phidias , et son apogée de grâce d’élégance dans celle de Praxitèle, sur une nouvelle voie de progrès. — Il est donc cité comme l’un des plus grands sculpteurs, et il a influencé toutes les époques de l’art grec après lui jusqu’à sa décadence.

Quoique Lysippe ne prétendit prendre pour guide que la nature, il a dit lui-même que le Doryphore, de Polyclète , l’a beaucoup instruit. Polyclète fut le contemporain de Phidias, et fut comme Phidias élève de l’école dorienne d’Agéladas , d’Argos. Il créa le type de Junon. Il chercha la grâce et l’élégance plutôt que la grandeur et l’élévation.

Phidias est surnommé par exellence le sculpteur des dieux. Ce fut lui qui lit, la statue de Jupiter Olympien , le fronton oriental du Parthénon, représentant la naissance de Minerve , la statue de Minerve d’or et d’ivoire de l’intérieur du Parthénon, ainsi que la fameuse statue en bronze de Minerve Promachos , protégeant la ville et qu’on voyait du cap Sunium dominer l’acropole. Elle produisait un effet tellement majestueux que lorsque Alaric avec ses barbares vint assiéger Athènes, ils crurent que les dieux étaient sortis pour la défendre; une peur panique les saisit, ils s’enfuirent. — La frise du Parthénon fut aussi exécutée par Phidias et par les éléves de son école. Ce fut la première fois que le vrai bas-relief fut employé. Elle représente la procession des Panathénées et montre ainsi la reconnaissance des Athéniens envers leur protectrice, tandis que les frontons célèbrent la gloire et la puissance de Minerve. Les métopes qui ont été exécutées par les sculpteurs réalistes Doriens, parce qu’elles se prêtaient le plus par leurs hauts reliefs à leur manière réelle et énergique , représentent les hauts faits par lesquels les ancêtres des Athéniens ont mérité la protection de la déesse. On y voit Triptolème et Cérôs, inventeurs de l’agriculture, Pandore et Prométhée , inventeurs des arts, puis les combats de Thésée contre les Centaures et des Grecs contre les Perses, symbolisant le triomphe de la civilisation sur la barbarie. Parmi les plus belles figures du fronton oriental de Phidias, on remarque le Thésée et les figures des trois Parques,

qui sont les plus beaux restes antiques , le premier sous le rapport du nu , les dernières sous le rapport du drapé.

Polyclète réussit mieux les statues d’athlètes que celles de dieux. Ainsi on a de lui, le Diadum'ene, statue se couronnant la tète avec des bandelettes , et l’ Apoxiomène , figure qui frotte sa sueur au moyen du strigille.

Dans son Doryphore, Polyclète a voulu lixer une règle des belles proportions dont déjà les Égyptiens s'étaient occupés. — Ce fut ce Doryphore, dans lequel Polyclète avait allongé les proportions qui étaient plus lourdes avant lui, qui instruisit beaucoup Lysippe.

Je citerai encore en passant un contemporain célèbre de Phidias et de Polyclète, et de la même école : c’est Myron , le célèbre sculpteur d’animaux. Il est réel, puissant, énergique , mais sans idéal ; ses œuvres sont toutes en bronze ; on cite sa vache sur laquelle on conserve ces vers d’un poète: <( Berger , conduis tes vaches plus loin , de peur d’emmener celle de Myron. »

Il a fait le Discobole en action, qui est inférieur en beauté à celui de Naucydès, élève de Polyclète.

Tout en prenant pour guide le Doryphore de Polyclète, Lysippe allonge encore les proportions ; il fait le premier porter le poids du corps sur une seule jambe pour varier les silhouettes. C’est lui qui a établi aussi que, pour être belle, une figure, doit avoir une proportion de huit tètes. Cependant cette dernière règle , que Lysippe a su appliquer à ses statues , tout en faisant des figures d’un caractère différent , a amené dans Part grec une certaine monotonie. Les sculpteurs venant après lui , n’ayant pas la science profonde et le génie de Lysippe , ont tant usé de ce principe qu’ils n’ont plus fait que des statues de huit tètes.

Lysippe dit qu’il ne représente pas les hommes tels qu’ils sont, mais tels qu’ils semblent être. En effet , si l’on représente une figure géométriquement mesurée, elle paraîtra toujours plus petite que l’homme vivant , qui grandit pour ainsi dire par son mouvement. De même dans une figure assise ou agenouillée, qu’on la fasse géométriquement juste, les membres inférieurs paraîtront toujours trop petits pour la partie supérieure. De même une figure de grandeur naturelle paraîtra plus petite que nature lorsqu’elle sera exposée.

