‹ Concours d'agrégation des facultés de médecine, section des sciences anatomiques et physiologiques. Titres et travaux scientifiques du Dr Emile Brumpt. Mai 1907Chapitre 2 sur 16 · VI. — ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE · texte numérisé non relu

VI. — ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE

1 . — Quelques faits relatifs à l’histoire du Phascolion . Strombi. Arch. de Zool. exp. et gén., 3® série, V, p. 483-

Durant un séjour de quelques semaines à Roscoff, pendant l’année 1897, j’étudie l’anatomie et la physiologie de ce curieux Ver. A l’aide d’injections de carmin d’indigo, de fuchsine acide S de Grübler, d’encre de Chine, de carminate d’ammoniaque et de carmin en poudre, dans la cavité générale, je parviens à démontrer que la néphridie est formée de deux parties superposées ayant des réactions très différentes. Des expériences du même ordre chez deux autres espèces de Vers du même groupe me conduisent à des constatations identiques. La fuchsine acide S me permet de mettre en évidence les cellules chloragogènes et d’étudier leur distribution.

La note se termine par des observations zoologiques sur le commensalisme d’un Syllidien qui vit toujours avec le Phascolion à Roscoff, et, par des considérations anatomiques sur l’asymétrie acquise secondairement par le Phascolion Strombi.

2. — Monographie de la Clepsine (Glossosiphonia complanata). Zoologie descriptive de Boutan, II, p. 5-40. Paris, 1900.

3- — De l’accouplement chez les Hirudinées. Bull, de la . Soc, Zool. de France, XXIV, p. 221-238, 1899.

— De la fécondation par voie hypodermique chez les Hirudinées. C. R. Soc. de Biol., 24 février 1900.

S- — Reproduction des Hirudinées. — Formation du cocon chez Piscicola et Herpbhdalla. Bull, de la Soc. Zool. de France, XXV, p. 47-51, 1900.

6. — Reproduction des Hirudinées. — Recherches expérimentales sur la fécondation. Bull, de la Soc. Zool. dé France, XX\, p. 90-93, 1900.

7. — Reproduction des Hirudinées. — Existence d’un tissu de conduction spécial chez les Ichthyobdellides.

Assoc. franc, avanc. des Sciences. Congrès de Paris, août 1900.

8. — Reproduction des Hirudinées. Thèse de doctorat ès Sciences, in-S” de 156 pages avec 60 figures originales dans le texte. Mémoires de la Soc. Zool. de France, XXIII, n” 4, 1901.

Ce travail résume en grande partie les recherches que je poursuivais, depuis 1897, sur le mode de reproduction des Hirudinées dépourvues de pénis. Chez ces animaux, la fécondation se fait par injection de spermatozoïdes sous les téguments, à l’aide d’un spermatophore.

Au moment où je commençais ces recherches, deux travaux seulement avaient été faits sur ce sujet. L’auteur du premier travail considérait ce mode de reproduction comme anormal ; l’auteur du second ayant constaté la pénétration des spermatozoïdes dans la cavité générale, posait le problème à résoudre : à savoir la destinée et le rôle des spermatozoïdes ainsi injectés.

Pendant mon année de service militaire (1898-1899), une partie de mes recherches perdit de sa nouveauté, par suite de la publication de deux travaux étrangers, l’un sur la fécondation d'Herpobdella, l’autre sur la fécondation d’une espèce de Glossosiphonia. Il me restait encore, heureusement, des documents nombreux et nouveaux, non seulement sur ces deux groupes, mais encore sur le groupe très important des Ichthyobdellides, qui n’avait pas été effleuré. La note n“ 4, relatée ci-dessus, dans laquelle je démontrais expérimentalement que cette fécondation par voie hypodermique était suffisante pour fertiliser les œufs, me donnait d ailleurs, sur ces auteurs, une priorité expérimentale incontestable.

Nous allons passer rapidement en revue les divers chapitres de ce travail.

Chapitbe premier. — Historique. — Synonymie des especes de Sangsues étudiées.^ — Techniques employées.

Chapitre II. — Organes génitaux mâles. — Pour bien faire comprendre le mode de formation du spermatophore et les par- ^ accouplement, je,donne une description détaillée, orphologique ethistologique,des organes mâles chez les animaux

observés, ta spermatogénèse est également étudiée dans diverses espèces.

