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Quatre siècles ont maintenant pes depuis la découverte du Nouveau Monde. D'avides exploratours, Bal boa, Valdivia, Pizarre et Cortez ont continué les conquêtes de l'Espagne; Cabral a donné le Brésil au Portugal ; l'Angleterre a saisi les côtes de l’Atlantique et lo drapeau de la France a flotté sur les ondes du Saint- Laurent et du Missisippi. Les tribus indigènes ont fui; leurs feux du conseil se sont éteints; le cri de mort, le chant de guerré n'éveillent plus los forêts, et bientôt l'on parcourra toute l'Amérique sans trouver un seul vestige de ces races qui en furent autrefois les maitresses. Sur la ruine inexplicable des Indiens, le savant pe conjecturer, le philosophe méditer, mais ni l’un ni ‘autre ne pourront porter atteinte à la mémoire de Colomb.
Le vieux monde aussi s’est renouvelé. Les républiques de C'ênes et de Vénise, qui ne pouvaient donner un navire à Colomb, ont perdu jusqu'au dernier vaisseau de leurs flottes orgueilleuses ; le lion de St. Marc, le dragon de St. Georges se sont endormis, l’ingrate Espagne est tombéo du faits de sa grandeur et de ses richesses, les galions du Mexique et du Pérou ne lui apportent plus l'or du Nouveau Monde ; ses vice-rois, nommés au mépris des droits de la postérité de Colomb, ont été chassés, et son nom est exécré dans tout un continent. L'histoire a châtié par l'oubli ou par l'ignominie tous les ennemis de Colomb. Dans cette Amérique sauvage qu'il a découverte, les splendeurs de la foi et de la civilisation ont dissipé l’épaisse nuit des siècles barbares, les cités ont remplacé les déserts, et les générations humaines, les générations des fouilles de la forêt. Le commerce et l’industrie, les libertés nationales y ont pris un magnifique essor, les flottes de l'univers abondent dans ses ports; la vapeur et l'électricité rapprochent ses pôles. Sur ce sol fécond, de puissants empires, de turbulentes républiques naissent de toutes parts,
Les travaux de Las Casas et des missionnaires, le sang des martyrs, n'ont pas été moins bénis. La Sainte Eglise, aflligée pee la désertion des peuples du nord de l'Europe, a tourné avec amour ses regards vers cette Jérusalem nouvelle qui s'élevait des déserts de l’Amérique, toute brillante de jeunesse et de beauté, Les peuplades du Para-
guay ont ramené les plus beaux jours du Christianisme naissant; tandis qu'avec les vaillants fils de la France, Jésus-Christ prenait possession des rives Qu Saint-Taurent, et que s'allumait sur les hauteurs du vieux Stadaconé, ce brillant flambeau de lu foi dont les rayons ont illuminé tout le continent septentrional de l'Amérique.
Aujourd'hui, les colonies espagnoles et portugaises ont conquis une HPAptee leine d'agitation ; la Nouvell& Angleterre, la vallée du Missisippi, les côtes de l'ouest forment la grande république américaine; au nord, une dernière colonie sn à la fois le drapeau fleurdelisé et los couleurs de l'Angleterre, vogue à toutes voiles vers les splendeurs de l’avenir. Mais à quelque race, à quelque religion qu'ils appartiennent, tous les peuples de l'Amérique inscrivent triomphants le nom de Colomb en tête de leurs annales et révèrent aves amour le Découvreur de leur continent, le Père de leur histoire, le héros chrétien, l’'humme étonnant qu'ils ne peuvent se lasser d'admirer.
Jouis done de ta gloire, à homme immortell Les euples d'aujourd'hui peuvent disparaître, et d’autres,
es remplacer, l'Océan peut submerger les vieux conti-.
nents et en faire surgir de nouveaux; mais ni les révolutions de la nature, ni celles des hommes ne peuvent rien contre ton impérissable mémoire. C'est au ciel que maintenant porté le trône de ta gloire. Mèlé au chœur des élus, tu ne connuîtras plus les fureurs de l'envie, ni les assauts du malheur. Les années de l'épreuve sont passées; les siècles de l’immortalité se sont ouvort pour toi. Vois aux approches du quatrième anniversair > séculaire de la découverte de l’Amérique, cette évocation solennelle qui se fait autour de ton glorieux tombeau. Elles se lèvent de leurs vieilles forêts et de leurs poudreux champs de mort, ces tribus Indiennes auxquelles tu vins apporter la grande nouvelle de la Rédemption. Elles sont telles que tu les vis, et elles pleurent sur toi, le meilleur des père, sur toi qui ne cherchas que leur salut, sur toi qui ne dus la plus
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