Les figures qu’on dit être de lui, sont d’abord Y Hercule Farnèse. Type bestial, présentant une magnifique étude de musculature : tête petite , cou énorme ; il est appuyé sur sa massue. Cette figure présente bien l’idée que les Doriens réalistes et scientifiques avaient de la force , de même que le Thésée de Phidias, (l’Hercule Attique) représente bien l’idée que les Ioniens, idéalistes par excellence, surtout dans l’école d’Athènes, en avaient. Moins lourd, moins musclé, mais plus svelte, plus agile, plus nerveux, le Thésée saurait bien tenir tête à l’Hercule Dorien.

Cette différence entre les œuvres doriennes et ioniennes, on la remarque d’une manière frappante dans toutes les œuvres de toreutique de Phidias. Ses frises et son fronton du Parthénon contrastent avec les sculptures d’athlètes doriennes et les bas-reliefs du temple d’Égine , où l’on remarque de la symétrie dans la composition , de la raideur et de l’uniformité dans les mouvements , les vêtements et la barbe , de la lourdeur dans les proportions et l’exécution , en même temps qu’une science profonde et une connaissance parfaite de l’anatomie qu’on étudiait constamment et journellement dans les jeux athlétiques.

La toreutique, qui ne fut appliquée qu’aux statues des dieux , cherchait à imiter par l’association de matériaux différents , or , ivoire , etc. , l’aspect bizarre des anciennes idoles grecques qui étaient des mannequins en bois, chargés de vêtements et de parures. Exemple , les Minerves d’Endeus. Dans ces figures ioniennes , encore presque à l’état d’idoles et sans bras , on observe déjà la tendance vers un sentiment plus élevé que les doriens. De même dans le basrelief athénien où sont figurés des Guerriers blessés : l’on y remarque une vie et un idéalisme qu’on ne retrouve pas dans les sculptures doriennes de la même époque, qui néanmoins montrent beaucoup plus de science.

Cette différence de tendances entre les Ioniens et les Doriens , on la remarque encore d’une manière saisissante dans leurs architectures : l’une est plus rude , plus sévère , toute en lignes droites; l’autre plus élégante , avec un chapiteau et une base ornés. Cependant les grandes qualités d’observation et d’imagination dont la réunion fait seule l’artiste complet , et qui se sont fondues dans le génie de Phidias, ont été ensuite dans toute l’école grecque l’objet d’une égale culture. Là est peut-être le secret de sa supériorité sur les autres

écoles, où l’une quelconque des deux facultés règn*' trop souvent aux dépens de l’autre. — Sans doute c’est déjà quelque chose quand on possède une de ces qualités ; cependant en comparant l’art grec à celui de nos jours, que voit-on?

1° D’abord , l’art n’a plus cette importance, cette élévation qu’il avait chez les Grecs, où il avait une fonction à la fois civile et religieuse. — De nos jours l’art dépend de quelques particuliers dont il doit satisfaire les caprices et les fantaisies. Ce n’était pas le cas en Grèce. Il y est fait pour tous les citoyens, il décore les places publiques, les temples , les monuments à l’usage de tous, il représente les dieux, les héros de la patrie. — Il y est donc fait pour intéresser tout le monde , ce n’est que quand son rôle civil et religieux cesse et quand il ne dépend plus que de quelques Mécènes , que l’art grec est à sa décadence.

2° Les réalistes de nos jours n’admettent pas le choix , comme les Grecs de l’école de Lysippe : ils se bornent à rendre le premier motif venu , sans but et sans utilité. — Les idéalistes de nos jours sont le plus souvent creux , sans vie , et contrastent d’une manière frappante avec l’idéalisme plein de vie de Phidias et des artistes grecs en général.

3° Les tableaux qu’on fait de nos jours sont pour la plupart des paysages , des intérieurs, etc..., des scènes tirées du monde extérieur , auquel les grecs ne faisaient presque pas attention. Pour eux , ils se bornent à reproduire dans la nature que l’homme, qui en est l’expression la plus parfaite et la plus élevée. Avec lui ils exprimaient tout. En cela ils étaient favorisés par leur religion, qui , en premier lieu , attribuait aux dieux des perfections matérielles et humaines, et , en second lieu , transformait toutes les beautés , tous les phénomènes du monde physique et du monde moral en une foule de dieux et de demi-dieux , et les forçait à créer des types toujours nouveaux et sans nombre. En même temps ils avaient encore une source d’inspiration , Homère. La religion spiritualiste de nos jours n’offre pas les mêmes ressources au point de vue du beau purement matériel. — Nous ne sommes pas non plus stimulés comme les artistes grecs , regardés par tout un peuple dont la religion même était le culte de la beauté , et où le beau fut considéré comme un don divin et l’objet d’une admiration universelle.

