ANATOMIE PATHOLOGIQUE, BACTÉRIOLOGIE ET PATHOLOGIE EXPÉRIMENTALE
a) Arthrites typhiques
(Société de Médecine du Nord, Octobre 190»)
b) Les arthrites typhiques. — Etude clinique et expérimentale
L’action pyogène du bacille d’Ebertli n'est plus mise en doute actuelle ment. Pendant longtemps, les suppurations au cours de la dothiénentérie furent attribuées tantôt à une infection secondaire, tantôt à une infection spécifique. La preuve bactériologique n’étant pas faite, la clinique était forcée d’en ignorer la nature exacte. Aujourd’hui, le bacille d'Eberth est isolé du pus ou de la sérosité des collections. Seules les raisons qui régissent la formation, la nature et le siège des abcès sont encore.
Ayant observé dans le service de notre Maître M. le professeur Combemale des malades atteints de pseudo-rhumatisme au cours d’une dothiénentérie et ayant pu isoler chez eux le bacille spécifique, nous en avons profité pour étudier expérimentalement l’arthrite typhique.
Cliniquement et nous inspirant de nos observations personnelles, nous
ji et a une tendance naturelle il la guérison. Lorsqj motionné, on recueille un liquide séro-fibrineux, spéciale (polynucléose), souvent amicrobien, rente îent (2 cas) du bacille d'Eberth pur. La stérilité t ytologique, semblent indiquer que le bacille a>é
ss ont été rencontrés par Danlos et Strauss, Méry
d’arthrite séreuse est observée ii la convalescem it, cliniquement, de phénomènes de pseudo-rhum ue les précédents, à évolution torpide, caractère ticulaires sans grand gonflement ni rougeur. Ci tellement inaperçus, au milieu d’un cortège sympt
mes d’arthrite séreuse précoce ou tardive, les auteu
jour après l'injection.
A ce moment, il est possible de retirer plus de 3 centimètres cubes de pus épais, grumeleux, jaunâtre, renfermant en abondance le bacille typhique.
Les ensemencements pratiqués sont toujours positifs.
Malgré l'énorme abcès articulaire, la généralisation ne se fait jamais. A l’autopsie tous les organes sont sains : seule la capsule est atteinte. L'os lui-même ne parait pas touché, il est à peine plus nacré que d'habitude, la moelle osseuse est normale. La synoviale épiphysaire est recouverte d'une fausse membrane grisâtre peu adhérente. L'injection des vaisseaux est extrêmement accentuée et même en certains points, on rencontre des taches ecchymotiques. Les ligaments sont disjoints, les cartilages érodés, séparés de l'os par un abondant dépôt fibrineux.
Le pus renferme des cellules endothéliales desquamées et dégénérées, et surtout de très nombreux leucocytes polynucléaires dont certains sont déjà granuleux ou graisseux. A l'examen direct sur lame, on trouve toujours le bacille typhique. Ce bacille, très fréquemment phagocyté, présente rapidement des formes de dégénérescence multiples,analoguesà celles que l’on rencontre dans les péritonites ou les pleurésies provoquées chez les animaux.
a) De l’hémolysine produite par le streptocoque dans l’organisme infecté
b) Sur l’obtension d’une anti-hémolysine streptococcique ■
(Comptes rendus do h Société de Biologie, 4 juillet 1903).
M. Besredka, dans son mémoire sur l'hémolysine streptococcique, a montré que le streptocoque secrète in vitro une substance de nature diastasique qui possède des propriétés hémolytiques. J’ai étudié la production de cette hémolysine dans l'organisme de l’animal. Chez le lapin inoculé dans la veine marginale de l’oreille d'un streptocoque virulent, les premiers phénomènes d’hémolyse apparaissent dès la dixième heure après l’injection, mais le fait n’est pas constant, et exceptionnellement l’animal meurt sans que l’hémolysine ait apparu dans
ha streptocolysine agit bien sur les différentes races de 'globules utilisés dans les laboratoires. Suivant son intensité d'action sur les hématies des différents animaux, j’ai établi l’échelle suivante : lapin, homme, cheval, cobaye, chèvre, âne.
J’ai dit que les globules rouges de l'animal infecté sont plus sensibles à l’hémolysine que les hématies de lapin neuf. Si on lave ces globules plusieurs fois avec du sérum physiologique, ils continuent à s’héinolyser quel que soit le nombre de lavages qu’on leur fait subir.