Chapitre III. — Spermatophore. — Dans ce chapitre je passe en revue les travaux des auteurs qui ont décrit quelques espèces de spermatophores chez les Ilirudinées, j’ajoute à leur-liste la description des spermatophores de six espèces de Sangsues qui n’avaient pas encore été observés.

La formation du spermatophore et son dépôt sür les tissus font l’objet d’une étude spéciale. Les nombreuses glandes qui se trouvent dans les canaux éjaculateurs ainsi qu’au pourtour de l’orifice mâle ont des réactions microchimiques très différentes et jouent un rôle particulier dans l’édification complexe du spermatophore. De nombreuses figures représentent des coupes passant aux points intéressants chez des animaux fixés pendant la copulation, elles permettent de se rendre compte des faits énoncés dans mes descriptions.

Chapitre IV. — Organes génitaux femelles et tissu vecteur. — Je décris et figure la morphologie externe des organes génitaux femelles des Hirudinées étudiées dans ma thèse, et je mets en évidence les modifications de ces organes bien adaptés, dans certains groupes, à la fécondation par voie hypodermique. A ce sujet j’insiste tout particulièrement sur la structure des organes génitaux femelles des Ichthyobdellides.

Pour étudier avec plus de clarté les divers types présentés par les Ichthyobdellides, je les répartis en cinq groupes. Dans le premier groupe où prennent place Trachelobdella lubrica et Platyhdella soleæ, les organes génitaux sont comme chez les Glossosiphonides. Dans les quatre autres groupes, les sacs ovariens, au lieu de rester isolés dans la lacune ventrale, contractent des adhérences en des points variés du corps. Ces adhérences ovariennes sont hautement différenciées dans certains cas et forment ce que j’ai désigné sous le nom de tissu vecteur.

Dans le second groupe d’Ichthyobdellides se rencontrent Platybdella scorpi et Pontobdella muricata qui possèdent la première ébauche d’un tissu vecteur mais sont dépourvues d’aire copulalrice.

Dans le troisième groupe, Piscicola geometra, Cystobranchus respirans et Cystobranchus fasciatus, Trachelobdella n. sp., et Acanthobdella peledina possèdent une aire copulatrice placée audessous de l’orifice femelle et un tissu vecteur partant de ce point.,

- Dans le quatrième groupe où prennent place Trachelobdella nodulifera, Trachelobdella lophii et Cystobranchus mammillatus,

nous observons une structure excessivement curieuse. La fécondation se fait par dépôt de spermatophores dans la bourse mâle de l’individu fécondé. Les bandelettes de tissu vecteur relient les ovaires aux aires copulatrices placées dans la bourse. Il est probable que cette bourse s’évagine au moment de la copulation.

Dans le cinquième et dernier groupe, j’étudie Branchellion torpedinis qui possède une aire copulatrice bien différenciée, mais chez lequel le tissu vecteur est absent. Après avoir décrit la morphologie des organes génitaux dans les diverses espèces signalées ci-dessus, je passe à l’étude de la structure histologique.

L’ovogénèse présente des particularités et varie profondément suivant les espèces ; dans certaines, les ovules prennent naissance à la surface d’un rachis pourvu d’un axe protoplas-, mique,ils sont toujours recouverts par une membrane épithéliale; dans d’autres, ces ovules prennent naissance dans un follicule dont toutes les cellules s’atrophient progressivement pour assurer leur croissance. La pénétration des spermatozoïdes dans le follicule se fait longtemps avant la maturation de l’ovule, beaucoup de ces éléments mâles sont détruits et semblent servir à la nutrition des cellules du follicule.

Je signale également, dans certaines espèces, la dégénérescence ovulaire complète qui s’effectue en quelques heures chez des exemplaires non fécondés dont les ovules étaient mûrs, ou chez des individus fécondés mais vivant dans de mauvaises conditions hygiéniques. Vingt-quatre heures après ce phénomène on constate que les capsules des organes phagocytaires sont énormes, remplies des débris ovulaires, et de couleur jaune. Comment le contenu des sacs ovariens a-t-il pu passer dans les organes phagocytaires? est-ce par rupture spontanée des sacs? C’est ce que je n’ai pu résoudre d’une manière certaine.