Ainsi rappelons-nous le concours des trois déesses devant Paris ; c’était un concours à qui serait la plus belle. — Rappelons-nous aussi que ce fut sa beauté qui sauva Phryné. Lorsqu’elle fut sur le point d’ètre condamnée par l’aréopage pour avoir insulté la religion , son avocat enleva brusquement sa tunique. En voyant ce beau corps , les

juges croyaient voir Vénus elle -même, ils s’écriaient : «non, dans une pareille beauté les dieux n’ont pu faire germer le mal ! » Elle fut acquittée. — Ce fut cette même Phryné qui devint le modèle de Praxitèle ; car il travailla sous les guerres du Péloponèse , époque de dépravation et de dégradation des mœurs. Cependant Praxitèle a si bien su faire palpiter le marbre, que, bien que ses statues de dieux soient beaucoup moins élevées sous le rapport du sentiment que celles de Phidias , il a mérité le second rang après Phidias dans l’histoire. On cite de lui ses deux Vénus , l'Amour grec, le Cupidon et le Satyre ; celui-ci passe avec le Cupidon, qu’on croit reconnaître dans les nombreuses statues de l’Amour tendant son arc, pour son chef-d’œuvre. Un jour , Phryné voulut connaître son ouvrage préféré. Elle fait annoncer par son esclave à Praxitèle que sa maison est en feu. Aussitôt il s’écrie : « qu’on sauve mon Cupidon et mon Satyre !... » Ce tut Phryné qui servit de modèle à la Vénus de Cnide, figurée nue. Elle avait été faite pour la ville de Cos. On ne l’accepta pas parce que copiée sur Phryné , la courtisane , une telle offrande aurait irrité la déesse. Alors l’auteur la présenta à la ville de Cnide, où elle a eu tant de succès que l’enthousiasme de plusieurs tourna en folie, et qu’ils la demandèrent en mariage en offrant une dot énorme.

Praxitèle fit pour la ville de Cos la Vénus habillée qui, sous des plis fins et légers , laisse voir parfaitement la nudité de ses formes. Elle représente la Vénus, céleste , protectrice des mères de famille ; l’autre (la Vénus de Cnide) , est la Vénus terrestre et des plaisirs. On croit voir une imitation de la Vénus de Cnide dans celle deMédicis, par Cléomène; on croit aussi que c’est là le portrait de Phryné. — Le Satyre de Praxitèle est debout et légèrement accoudé ; dans sa main il tient une flûte dont il semble encore écouter les sons en souriant, la tête légèrement penchée. Il figure le repos et le contentement qu’on éprouve dans la solitude des bois. Il marque une ditférence frappante avec les satyres de Scopas , type bestial et énergique, figures moitié homme, moitié chèvre, avec queue de cheval et petites cornes, un chalumeau à la main. Il est aussi l’image du dieu Pan, qui en grec veut dire tout , et figure l'aspect sinistre des bois quand le vent les agite.

On a, de l’école de Praxitèle, l’Hermaphrodite de Polyclès, effort vers la beauté parfaite par la fusion des deux sexes.

Itevenons à Lysippe. Après l’Hercule Farnèse, vient la statue rattachant ses sandales appelée le Cincinnatus. Puis la

statue d’Agasias d’Éphèse, dite le Gladiateur combattant; probablement cette figure, dont l’action est hors des principes d’équilibre suivis chez les Grecs, a du appartenir à tout un groupe. Puis on a la statue d’Esope , faite par Lysippe lui-même. Pour la première fois Lysippe a introduit dans l’art grec la laideur , qui jusque là en était bannie. Cependant comme on remarque dans cettejstati. , le bon choix, le parti pris artistique du grand maître dorien ! D’autre que lui , n’ayant pas sa science et son génie, seraient tombés naturellement dans la charge. Mais Lysippe a su traiter cette figure, si ignoble à première vue, avec tant de caractère et de grandeur , il y a mis une telle noblesse et une expression si élevée, qu’en voyant tout d’abord sa statue, on croit voir, non l’Esope difforme, mais l’Esope immortel, le fabuliste jamais surpassé. En outre, il existe une telle concordance dans les proportions, que la statue est belle même au point de vue de la forme. Pour traiter un sujet pareil avec tant de succès qu’elle passa pour son chef-d’œuvre , il ne fallait pas moins que le génie d’un des plus grands sculpteurs de la Grèce, le pays des arts. (Cette statue fameuse se trouve à la villa Albani.)

