‹ Concours d'agrégation, chirurgie et accouchements, 11 mars 1904. Exposé des titres et travaux du Dr A. Fruhinsholz chef de clinique obstétricale, candidat pour la Faculté de médecine de Nancy, (accouchements)Chapitre 9 sur 12 · II. — Du rôle du gonocoque au cours de la gros · texte numérisé non relu

II. — Du rôle du gonocoque au cours de la gros

sesse et de la puerpéralité.

Nous résumons dans cet article l’état actuel de la question du rôle puerpéral du gonocoque, tel que nous l’avons établi sur les documents rassemblés dans notre thèse inaugurale.

III. — Deux observations d'auto-lnfection post partum ou plus exactement de pseudo-infection puerpérale.

(Communication à la Société de médecine de Nancy. Séance du 28 octobre ■0O3.)

La première observation concerne une grande multipare (12 e grossesse) sans antécédent pathologique digne d’être noté, ayant souffert à la fin de sa grossesse de douleurs abdominales et de diarrhée. Elle accouche prématurément en ville trois jours après avoir perdu les eaux. Elle entre à l’hôpital trente-six heures après son accouchement, ayant eu des hémorrhagies utérines, ayant de la fièvre, des lochies putrides, avec légère réaction péritonéale : on pense simplement à une infection utérine. On nettoie l’utérus qui renferme des membranes putrides ; mais la fièvre persiste, les phénomènes péritonéaux

3a SUITES DE COUCHES ET ALLAITEMENT.

s’accentuent; en présence de ce tableau clinique qui se complète par la localisation des manifestations douloureuses et d’une aire de matité dans le flanc droit, on porte secondairement le diagnostic de péritonite par rupture d’une collection purulente, appendiculaire ou salpingienne. La femme succombe. On trouve à l’autopsie la trompe droite qui s’était rompue et vidée de son pus dans le pé-

La deuxième observation se rapporte à une prostituée de vingt et un ans, primipare, ayant manifesté au cours de sa grossesse des signes certains de blennorrhagie (cystite, écoulement verdâtre, bartholinile). Elle accouche un peu avant terme. Dès le lendemain elle présente de la fièvre, dès le surlendemain des phénomènes péritonéaux intenses. On craint une péritonite généralisée. Mais rapidement ces symptômes très inquiétants au début se localisent et disparaissent ayant constitué une annexite droite. Celte observation est intéressante par la précocité, l’acuité, la gravité des symptômes qui n’étaient en définitive que des manifestations de blennorrhagie ascendante.

IV. — Du rôle de certains facteurs sociaux susceptibles de favoriser ou de contrarier l'allaitement maternel. (En préparation.)

Nous avons pu, au cours de notre clinicat dans le service de M. le professeur A. Herrgott, étudier l’aptitude

Nous avons interrogé d’autre pari 5o-femmes accouchées célibataires ou devant être socialement considérées comme telles (veuves, séparées, divorcées, délaissées.).

Or, sur ces 5o mères, 28 ont dû placer leur enfant en garde au biberon, dans la nécessité où elles étaient pour la plupart de gagner leur vie. 10 seulement ont pu recourir à l’allaitement au sein : encore sur ces 10, y en a-t-il 5 qui ont été mises dans la ^possibilité de nourrir parce qu’elles avaient été recueillies par leurs parents. Enfin 4 femmes ont recouru à l’allaitement mercenaire

ANNEXES FŒTALES

Le liquide amniotique contient-il de la lipase?

Le sérum sanguin contient à l’état normal différents ferments, entre autres le ferment saponifiant ou « lipase s (Bourquelot); alors que, parmi les liquides normaux de l’organisme, le lait en décèle également une certaine proportion, l’urine, le liquide céphalo-rachidien n’en contiennent pas trace.

Nous avons recherché si le liquide amniotique renfermait de la lipase.

Il était intéressant d’étudier ce ferment soluble dans une sécrétion physiologique telle que la sérosité de l’amnios, à laquelle plusieurs auteurs ont voulu faire jouer un certain rôle pour la nutrition chez le foetus, lequel, comme on sait, déglutit de notables quantités de liquide amniotique.

ANNEXES FŒTALES.

Indépendamment de ce fait, en cas de mort du fœtus à l’intérieur de l’œuf, on pouvait se demander si le processus de macération n’était pas en rapport avec la présence de diastases en solution dans le liquide amniotique et si la lipase, en particulier, n’y intervenait pas pour sa part (Bondi).

Il résulte de nos recherches que la présence de lipase n’est pas habituelle dans le contenu de l’amnios, qu’il s’agisse de femmes en bonne santé, ou de mères présentant des tares morbides. D’ailleurs, dans les quelques cas où la recherche a été positive, la quantité de ferment trouvée a toujours été très faible. La lipase ainsi décelée semblait d’origine maternelle.

Étant donnés les résultats ci-dessus, on peut conclure que la lipase amniotique, lorsqu’elle existe, ne joue aucun rôle dans les actes nutritifs du fœtus, non plus que dans le processus de macération, en cas de mort du produit de conception.

