‹ Concours d'éloquence sur l'agriculture [microforme]Chapitre 4 sur 14 · ARRETE · texte numérisé non relu

ARRETE

pratique de l’agriculture ils ne trouveront des plaisirs sans mélange, des jouissances sans amertume. .

Qui, mieux que le négociant enrichi, peut faire pousser trois brins d'herbe là où il n’en poussait qu’un auparavant, Ce négociant-agriculteur serait un bienfaiteur de son pays, il serait un héros. Tous les honneurs que peut conférer le Dominion du Canada devraient s’accumuler sur sa tête. On devrait le faire député, sénateur, au besoin même conseiller législatif.

Pour arriver au résultat que je désire, il faut peu de chose. Que dans toutes nos écoles normales de filles et de garçons, que dans toutes nos écoles modèles, académiques, commerciales, l'on donne un petit cours élémentaire d'agriculture de 20 leçons d'une demi-heure ou d’une heure dans le cours de l’année, et le point sera gagné.

Des études ainsi commencées se continueraient plus tard; il en resterait toujours quelque chose, ne serait-ce qu’un germe qui finirait par se développer et porter des fruits abondants.

Je vais plus loin, M. le Président, et j'affirme que dans tous nos collèges classiques, le complériont des études devrait être un petit ccurs de physique et de chimie appliquée à l’agriculture.

De cette manière, le curé, le médecin, le notaire, deviendraient des engins puissants, comme on dit, pour la dissémination des saines notions agricoles.

L'idée que j'émets aujourd’hui, M. le Président, je ne l’émets pas pour la première fois. Dès 1869, neuf ans passés, j'écrivais les lignes suivantes dans un journal de Québec :

‘“ Dans nos collèges, dans ceux au moins qui sont affiliés à l’Université-Laval, l'étude de la physique, celle de la chimie, de la botanique, est très-approfondie. A l'Université, ces cours sont aussi développés que dans n'importe quelle université européenne. Après des études aussi fortes, l’étude de la science agricole n’est plus, à a om arler, une étude ; c’est une récréation, uno ecture à la fois instructive et amusante. A la suite du cours de chimie née on devrait donner, dans tous nos collèges, quelques leçons de physique et de chimie appliquées à l’agriculture. Cela est d'autant plus aisé qu'une fois la chimie générale bien comprise, la chimie

et la physique agricoles se résument en quelques applications spéciales que les élèves saisissent à un simple énoncé, et sans le moindre effort.

‘“ Parmi les jeunes gens qui complètent leurs études dans nos collèges, (je continue à citer) quelques-uns embrassent l’état ecclésiastique ; plusienrs étudient la médecine, d’autres, le droit. Ce sont ceux qui embrassent l’état ecclésiastique et ceux qui se livrent à l'étude de la médecine qui devront propager le plus et le mieux les connaissances qu'ils auront puisées dans le cours de leurs études classiques.

“ Le jeune curé, s'il a puisé au collège de saines notions d'économie agricole, ne manquera pas, ne serait-ce que par délassement, de continuer ce geure d’études qui, vraiment, offre des attraits incomparables. Qu'on juge de l'influence que pourrait exercer sur la population d’une paroisse un exemple parti de si haut ; si, surtout, ce curé agronome avait le soin, dans ses conversations avec les habitants, comme par ses conseils mûris par l’étude, par l'observation, par l’expérience, de les encourager dans la voie des améliorations et du progrès.

‘“ Je résume ma pensée en deux mots :

‘“ Le curé canadien doit être 1° curé; 29 curé agriculteur ; 3° curé colonisateur ; c’est assez.

‘ Sur cent médecins, quatre-vingt-dix, au moins, exercent leur art à la campagne; et c’est chose vraiment r'emarquable de voir combien est grand le nombre de ceux qui s’adonnent par goût à l'étude et à la pratique de l'agrioulture. T’esprit du médecin, façonné d’avance à l'étude des sciences positives, est très-bien préparé à l’étude de la science agricole ; et aux mille tracasseries du métier de la médecine les paisibles jouissances de l’agriculture font une salutaire diversion. L'exemple du médecin se joindrait à celui donné par le curé; et de cette manière, il y aurait bientôt, dispersés dans nos campagnes, une foule de fermiers modèles recrutés parmi la partie la pius intelligente et la mieux instruite de notre population.

‘“ Ou je me trompe fort, ou ce serait là un des effets bientôt perceptible de l’enseignement de l’agricuitare dans nos collèges.”

Telles étaient, M. le Président, les lignes que j'éeri-

vais en 1869; je n’y trouve pas un mot à reprendre aujourd’hui, pas un mot à retrancher.