Chapitre V. Accouplement. — J’examine successivement la façon dont s’effectue ce phénomène dans les différentes espèces que j’ai eu l’occasion d’étudier vivantes. D’après l’étude anatomique des organes sexuels il était facile de prévoir comment cet accouplement devait se produire.

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de spermatozoïdes qui pénétrent isolément dans les téguments au niveau de l’aire copulatrîce [Piscicola).

Les spermatozoïdes ainsi injectés arrivent plus ou moins vite aux ovaires et tombent dans les sacs ovariens ou dans l’oviducte seulement, la majorité d’entre eux est détruite par les phagocytes de la cavité générale et par ceux des organes phagocytaires. Comme ces spermatozoïdes sont digérés par les phagocytes, j’émets cette hypothèse que l’organisme fécondé s'assimile leur substance et arrive ainsi à récupérer, en partie, les pertes qu’il a subies.du fait de nombreux accouplements.

J’étudie également dans ce chapitre l’évolution des organes phagocytaires annexés à l’organe néphridien et leur rôle durant la période d’activité sexuelle.

Chapitre VII. — Je résume, dans ce chapitre, les expériences que j’ai faites sur diverses espèces d’Hirudinées pour démontrer que la pénétration des spermatozoïdes par la voie hypodermique est suffisante pour la fécondation. Ces expériences ont porté sur six espèces, les animaux étaient élevés dans des tuhes Borrel et isolés les uns des autres. Je démontre que chez les animaux qui ne se sont pas accouplés les organes génitaux après avoir suhi une évolution normale sont entrés en régression, tandis que chez les animaux qui ont été fécondés une seule fois l’évolution se poursuit et est suivie de ponte. L’accouplement se faisait sous mes yeux et le spermatophore était toujours placé loin de l’orifice femelle. Chez les Hirudinées étudiés dans mon travail cet orifice femelle est un simple orifice de ponte, il ne joue aucun rôle dans la copulation.

Chapitre VIII. — Dans ce chapitre je décris la structure histologique du clitellum. J’étudie le mode de formation des coconset la façon dont les animaux les déposent. Je montre que certaines espèces voisines, surtout chez les Glossosiphonides,. opèrent suivant des modes très différents. Toutes couvent leurs œufs, certaines attachent leurs cocons à des objets, d’autres les attachent sur leur corps, d’autres agglutinent simplement ces œufs et les transportent en repliant leur corps, d’autres enfin les agglutinent après des corps étrangers. Tous ces processus sont en rapport intime avec la structure de la région clitellienne et montrent une série d’adaptations ou de régressions du plus haut intérêt.

Conclusions. — Je termine mon travail en posant quelques problèmes à résoudre et en discutant l’origine probable de la fécondation par voie hypodermique que je considère comme une

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adaptation secondaire et non comme un procédé primitif. Cette adaptation augmentant la facilité de l’accouplement constitue un perfectionnement très utile à la conservation des espèces.

Depuis l’époque à laquelle ce travail a été publié, j’ai eu l’ocsion d’accumuler sur ce sujet des observations nouvelles faites sur des espèces que j’ai pu me procurer depuis. Ces observations feront l’objet de publications ultérieures.

9. — Note surlesHirudinées du lac Arramaya( Abyssinie). Bull de la Soc. zooL de France, XXVl, p. 123, 1901.

10. — Anomalies viscérales chez un veau bicéphale de Bos indicus. Bull de la Soc. Zool. de France, XXVII, p. 209,

Nous donnons dans cette courte note les résultats d’une étude anatomique de la moitié antérieure du corps d’un veau bicéphale. Ce travail a été fait en Abyssinie au cours de la Mission du Bourg de Bozas.

11. — Phénomènes de la parturition chez la Gerboise d’Algérie. Bull, de la Soc. Zool. de France, février 1907.

Je signale ce fait que les fœtus de Gerboise sont expulsés sans leur placenta. Le cordon se casse spontanément au moment de la parturition au ras de ta peau de l’abdomen du fœtus. Les placentas sont expulsés un peu plus tard et ne sont pas mangés par la femelle.

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