L’eau de lavage de ces globules, recueillie après 5 lavages, est encore aussi hémolysante que le sérum lui-même : les globules restent donc imprégnés d’une quantité considérable d'hémolysine, dont une partie est susceptible d’être enlevée par des lavages successifs.
L'hémolysine streptococcique, in vitro, possède donc des. propriétés plus actives que celle recueillie dans les cultures.
Les globules sensibilisés par l’hémolysine streptococcique, in vivo continuent à se dissoudre hors de l'organisme, même lorsqu’on les débarrasse du sérum de l’animal infecté. Enfin l’hémolysine fixée pâlies globules peut être enlevée en grande partie par des lavages à l’eau salée physiologique.
L’obtension d’une antihémolysine streptococcique présente une grande difficulté, les recherches faites par M. Besredka ont échoué. En utilisant, pour vacciner des lapins, l’hémolysine obtenue par le sérum d'un lapin infecté par le streptocoque et recueilli 14 heures après l’injection, j’ai pu obtenir une antihémolysine sufliisamment active, dont dix gouttes annihilent l’action hémolytique d’une goutte de sérum actif.
J'ai comparé avec mon sérum antistreptococcique le pouvoir anlihé-
molytiqùe du sérum antistreptococcique de Marmorek. Celui-ci n'a.i qu’une action de moitié moindre: il en faut 1 centimètre-cube pour empêcher l’hémolyse produite par une goutte de sérum hémolytique de lapin injecté depuis U heures, que j’ai pris comme étalon dans mes recherches.
J’ai constaté que le sérum normal de lapin et le sérum normal de cheval n’exercent aucune action anlihémolytique. Par contre, chose curieuse, le sérum antivenimeux de cheval, si actif pour empêcher l'hémolyse par le venin de cobra, a un pouvoir anlihémolytique égal à celui de mes lapins vaccinés contre l’hémolysine du lapin.
Sur le rôle kinasique des microbes normaux de l’intestin, particulièrement chez l’enfant
(Comptes rendus de la Socitlé de Biologie, 9 janvier 1904.) " :|
Ilelezenne ayant montré que certaines espèces microbiennes secrétent des ferments solubles ayant des propriétés analogues à celle de fentérokinase, je nie suis proposé de rechercher si les microbes que l’on rencontre le plus souvent dans l’intestin, et plus particulièrement chez le jeune enfant, jouent un rôle important à ce point de vue spécial.
J'ai éprouvé d’abord le pouvoir digestif d’un certain nombre de microbes intestinaux vis-à-vis de l'albumine coagulée. Des cultures en eau peptonée, vieilles de trois à quatre jours, sont filtrées sur bougie Berkefeld, et le filtrat est additionné d’une petite quantité de suc pancréatique de chien recueilli par fistule temporaire au laboratoire de M. Wertheimer. Quelques gouttes d’essence d’eucalyptus empêchent le développement des microbes accidentellement présents. D’autre part, j’ai ensemencé avec chacun des microbes choisis, des milieux stérilisés^ contenant des cubes d’albumine et un peu de suc pancréatique recueilli avec les précautions usuelles. Dans tous les cas, la digestion est lente. Elle dure, à l’étuve à 37 degrés, de un à trois jours au moins ; rarement elle est aussi complète que si l’on emploie de l’entérokinase pour activer le suc pancréatique.
J’ai pu classer les espèces que j'ai ainsi étudiées dans l’ordre suivant, d’après leur pouvoir kinasique: BactUus lactis aerogenes (Grimbert), microbe peptonisant dé Flûgge (no 7), colt-bacille , typhique , mêsen-rtertcus, vibrions de Denehe et de Finhler. Les trois premiers microbes agissent rapidement entre dix-huit et trente heures, Déjà, .avec le typhique, la digestion atteint ou dépasse même deux jours ; avec le
mésentericus, elle est faible; elle est nulle ou à peu près avec les vibrions de Denehe et de Ftnnler. Dans tous les cas, il y a un retard très accusé, plusieurs heures, lorsque l'on ajoute au milieu en expérience quelques gouttes de bile.
Il parait donc certain que la flore microbienne intestinale n’est pas indifférente à la rapidité de la digestion.
-Envisageant ce point de vue particulièrement important, j’ai étudié l'activité kinasique des ferments sécrétés par le Bactertum colt vis-â-vis de la digestion tryptique de l'enfant. J’ai recueilli, par un procédé qiîèj’ai indiqué, des sucs pancréatiques et intestinaux.