PATHOLOGIE INFANTILE

PATHOLOGIE INFANTILE

l. — Étude de 95 cas de Syphilis infantile.

(Revue (PHygiène et de Médecine infantiles. T. Il, n° i. igoî. 63 pages,

C’est l’étude clinique, anatomo-pathologique et statistique de g5 cas de syphilis infantile qui ont été observés dans le service de notre Maître, M. le professeur agrégé P. Haushalter, et qui se décomposent en 84 cas de syphilis héréditaire et 12 cas de syphilis acquise.

Syphilis héréditaire. — Clinique.

Nous insistons sur la fréquence toute particulière de l’apparition des premières manifestations de la syphilis héréditaire dans le premier mois de la vie et nous donnons une description des diverses formes cliniques que nous avons pu observer au cours de la première année.

Nous insistons d’abord sur l’état général des jeunes hérédo-syphilitiques, qui est loin d’être toujours aussi dé-

IOLOGIE INFANTILE.

fectueux qu’on a tendance à le croire : nous n’avons, en effet, observé la chétivité que dans la moitié des cas. Presque toujours, la syphilis a été primitivement dénoncée par l’apparition-d’accidents cutanés avec ou sans coryza; dans quelques cas rares, elle s’est signalée initialement par une cachexie native, par une hydrocéphalie, par une exostose, sans autres accidents. La syphilis à début précoce est particulièrement grave et, alors que, sur i4 enfants à syphilis éclose du S' au 12* mois, 4 seulement ont süfccombé, sur 27 enfants touchés dès les deux premiers mois, 10 seulement ont survécu. Les lésions cutanées sont, ou généralisées, ou discrètes et localisées; elles se confinent avec une prédilection et un aspect particuliers sur la face, donnant lieu à un masque caractéristique (Cf. fig.). Ce masque constitue un des aspects les plus originaux de l’hérédo-syphilis et nous insistons tout particulièrement sur sa description. Nous relatons les éruptions diverses qu’on peut observer sur le tronc et les membres, dans la région ano-génitale ; nous mentionnons enfin deux observations où des manifestations de pemphigus syphilitique ne sont respectivement apparues qu’à trois et à six semaines.

Au cours .de la première année d’âge, les lésions osseuses de la syphilis héréditaire sont également assez fréquentes : ce sont tantôt des altérations spécifiques proprement dites, consistant en périostites et en gommes de localisation variée, avec leurs conséquences (exostoses, saillies anormales des bosses crâniennes, fractures sponta-

Syphilis hêréditain

nées, etc.), tantôt des altérations dystrophiques, d’ordre parasyphilitique, telles que le rachitisme, un retard anormal de la dentition, l’implantation vicieuse des dents de lait.

Nous avons étudié dans un chapitre spécial la syphilis au cours de la deuxième année : elle mérite d’être distinguée de celle de la première année, parce que les manifestations de la maladie s’y montrent plus diverses, plus discrètes, mais aussi moins caractéristiques de prime abord. Les lésions des centres nerveux y tiennent une place importante ; les lésions de la peau se sont retranchées sur certains territoires cutanés ou cutanéo-muqueux, en particulier au niveau de la région anale.

Enfin, au cours des années suivantes, nous avons observé des cas très divers de syphilis héréditaire : plusieurs de ces cas sont très intéressants (méningite subaiguë; épilepsie ; trois observations de paralysie générale progressive infantile), mais ce n’est pas le lieu d’y insister ici.

Syphilis héréditaire. — Anatomie pathologique.

Nous avons été frappé de la quasi-constance des lésions histologiques de certains organes, du foie en particulier, alors même que l’examen macroscopique ne révélait pas d’altération notable chez des poupons hérédosyphilitiques. Nous décrivons les altérations histologiques que nous avons pu constater au niveau du foie (hépatite interstitielle scléro-gommeuse), au niveau de la rate, au

PATHOLOGIE INFANTILE

niveau du rein (sclérose, altérations gommeuses; cf. fig.), au niveau des méninges (gommes miliaires périartérielles), du cerveau et des os. Nous terminons ce chapitre anatomo-pathologique par l’analyse des constatations qu’on a pu faire à l’autopsie des jeunes hérédosyphilitiques qui ont succombé au delà de la première année.

Syphilis héréditaire. - Statistiques.

La mortalité par hérédo-syphilis, au cours de la première année, est très considérable (68,5 p. ioo). Sur 54 enfants syphilitiques, 37 sont morts, dont 34 pendant la première année même; sur ces 34 enfants, 29 ont succombé dès les six premiers mois. Nous insistons sur le parallélisme qui existe nettement entre la fréquence et la gravité de l’hérédo-syphilis et nous établissons que l’affection comporte une nocivité réelle plus grande au cours des premiers mois de la vie. Les lésions cutanées sont particulièrement redoutables quand elles sont géné-

Enfin, nous terminons en donnant quelques chiffres concernant la polymortalité infantile, considérable dans les familles entachées de syphilis.

Syphilis acquise.

Nous en relatons douze cas, dont un cas de syphilis vaccinale.

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