Le beau-frère de Lysippe , Lysistrate , inventa le moulage sur nature. Ce fut encore Lysippe qui inventa le portrait, qui avant lui était très négligé. Ainsi, en élevant une statue à Miltiade, à Thémistocle , etc. l’on se bornait à faire une figure dans une pose de commandement, c’était tout, l’on ne s’occupait pas à faire de la tête le portrait ressemblant de Miltiade ou de Thémistocle, etc. . .. Cependant on sait que, lorsqu'on élevait une statue à un athlète trois fois victorieux dans les jeux nationaux, l’on attachait une grande importance à rendre exactement, pour un vainqueur à la course, la bonne structure des jambes ; pour un vainqueur au pugilat, la bonne structure des bras et de la poitrine. Chose bizarre, on n'en fit pas de même pour la tète qui était beaucoup moins copiée et ne commença à être exactement imitée qu’avec Lysippe.

Avant Lysippe on ne donnait aucune importance à la chevelure et la barbe, qui étaient peintes. — Lysippe est le seul sculpteur à qui Alexandre a permis de faire son portrait.

On rattache à l’école et aux tendances de Lysippe l’école de peinture de Sycione, dont Pamphile fut le maître et à laquelle il a donné une grande importance par ses fameuses institutions, qui avaient pour but de relever la carrière de l’artiste. Il voulut que ses élèves sussent : 1° l’histoire et la poésie , 2° la géométrie et l’anatomie , 3° qu’ils payassent un talent (6000 fr.) pour leur apprentissage , 4° qu'ils s’engageassent pour 10 ans. Ce fut à cette école qu’Apelle s’engagea. Pamphile ne voulait pas que ses élèves eussent ni l’idéalisme des Ioniens , ni le coloris des écoles asiatiques , dont Apelle prit le charme qu’il confondit avec- la science des Doriens.

Apelle travailla à la cour d'Alexandre dont il fît le portrait ainsi que de ses généraux. Il eut l’habitude d’exposer publiquement ses tableaux qui, à cette époque n’étaient plus que des tableaux de chevalet et non plus de grandes compositions murales comme du temps de Phidias et de Polygnote , chef de l’école de peinture d’Athènes et nommé le Phidias des peintres , comme Apelle fut nommé le Lysippe de la peinture. — Il avait l’habitude aussi de se mettre derrière ses toiles pour entendre et recueillir les critiques. Un jour, un savetier y blâmait quelque chose dans une chaussure. Apelle corrige le défaut. Le lendemain le savetier revient et critique le pied , puis successivement il s’enhardit à critiquer jusqu’aux bras, jambes, draperies, lorsque se montrant, Apelle lui crie : « Que le savetier n’aille pas au-delà de la chaussure! » Cette habitude d’exposer publiquement les œuvres , nous la remarquons donc même à l’époque de la décadence , quand l’art en Grèce n’a plus son but utile, sa fonction civile et religieuse : elle nous montre combien jusqu’au dernier moment, toutes les classes du peuple grec ont conservé leur amour pour l’art. On raconte encore qu'Appelle étant allé visiter Protogène à Rhodes , ne le trouva pas dans son atelier. Apelle prit un pinceau et traça sur la muraille un contour d’une admirable délicatesse. Protogène , en le voyant, s’écria que personne qu’Apelle n’aurait pu le faire , et aussitôt sur le trait d’Apelle il traça un second trait plus fin encore. Apelle revenant le lendemain , et se voyant surpassé, en traça sur les deux autres un troisième de plus en plus délicat. Que cette anecdote soit véridique ou non , elle nous montre parfaitement que le dessin occupait tout-à-fait l’artiste et combien il s’y exerçait. Pans cette visite, Apelle montra un grand exemple déloyauté

et de générosité envers ses confrères. Il acheta à Protogène un tableau pour dix talents, (00,000 fr.),ce qui contribua beaucoup à assurer la renommée de Protogène, qui auparavant vivait dans l’oubli, peignant les navires pour vivre et ne s’occupant de ses tableaux qu’entretemps. Comme il n’était jamais content de son ouvrage, il travailla, dit-on, plus de six ans à un tableau.

Dans l’école Asiatique d’où Apelle était sorti , mais dont il corrigea les défauts par la science des Doriens, on trouve encore Zeuxis, le Praxitèle des peintres, qui peint les dieux et les héros. C’est ainsi qu’il a peint Hélène d’après les plus belles filles des Crotoniates. On a encore Parrhasius, le Scopas des peintres, ainsi nommé parce que comme ce sculpteur (né dans l’ile de Paros) il chercha le mouvement et la variété dans les groupes.

On cite sur Parrhasius et Zeuxis l’anecdote suivante : Dans un concours, le premier arriva avec des raisins tellement naturels que les oiseaux venaient les becqueter. Parrliasius apporta un rideau peint. Zeuxis l’engagea à écarter ce rideau; alors il aperçut qu’il était peint; le prix fut adjugé à Parrhasius. Zeuxis n’avait pu tromper que les oiseaux, Parrhasius trompait un peintre lui-même. Cependant Parrhasius fut vaincu plus d’une fois par Timanthe , notamment dans le sujet du sacrifice d’Iphigénie. Timanthe, n’espérant plus surpasser les expressions de douleur que déjà il avait mises dans les autres figures , voila la figure du père , Agamemnon.