Mais ce n’est pas tout de développer le goût et les saines notions de l’agriculture dans les écoles de garçons ; il faut, de plus, que dans nos écoles de filles, dans nos couvents de Ja campagne, une sage direction soit imprimée de ce côté.

En effet, sur cent jeunes filles nées et élevées dans nos paroisses, 90, au moins, deviendront plus tard les épouses de cultivateurs.

À ces jeunes filles, on devrait donner une éducation appropriée à leurs besoins futurs; on devrait leur donner des leçons d’horticulture, d'économie domestique, les premiers éléments de l’art culinaire.

On l’a dit avant moi, et on ne saurait trop le répéter, rien ne contribue à calmer la mauvaise humeur d’un mari ployant sous le faix du jour et de la fatigue comme le famet d’un plat aimé ou la vue d’une salade convenablement apprêtée. La connaissance de la couture, du raccommodage, du rapiécetage devrait être le c:mplément de l'éducation de toute jeune canadienne bien née; et s’il fallait sacrificr pour cela plusieurs heures de pianotage par semaine, des mois entiers de broderies, je les sacrifierais volontiers.

Revenons au jeune agriculteur.

Au sortir de l’école, il n’a qu’à perfectionner ses études; et pour cela, son père ne saurait faire trop de sacrifices pour mettre à sa disposition autant de livres et de journaux d'agriculture que possible.

De plus, il devrait y avoir, dans chaque paroisse, unt bibliothèque paroissiale. Le choix des livres devrait être soumis au jugement d’une commission spéciale nommée par le département de l'instruction publique.

Mais, dans ce choix, M. le Président, on ne saurait être trop scrupuleux ; il n’est rien comme un mauvais livre, un mauvais roman surtout, pour gâtor le cœur et l'esprit d’une jeune personne.

Les rayons d'honneur de ces bibliothèques devraient être ornés de journaux d’agriculture et de petits ouvrages ayant trait à cet art.

Il faudrait aussi que l'excellente idée de l’établissement de cercles agricoles reçût son développement

complet. Aux réunions de ces cercles, on lirait des conférences sur l’agriculture ; on y discuterait une foule de questions ayant trait à l’amélioration de nos terres, à celle des chemins, des voies de communication, ete, Avant tout, pas de politique dans ces cercles.

Enfin, parvenu à l’âge de 21 ou de 22 ans, le jeune cultivateur, grâce aux sages économies de son père, de sa mère, et de toute la famille, deviendrait le propriétaire d’un bien quelconque ; supposons que ce soit le bien du voisin : lequel voisin se serait ruiné par ignorance, ou par incurie, par luxe et par vanité.

À ce moment il entre dans la vie, et, avant de rien entreprendre, —car toute expérience nouvelle est hasardeuse,—il doit se rendre un compte exact de ce qu'il a à faire, non-seulement pour la première année, mais pour dix années à venir.

C'est tout un plan de bataille qu’il lui faut concerter contre des ennemis nombreux, puissants. Voici l’énumération de quelques-uns de ces ennemis: Fossoyage mal fait; raies, rigoles imperceptibles n’aboutissant pas aux fossés ; planches mal conditionnées, les unes de trois pieds de largeur, los autres de quinze pieds. De la mousse, de la marguerite, de la moutarde, une foule de plantes aquatiques au lieu de mil et de trèfle, de l’ivraie partout ; clotures en désordre, maison, grange délabrécs.

Ah ! c’est alors, Messieurs, qu’il faut chez le débutant du courage, et surtout du jngement et de la science. Mais s’il a puisé de saines notions d'agriculture à l’école ; si son jugement a mûri par l’étude des livres de la bibliothèque paroissiale ; s’il a suivi avec attention les bons enseignements prônés par nos journaux d'agriculture, sa tâche est bien simplifiée ; car, avec cette science, avec ces connaissances, c’est la tête qui dirige les bras, et non les bras la tête.

La tête qui dirige les bras ! voilà ce qui manque au cultivateur canadien. Il travaille au jour le jour, machinalement, sans raisonnement, sans aucune connaissance de son art: on appelle cela, en ce pays, un homme pratique. Et comme conséquence inévitable, le fruit de. tant de pénibles labeurs est perdu.

Le printemps arrivé, quand la neige a disparu, quand la terre est ressuyée, réchauffée, le cultivateur laboure,

herse, ensemence, en partant derrière la grange, ot va ainsi, sans réflexion, jusqu'au haut dn clos.