Il m’a paru très évident que le Bactertum colt, hôte normal dé notre intestin, à tous les âges de la vie, exerce une action adjuvante sur la digestion tryptique, et que cette action est prédominante dans le très jeune âge, alors que les sucs normaux ne possèdent encore qu’une faible activité.
Examen histologique d’une greffe de la muqueuse gastrique pratiquée suivant le procédé de PI. Arthus
(Comptes rendus de la Société de Biologie, 4 avril 1903.)
Dans une note publiée à la même date, dans les comptes rendus de la Société dé Biologie, M. Arthus avait étudié le rôle essentiel joué dans l'acté de la secrétion gastrique seconde par les éléments (vraisemblablement par les nerfs et peut-être par les vaisseaux artériels) rampant sur le bord de la grande courbure. Après avoir exlrophié en renversant la muqueuse au dehors, la portion de l’estomac où aboutissent les vaisseaux courts, et l’avoir isolée sur le flanc gauche de l'animal, M. Arthus avait été frappé de la persistance pendant de longs mois d’une sécrétion alcaline, alors qu’elle aurait dû être acide. L’auteur voyait là une nouvelle preuve à l’appui de la conclusion de Pawloff, que la secrétion-seconde est provoquée par phénomène nerveux reflexe et non par action exercée directement sur les cellules glandulaires par des produits résorbés dans l’estomac et ramenés au contact de ces cellules par le sang circulant. C'est l’élude histologique de cette muqueuse extrophiée que je résume ici.
L'animal a été sacrifié un mois après l’intervention et on a prélevé comme pièce de comparaison outre la portion en expérience, un fragment de paroi stomacale saine, voisin de la cicatrice. La fixation de ces deux parties a été faite aux liquides de Flemming, de Zenker, et à l'alcool ; la coloration par les différents procédés suivants : hématoxyline au fer, safranine picro-indigo-carmin, hémalun Van Gieson, etc.
Lésions cutanées produites par les injections de sérum de cheval chez le lapin anaphylactisé par et pour ce sérum
(Société de Biologie, 17 Novembre 1904. En collaboration avec M. Arthus).
Dans une note présentée peu de temps auparavant, M. Arthus indiquait sommairement les altérations macroscopiques observées à la suite d'une injection sous-cutanée de sérum de cheval.au point d'injection, dans la paroi abdominale, chez le lapin anaphylactisé par et pour ce sérum.
Nous nous proposons ici de connaître la nature des altérations microscopiques de la peau, au niveau du point d’injection chez le lapin anaphylactisé ; nous avons d’ailleurs borné nos recherches, au cas où l’injection produit la plaque gangréneuse dont nous avons suivi l’évolution.
L’examen histologique fait aux différents stades, nous montre qu’il s’agit d’une nécrose aseptique qui frappe d’abord les éléments conjonctifs et vasculaires, puis l’épiderme.
Les bouillons de culture d’un usage courant en microbiologie, additionnés d’un fragment de la masse caséeuse, prélevé aseptiquement dans la profondeur, sont d’ailleurs restés absolument stériles.
Kyste du mésentère. — Gros intestin divertieulaire
Société de médecine du Nord, 12 lévrier 1904.
Il s’agit d’un volumineux kyste du mésentère et d’un gros intestin divertieulaire trouvés à l’autopsie d’une femme décédée dans le service de notre Maître M. le Professeur Combemale. Cette femme présentant des signes d’occlusion, était morte quelques heures après son entrée à l'hôpital, avant l’intervention chirurgicale. A l’autopsie on constata que l’intestin grêle était enserré à trois régions différentes par une nouure formée par l'épiploon épais, lardacé, bourré de ganglions hypertrophiés. Sous l’occlusion et sans y prendre part, on trouvait un kyste de la grosseur d’une grosse orange, à cheval sur l’anse intestinale. Ce kyste était rempli d’un liquide séreux.
La découverte de cette pièce anatomique nous a permis de discuter la pathogénie des kystes du mésentère. Certains auteurs, en font une ectasie des chylifères, soit une dégénérescence spéciale des ganglions lymphatiques ; certains autres, leur reconnaissant une origine congénitale, en font de véritables lymphangiomes kystiques, dans la dépendance d’une
Il s’git d'un œsophage dont l'extrémité inférieure est atteinte de rétrécissement néoplasique et d’un estomac envahi par le cancer. L'estomac répond microscopiquement à ce que l’on est convenu d'appeler « licite plastique ».
Symphyse cardiaque totale.