Scopas, le Parrhasius des sculpteurs, fit les bas-reliefs du tombeau de Mausole, une des sept merveilles du monde. Il y représenta le combat des amazones contre les Grecs. Les mouvements heurtés des soldats contrastent d’une manière frappante avec les mouvements gracieux et les formes voluptueuses des amazones. A ce tombeau de Mausole a travaillé aussi Pythis, qu’on croit être fauteur du Satyre endormi, sur lequel Michel -Ange s’est inspiré pour ses Esclaves , sans atteindre à la même largeur dans le modelé. Le tombeau de Mausole, sorte de pyramide taillée en escalier, était entouré d’une colonnade comme les temples grecs et surmonté d’une plate-forme où se trouvait, au milieu, un quadrige en bronze et sur les coins quatre cavaliers en bronze. On y voit aussi la statue de Mausole lui-même, qu’on attribue spécialement à Pythis. Ce fut Arthémise , reine de Carie, regardée comme le type de l’épouse fidèle, qui, après la mort de son mari, lui lit élever ce mausolée avec l’argent des impôts que pendant sa vie il avait levés sur ses sujets. On dit encore qu’Artémise broya ses ossements, et que pour ne plus s’en séparer elle les but avec du vin.

L’histoire de la sculpture grecque , après Alexandre , est celle de l’école de Lysippe. Ses tendances réalistes continuent. L’école de Sycione jette peu d’éclat dans cette ville même, mais elle a d’importantes succursales àPergame et à Rhodes. L’école de Pergame fut fondée par Pyromaque , élève de Lysippe. Les rois Attale 1 et Eumène lui commandèrent des groupes colossaux. C’est à ces groupes qu’on rattache la figure dite le Gladiateur mourant, qui n’est autre qu’un Gaulois blessé. Les hordes gauloises venaient de piller le temple de Delphes et avaient été repoussées par Eumène et Attale. En mémoire de ce fait, .ils firent élever par Pyromaque des groupes et des statues. Pour la première fois dans l’art grec, on voit figurer dans cette statue de Gaulois le type exact de la race, de la chevelure, des accessoires, du caractère; résultats des principes réalistes de Lysippe.

De l’école de Pergame sont encore les nombreuses sculptures dont l’auteur , qui a travaillé également au tombeau de Mausole , a orné le monument choragique de Lysicrate. Dans ce monument on voit l’emploi de l’ordre Corinthien qu’inventa Callimaque, mais qui ne fut employé que trèstard aux monuments publics. On y a aussi les figures de faunes et du Bacchus de Thèbes, dont les formes sont presque féminines. Bacchus , dans l’idée des Grecs, figurait ainsi que ses compagnons de folie, Ménades, Silène, Satyres, etc., la force brutale et matérielle de la nature qui , engourdie en biver comme Bacchus ivre, se réveille fraiche au printemps; ils figuraient aussi la mort qui n’est qu’un sommeil à la suite duquel on se réveille ; conséquemment l’on ne doit pas s’étonner de voir représenter sur des urnes funéraires des sujets bacchiques. Ce fut Scopas qui créa les types bacchiques ainsi que les types maritimes. Ainsi il représente les bacchantes dans des poses de délire, les cheveux flottants, Silène avec un gros ventre et chauve , les Satyres avec les pieds de chèvres., etc. B représente Nérée , dieu des fleuves, comme un vieillard. Le mythe de Nérée , qui, quand on voulait le saisir , se changeait en mille formes diverses , signifie la surface changeante de l’eau. Nérée est regardé comme la mer, parce qu’il est le dieu des fleuves qui forment la mer. 11 a pour filles les Néréides que Scopas a figurées sous les traits de belles jeunes filles , faisant allusion aux vagues qui

renaissent sans cesse et restent toujours jeunes. Les Tritons ont Amphitrite à leur tête sur son char tiré par des monstre marins. Il les figure moitié hommes , moitié poissons, faisant allusion aux clameurs des vagues de la mer, quand la tempête les soulève. Ainsi tout dans l'idée des Grecs était divinisé et figuré par une forme humaine. Ce fut Scopas encore qui créa le type de l’Apollon Cüliarède , vêtu d'une longue robe pour indiquer qu’il vit parmi les muses. Cette figure présente presque une agitation humaine. Apollon, dieu de la musique, fut aussi le dieu du soleil et par suite le dieu des oracles, allusion à la lumière du soleil qui pénètre à l’instant les plus grandes obscurités. Quand il est figuré comme tuant le serpent Python, il exprime l’harmonie qui, voulant régner dans l’univers, repousse le désordre et le mal. Praxitèle a su donner une grandeur d’aspect admirable à l’Apollon du Belvédère. Il est cependant , comme caractère et comme élévation , audessous de celui qu’Homère décrit. Phidias seul dans son Jupiter Olympien a atteint la hauteur d’Homère. On raconte que lorsqu’il eut terminé sa statue il demanda au dieu s’il en était content. La foudre vint tomber devant l’autel , en signe affirmatif, et les descendants de Phidias furent chargés de la garde de la statue et investis d’un sacerdoce.