Il sème des pois, des pommes de terre, du froment, de l'orge, de l’avoine, du mil et du trèfle, là où il n’en de: vrait pas semer. Pis que cela, en maints endroits du district de Québec, et dans d'autres districts, quoi qu’on dise,sil y a des pièces à pois, des pièces à blé, à orge, à avoine, que l’on ensemence avec les mêmes graines depuis un temps immémorial.

Que si quelqu'un se permet de faire certaines observations au sujet d’une routine aussi vicieuse, on vous répond: ‘ Mon père a bien vécu de même | ”

C'est triste.

Lorsque le jeune agriculteur s'est bien rendu compte de tous les défauts que présente san bien, il doit compléter cet inventaire par l’énumération des fautes qu'a commises son prédécesseur, et cette énumération sera comme suit:

Pas d'engrais, ni de fumiers, ou engrais mal préparés ; ignorance complète des bons effets d’un amendement convenable, de l'usage des engrais verts, (trèfle et sarrazin), de l’emploi du chaulage, des cendres, du plâtre, des composts, des ongrais chimiques, de l’égouttement, etc.

Ignorance de l'espèce de graines de semence qu'il fallait confier à sl on tel sol.

Ignorance des rotations, des assolements ; mots qui lui étaient inconnus, parce qu’il n’en avait jamais entendu parler, ni à l’école, ni ailleurs.

Alors, qu’il se mette à l’œuvre, et qu'il ait toujours devant les yeux le précepte suivaut que j'ai formulé, plusieurs années déjà, dans les termes suivants :

“ Le cultivateur canadien doit adopter pour système de culture celui de convertir le plus promptement possi: ble, et aussi parfaitement que le temps et ses moyens le lui permettront, la plus grande étendue do sa terre en prairies et en bons pacages. Car, ce système pèrmet de récolter beaucoup de foin; or, avec beaucoup de :6ix on ‘peut entretenir un grand nombre d'animaux en bon ordre, Ces animaux donnent beaucoup de produits qui rapportent de grands profits et une hope quantité do fumier. Le fumier est teliement la base de toute bonne

agriculture qu'on a dit, et avec raison, que le fumier est le capital du cultivateur.”

Après trois ou quatre années de cette culture conduite avec intelligence, le jeune agriculteur se trouve, comme on dit, M. le Président, au-dessus de ses affaires. Et après ?—Après ? Eh bieu ! il doit se marier, ce qui est la chose la plus naturelle du monde. Il n’aura que l’embarras du choix, dans sa paroisse, ou dans les paroisses voisines.

Il y a des célibataires jeunes et vieux,—j'en connais, j'en vois même dans cette salle, —qui s'imaginent que le mariage est une espèce de révolution dans l'édifice social, une sorte de cataclysme dans le cours de la vie humaine. Erreur fatale! Le mariage est chose toute simple, Une fois qu’on à été marié, on s'imagine qu’on l’a été toujours | Bientôt, au bout de neuf mois de ma: riage, de dix au plus, surviennent les soucis bienfaisants de la famille : un rejeton, un héritier a vu le jour. De quinze mois en quinze mois, souvent plus tôt, pareil phénomène se renouvelle dans chaque famille de nos bons cultivateurs canadiens.

C'est là le véritable progrès! Dans les pays constitutionnels, M. le Président, la force, c'est le nombre; et nous, Canudiens-Français, nous avons besoin de recruter nos forces, et de multiplier notre nombre. De cette dernière tâche nous nous acquittons bien sans l’aide des gouvernements ; mais je me demande si ces gouverne“ ments, le fédéral comme le local, ont toujours fait, font aujourd’hui ce qu'ils auraient dû et devraient faire pour retenir notre nombre chez nous ?

A ce propos, M. le Président, voici quelques lignes que j'écrivais il y a une dizaine d'années.

“ L’émigration de notre population aux Etats: Unis est due à trois causes principales: 1° amour du changement parmi un certain nombre; 2° misère et pauvreté dues au défaut d'établissements industriels et manufacturiers dans nos villés; 3° misère et pauvreté occasionnées par un système de culture des plus vicieux dans nos campa-

nes. - Su Le seul moyen d'empêcher l’émigration de nos campagnes est d'enseigner à nos cultivateurs comment ils peuvent trouver l’aisance, la richesse chez eux. Pour

cela, que faut-il? Leur enseigner à cultiver. De cette manière, l’agriculture prend toutes les proportions d’une question religieuse, ev qui mérite l’attention spéciale de notre clergé, celle de nos curés de la campagne particulièrement.”?

Quelques mois plus tard je m'exprimais dans les termes suivants au sujet de l'immigration :

‘# On parle beaucoup a’immigration par le temps qui court.

