‹ Concours d'agrégation de médecine, janvier 1901. Titres et travaux scientifiques du Dr Louis RénonChapitre 6 sur 9 · LE CHOLÉRA · texte numérisé non relu

LE CHOLÉRA

25 septembre 1892, p. 021,

J’ai observé, en 1892, quatre cas de choléra à l’hôpital Neoker dans le service du professeur Dieulafoy.

De ces quatre cas, deux ont 'été relativement bénins et ont guéri au bout de quelques jours. L’examen bactériologique des selles de ces malades n’a révélé par l’examen direct et par les ensemencements que la présence du bacterium coli commune.

Les deux autres cas, plus graves, méritent d’être signalés. Le premier s’est développé chez un homme de 27 ans, demeurant dans le quatrième arrondissement desservi à ce moment par de

lycélium ramifié très net. Les cultures sur liquide de Raulin ; ont donné de l'aspergillus fumigatus, plus souvent chez la ! que chez le père: le champignon était pathogène, puisque apins inoculés ont succombé à l’infection aspergillaire jue. Les crachats ne contenaient pas d’autres agents patho-

Il s’agit là de deux cas de tuberculose aspergillaire simple dans une même famille : les poussières ont été la cause de l’infection, la farine ayant joué le plus grand rôle. Ces faits plaident en faveur de l’existence possible de tuberculose aspergillaire chez les personnes qui manient les graines, les grainetiers, les meuniers; d’ailleurs, les deux cas de kératite aspergillaire, bien démontrés par les examens et les cultures, ont été observés, l’un chez un batteur d’avoine par Leher, l’autre chez un meunier par Fuchs.

9. — Atténuation de la virulence des spores de l'aspergillns fnmigatus dans les très vieilles cultures. Société de Biologie, 7 dé-

Si l’on prend des spores d’aspergillus fumigatus cultivées sur le même milieu et de même origine, mais d’âge différent (trois années dans nos expériences), et si on les réensemence.

1890, sur l’aspergillose pulmonaire de l’homme. C’est de plus une réponse faite à la critique exposée en Allemagne par Max

ÎRGILLOSE.

pris, après la mort, des matières dans l’estomac, dans l’intestin grêle, dans le gros intestin près de l’anus : toutes, ensemencées sur tubes de liquide de Raulin, ont donné des cultures d’aspergillus fumigatus, ce qui prouve que si quelques spores sont fixées par les éléments lymphoïdes et la muqueuse, l’immense majorité traverse le tube digestif sans le léser, sans coloniser dans le foie, et sans être détrnite par les sucs digestifs.

12. — Mal de Pott aspergillaire. Soc. de Bioi., 25 janvier 1896, p. 9i.

Chez un lapin qui avait reçu dans les veines deux injections de spores d’aspergillus fumigatus, j’ai observé un fait très curieux d’aspergillose vertébrale, ayant pris toute l’allure d’un mal de Pott.

Atteint de paraplégie du train postérieur, cet animal présenta les jours suivants une paralysie des muscles de l’abdomen et du tronc, et succomba très rapidement. A l’autopsie, outre des lésions tuberculeuses viscérales, en ouvrant le canal rachidien eten enlevant la moelle, on trouva deux abcès si égeant l’un dans la région dorsale, et l’autre <lans la région lombaire ; ils com-

colonne vertébrale. Le contenu caséeux de ces abcès, ensemencé sur tubes de liquide de Raulin, développa dans tous les tubes une culture d’aspergillus fumigatus ; à l’examen direct de la matière caséeuse, on décela du mycélium très net qu’on retrouva par coloration à la thionine.

Une vertèbre malade, coupée après décalcilication, montra Penvabissement du corps vertébral par des éléments embryonnaires, la plupart d’origine migratrice, mono et polynucléés, sans cellules géantes ; il existait des points caséeux dans le tissn osseux et sur les limites de l’abcès. Au [lourtour de ces points caséeux, la coloration par la thionine permit de constater des rameaux enchevêtrés et ramiliés de mycélium aspergillaire.

La recherche des bacilles de Koch, tant sur les coupes de la vertèbre que dans la matière caséeuse, et par inoculation de cette dernière au cobaye, est restée négative.

13. — Aspergillose pleurale. Soc. de Biol., 1" février 1896 J’ai observé un cas d’aspergillose pleurale chez un culé dans les veines avec des spores virulentes d’a

lapin inoispcrgillus

L’exsudât fibrineux coiffait le sommet de poumon gauche et le faisait adhérer à la paroi thoracique : il n’y avait point trace d’épanchement. Outre des lésions très légères de pneumonie corticale, la plèvre était très épaissie, et il existait un réticulum fibrineux contenant des leucocytes, des globules rouges et du mycélium aspergillaire très net que j’ai décelé par culture de fragments des fausses membranes sur tubes de liquide de Raulin.

Grohe, en injectant des spores dans la plèvre, et MM. Diculafoy, Chantemesse et \Vidal, en insufflant ces spores dans la trachée des pigeons, ont pu produire des lésions pleurales aspergillaires. L’infection de la séreuse par la voie sanguine est une véritable rareté, car, dans toutes mes expériences, c’est la première fois que je l’ai rencontrée.

14. — Des variations de la couleur des spores de l’aspergillus fumigatus. Société de Biologie, 7 mars 1896, p. 254.

La couleur des spores de l’aspergillus fumigatus, verdâtre sur

faibles doses de nitrate d’argent, d’iode, d’iodure de potassium, de chlorure de sodium et d’acide tartrique.

Soumises, à l’abri de l’air, à une température de 57 degrés,

.’ASPERGILLC

18. — Recherches sur le premier stade de rinfeotion dans l'aspergillose expérimentale. Société de Biologie, 25 juillet 1896, p. 851.

Pour essayer d’élucider le mécanisme de l’infection dans le premier stade de l’aspergillose expérimentale, nous avons fait des recherches comparatives sur un aspergillus pathogène, l’aspergillus fumigatus, et sur un aspergillus non pathogène, l’aspergillus niger. Des expériences sur des grenouilles nous firent voir que la différence de température d’évolution des deux champignons n’était pas la cause de cette différence de pouvoir nocif, puisque ces animaux placés à 20 et 25 degrés, et à 56 et 58 degrés, résistèrent aussi bien à l’aspergillus fumigatus qu’à l’aspergillus niger : par les cultures, il fut possible de retrouver les deux parasites dans les organes, môme au bout de 35 jours, et l’examen microscopique de l’exsudât de leur sac lymphatique fit nettement constater la présence de spores dans les leucocytes.

19. — Étude sur l'aspergillose chez les animaux et chez l’homme.

1 vol. de xn-301 p. avec 11 fig. dans le texte. Paris, 1897.

Dans notre Inlroduction, nous indiquons le plan de l’ouvrage, qui comprend trois parlies, la première traitant de l’aspergillose spontanée des animaux, la seconde de l’aspergillose expérimentale et la troisième de l'aspergillose de l’homme.

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