L’école de Rhodes fut aussi fondée par un élève de Lysippe, qui fit le colosse de Rhodes. Cependant cette figure colossale montre une époque de décadence ; celle-ci estévidentelorsqu'on trouve que la beauté de l’art consiste dans la grandeur matérielle, et non pas dans la grandeur et l’élévation du sentiment, la noblesse de la pose, le caractère du geste. Le colosse de Rhodes fut une figure gigantesque vêtue d’une tunique jusqu’aux pieds , les jambes jointes et la tête entourée d'un disque rayé pour figurer l’image du soleil. Il se trouvait au bord de la mer. Ce n’était donc pas, comme on l'a si souvent dit, une figure énorme, les jambes écartées sur deux blocs de rochers au milieu de la mer, et sous laquelle les navires passaient.

Vers la même époque où est exécuté le colosse de Rhodes, Agésandre et ses deux fils Polydore et Athénodore font le beau groupe de Laocoon et de ses fils. Laocoon , prêtre d’Apollon , voulut s’opposer à l'entrée du cheval de bois dans Troie. Il le perça même de sa lance; au même instant deux

énormes serpents sortent de la mer et saisissent ses deux fils Laocoon, accouru pour les sauver, est lui-même enlacé et doit mourir avec eux. Ce groupe nous montre à quel degré les Grecs possédaient ce sentiment exact de la mesure à laquelle il convient de s’arrêter en toutes choses. Vers la même époque est exécuté , par Appolonius et Taurisc.us , le groupe du Taureau Farnèse , auquel, lorsqu’on l’a emporté à Rome, on a ajouté une foule d’accessoires futiles. Ce groupe représente le supplice de Dircé, femme de Minos, ror de Crète , (renommé pour sa justice , et qui après sa mort jugea dans l’enfer les coupables avec Eaque et PJiadamanthe) , à qui Poséidon , auquel le roi avait oublié de tenir la promesse d'un sacrifice, inspira une passion cruelle pour un taureau. De cette union naquit le Minotaure , que Thésée vainquit et tua plus tard dans le fameux labyrinthe de Minos, construit par Dédale. Celui-ci est souvent regardé comme l'inventeur des arts en Grèce, tandis que d'autres font remonter l’origine de Fart grec à l’Assyrie et l’Asie. Le Soldat de Marathon qu’on a retrouvé présente en effet tout à fait le même caractère que les bas-reliefs ninivites , ainsi que les lions de l’antique porte de Mycènes. Cependant, quoique l’on dise, la Grèce a transformé tout ce qu’elle a emprunté , elle seule a trouvé la perfection. — La sculpture grecque, jusqu’à la domination romaine , ne fait que reproduire les types des âges précédents. Les trois quarts des statues antiques , nous les devons aux sculpteurs qui vinrent après Lysippe. Cependant on trouve encore deux originalités honorables ; ce sont les deux Cléomènes père et fils , L’un, auteur de la Vénus de Médicis, l'autre, du Mercure orateur , nommé le Germanicus , et ainsi intitulé à l’époque où, les renseignements manquants, on crut voir des statues romaines dans toutes les figures antiques.

Le Mercure orateur est remarquable par la beauté pure , le style coulant , l’exactitude serrée de l’exécution. — C’est de cette même époque que datent les belles statues de philosophes , plusieurs statues debout et assises de Démosthène ,

le célèbre orateur grec, et une foule de monnaies remarquables. Vers la meme époque se développe aussi la sculpture intime, la sculpture de genre, qui crée des types charmants et naifs des usages et des personnages de la vie ordinaire, tels que le Tireur d’épine, la Joueuse d’osselets , l’Enfant à l’oie, qui pour leur science d’exécution profonde et leur parfaite harmonie d’ensemble , servent encore de nos jours comme modèles classiques. — Vers cette époque l’architecture, jusque là employée pour les édifices publics et les temples , se tourne vers les commodités de la vie et le luxe des grands; en même temps l’ordonnance de villes devient magnifique , comme à Antioche. Cependant la céramique ou fabrication des vases peints se néglige et décline; c’est la mosaïque qui est en vogue.

Deuxième question. — PRINCIPES DE L’ART GREC.

Dans le rendu de la réalité , l’art grec veut le choix. Naturellement, il a y toujours en faisant une œuvre d'art, un côté beau et un côté laid, et cet art de discerner le beau du laid, on l’appelle esthétique.

Les Grecs, tout en faisant du réel , prennent toujours le beau côté de la chose. Un exemple frappant en est Lysippe, dans son Esope. Il me rappelle cette anecdote. Un maître italien donne un jour, à ses élèves , un bossu à dessiner. Tout le monde est étonné, on pense que le maître veut plaisanter, et c’est à qui fera la plus grossière caricature. Tous ne virent que le côté ignoble et risible du modèle et tous tombèrent dans une charge grotesque. — Alors le maître leur amena la statue, le chef-d’œuvre de Lysippe, l’Esope : et il leur lit comprendre comment du sujet le plus trivial, un grand sculpteur grec avait pu faire une œuvre admirable , rien que par son choix et son parti-pris remarquable.

Dans son pathétique et ses efforts vers le sentiment et le drame , l’art grec ne va jamais jusqu’aux contorsions ni jusqu’aux grimaces. Il sait s’arrêter à temps , et plus que

tout autre art, il a eu le sentiment parfait de la mesure.

Un exemple frappant, ce sont d'abord les Niobides de Scopas, qui ornaient le temple d’Apollon Sosianus, à Rome. Niobé, tille de Tantale, et épouse d’Amphion, préféra la beauté de ses enfants à ceux de Latone. Aussitôt cette déesse irritée envoie contre elle ses enfants jumeaux, Apollon et Diane, déesse de la lune qui ne voyage elle-même que la nuit et fuit la clarté du soleil , continuant en vierge sa route comme Diane fuit la société des hommes, et passant isolée à travers le sombre feuillage des bois touffus. — Dans le groupe des Niobides , on voit cette variété propre au caractère de la sculpture Scopas , qui n’a pas cependant exécuté toutes les Niobides. Les jeunes gens , nus , sont tués au milieu des jeux athlétiques ; les jeunes filles , vêtue?, sont accourues aux cris de leurs frères. Au milieu du fronton, on remarque la figure de Niobé avec sa plus jeune fille , puis parmi les autres groupes, le précepteur avec le plus jeune fils. — Un autre exemple frappant de ce sentiment exact de la mesure des Grecs, dans le drame, c’est le groupe de Laocoon et de ses fils. Supposons un instant que l’artiste eut rendu le texte de Virgile qui parle d’affreux mugissements , de flots de sang, de contorsions horribles, de figures grimaçantes. Quel groupe hideux n’aurait-il pas présenté ! L’artiste a compris à quel degré d’expression il pouvait toucher pour garder les poses nobles, le groupe équilibré. L’expression des visages inspire, dans la sculpture, la compassion, tandis qu’en les faisant grimacer comme dans le poème , elle serait hideuse et repoussante. — Du reste c’était dans les mœurs des Grecs de garder la dignité humaine dans toutes les péripéties de la vie, et dans la mort même.

L’art grec cherche à tout résumer. Le dessin occupe surtout l’artiste , la couleur est sacrifiée à la forme. Il en a néanmoins un sentiment exquis. L’ombre dans un tableau n’a pas pour but d’obtenir de l’effet, mais de préciser la forme et le modelé. — Quelques attributs suffisent à dire le rôle de la figure représentée. — Ainsi la massue rappelle

que Hercule a délivré la terre des monstres. La gorgone, sur l’égide de Minerve , nous rappelle Phistoire de la Gorgone que tua Persée, à qui Minerve donna un casque qui le rendit invisible , et un miroir dans lequel il put voir celle qui changeait en pierre tous ceux qui la régardaient en face (la Gorgone avait un aspect terrible , les cheveux enlacés de serpents) Persée apporta cette tète à Minerve qui la mit son égide. La chouette montre encore très-bien que Minerve est la déesse de la sagesse, car, comme la chouette voit dans la nuit, la sagesse voit clair môme dans les difficultés les plus obscures. — Le vêtement ne surcharge ni ne cache jamais le corps dont il exprime au contraire la forme et le mouvement; il est réduit à sa plus simple expression ainsi que les signes absolument nécessaires à définir le caractère du personnage. Ainsi un casque exprime toute une armure , comme dans l’Achille Borghèse qu’on attribue àAlcamène, élève de Phidias.

Alçamène est aussi l’auteur du fronton occidental du Parthénon , qui représente la dispute de Neptune et de Minerve. On y remarque la beauté de la ligure l’ilissus.

Aussi longtemps qu’Alcamène a suivi les impulsions de Phidias , il a la même sagesse , la même beauté idéale ; mais dès qu’il se trouve abandonné à lui-même, il montre moins de goût dans la composition, l’exécution et les mouvements parfois outrés des figures, comme dans les bas-reliefs du temple d’Apollon Epicurius à Phigalie.

Les bas-reliefs du temple de Jupiter à Olympie sont bien supérieurs en beauté, mais là Alçamène a subi l’influence de Phidias.

De grands espaces de lieu et de temps sont resserrés chez les Grecs dans le même cadre. Quelques figures combattant représentent des armées entières. — Une colonne figure un temple, un arbre, une forêt, une galère, toute une flotte. Donc différence capitale encore avec Part moderne qui cherche à tout dire, tandis que l’art Grec cherche à tout résumer, (de nos jours on s’efforce dans les peintures de batailles, de rendre des bataillons entiers).

Ces principes , nous les retrouvons surtout dans les vastes

compositions philosophiques de Polygnote sur la prise de Troie et dans ses scènes du Tartare.

Polygnote peignait seulement avec quatre couleurs ; le rouge , le jaune , le bleu et le blanc.

Bien en avance sur son époque par ses compositions philosophiques devant lesquelles Phidias s’est formé, il était primitif encore par un autre côté : toutes ses tètes sont de profil ; néanmoins il ouvrit la bouche à ses figures et les anima d’avantage que celles des peintres d’avant son époque. Polygnote décora le Poecile, à Athènes, de peintures. Il vivait à l’époque de Cimon, qui l’avait amené prisonnier à Athènes avec tous les habitants de l’île où il était né.

Dans les scènes sur la prise de Troie du Lesché des Cnidiens , (sorte de basilique près de la mer-, où les vieillards venaient se reposer et méditer) on voit Ajax qui poursuit Cassandre dans la ville en feu jusque devant les autels, pour indiquer ainsi que dans le soif de la vengeance on n’épargne plus même les sanctuaires des dieux. On y voit Pyrrhus , fils d’Achille , qui frappe tout de son épée comme en délire , et des enfants que Polygnote montre accoupis autour de l’autel, leur unique espérance.

Dans le Tartare, il nous montre Ochaos ; un jeune homme assis s’occupe à faire un filet qu’un reptile détruit derrière lui; c’est le symbole de la vie futile. Puis on voit Tantale qui est l’avarice , châtiée de telle façon qu’elle ne sait pas jouir des dons qu’elle possède. Au-dessus de sa tète pendent des fruits , au-dessous de lui est de l’eau ; lorsqu’il veut prendre les fruits ils montent, lorsqu’il veut boire l’eau, elle descend. On voit encore l’orgueil et l’ambition, jamais satisfaits, châtiés dans Sysiphe; il roule sans cesse un bloc énorme au haut d’un rocher , et le bloc retombe toujours.

Après lui on cite encore dans l’école d’Athènes : Onatas le sculpteur, qui a fait les sculptures du temple d’Égine , Apollodore , le sciagraphe , c’est-à-dire qui invente les effets d’ombre et de lumière, Cléone qui introduit l’usage des tètes de V4.

— En même temps qu’un système constant de généralisation, l’art grec a un parti pris de simplification. Dans les compositions les figures sont espacées , afin d’être vues dans tout leur développement, les raccourcis sont évités de peur d’estropier la forme. La peinture a suivi généralement en Grèce les mêmes règles que la sculpture à laquelle elle a si longtemps servi de complément.

Dans le portrait même, qui n’apparait que très-tard avec Lysippe, l’art Grec ne voit d’abord que l’expression d’un caractère ou d’une fonction, et non pas la représentation exacte d’une physionomie individuelle.

Rien d’inutile , rien de trop , tel est la divise de l’art Grec.

L’architecture est aussi simple dans ses moyens que la sculpture et la peinture. Deux poteaux surmontés d’une traverse, tel est le motif de toutes les colonnades, de tous les temples grecs , motif que le sentiment exquis des proportions suffit à rendre toujours admirable, et dont ni le Ilomain , ni le Germain n’éclipseront la beauté simple, en créant plus tard le plein cintre et l’ogive.

En résumé donc , une fonction civile et religieuse, qui donnait une grande importance aux arts, et qui les maintenait dans des régions élévées. Un réalisme plein de goût , un idéalisme plein de vie. L 'homme comme but principal d’imitation , le dessin comme moyen capital d’expression. Un système constant de généralisation , de simplification , de sobriété et de mesure dans V exécution.

Pour les procédés matériels de l’art grec, on doit citer parmi ceux qui sont ou perdus, ou tombés en désuétude, Ie la Toreutique et la statuaire chrise-éléphantine [chrisos veut dire or, éléphas, ivoire, donc statuaire d’or et d’ivoire), 2° la fabrication des vases peints, 3° la polychromie sculpturale et architectonique, qui après être passée aux Romains et s’être continuée dans l’art du moyen âge, a été complètement abandonnée au XVIIe siècle .

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