‘ On envoie des agents en Europe pour inviter les étrangers à venir partager notre bonheur; on a des agents aux Etats-Unis chargés de prier les nôtres de revenir au milieu de nous.

‘ Tout cela est fort bien.

“Maisil ya moyen, à mon avis, de simplifier la besogne de ces agents, tout en assurant le succès de leur mission.

‘ Développons notre agriculture, et, pour cela, instruisons nos cultivateurs, enseignons-leur des méthodes simples, faciles, peu disperdieuses qui les mettent en état de réaliser de 150 à 269 iuis de bénéfice par année, avec la vente de leurs produits, au lieu de ne réaliser que trente ou quarante louis comme cela a lieu aujourd’hui.

“ Alors, l'étranger voyant les rives du Saint-Laurent bordées de riches villas habitées par des cultivateurs, se dira: “Il fait bon de vivre ici: dressons-y nos tentes.”

‘“ Alors les nôtres aui sont aux Etats-Unis se diront: I fait meilleur chez nous qu'aux Etats-Unis ; retournons chez nous.

“ De cette manière les agents d'immigration seront sûrs du succès et feront une riche et abondante moisson d’immigrants.”

Le temps presse, M. le Président, et j'abrège.

Parvenu à ce degré d'avancement dans la voie du pro: grès, le cultivateur doit veiller soigneusement à l’entretien de ses animaux, à leur nourriture, et soumettre à une étude approfondie les problèmes suivants d’économie agricole, dont je me contenterai de faire l’'énumération : L

1° De l'emploi des soupes pour la nourriture du bétail; je crois sincèrement qu’on sauverait par là une bonne moitié du fourrage, Une nourriture sèche ne

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convient pas plus à l'estomac de l'animal qu'à celui de l'homme: ceci est entièrement conforme aux données de la physiologie.

20 Du traitement des fumiers. Dans des écrits antérieurs j'ai émis l’opinion que dans certaines circonstances, et pour certains genres de culture, il valait mieux recourir à l'emploi des fumiers verts. Sur ce point je crois avoir fait erreur, à l'exemple de bien d’autres, et je ne recommande, #ujourd’hui, pour la grande culture que les fumiers qui ont subi au moins un commencement de fermentation. De là la nécessité d’avoir des caves ou appentis dans lesquels le fumier doit être conservé assez longtemps, et à une température modérée, pour que cette fermentation se produise ;

30. De l’emploi des engrais artificiels, et, surtout, du phosphate de chaux dont on a découvert depuis deux ans, des mines d’une richesse extrême dans les environs d'Ottawa. Ce sujet seul exigerait la publication d’un volume. Dès 1869, un agronome français, M. Ville, partisan des engrais artiticiels, annonçait, dans une conférence faite à la Sorbonne, à Paris, que le Canada renfermait des mines inépuisables de séus-phosphate de chaux (ou apatite). Qui s'en doutait alors dans le Dominion ? J'ai fait l'analyse chimique de quelques-uns de ces échantillons, et j'ai trouvé qu'ils contenaient jusqu'à 92 pour cent de phosphate ;

40. Du mélange du sulfate d'ammoniaque (résidu du gaz d'éclairage), qu'on n'utilise pas aujourd’hui, au Canada, avec le sulfate de chaux et le superphosphate comme guanos artificiels, pour les besoins de ce pays, et comme objet d'exportation.

S'ilest un pays au monde où le besoin des engrais artificiels se fait sentir, c'est le Canada.

Quant à l'exportation, tous les engrais entrent en franchise aux Etats-Unis.

5o. Do l’à-propos d'établir la confection de ces engrais artificiels à Lévis où il y a déjà une fabrique d'acide sulfurique qui chôme depuis une dizaine d’annees.

60. Quel parti cette fabrique de superphosphate à Lévis pourrait-elle tirer des pyrites de cuivre de Len:noxvillo, après grillage, He les expédiant à Swansea,

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South- Wales, Angleterre. Alors, on ferait d'une pierre deux coups.

To. Des assolements. Cette question capitale est tellement méconnue dans la Province de Quebec, ‘qu’en maints endroits—le Saguenay, entre autres—on récolte céréales sur céréales pendant douze et quinze ans sans interruption.

On ruine le Saguenay. On a suivi la même pratique à la côte de Beaupré et à l'Ile d'Orléans pendant 150 et 200 ans, et le résultat final ? C’est qu'aujourd'hui le blé n’y vient plus. Pourquoi ? Parce que le sol ne renferme plus les éléments qui entrent dans la composition de ces plantes ; parce que ces éléments ont été soustraits au sol par la culture inintelligente de nos pères et de leurs fils.

80, Du chaulage. Question très-importante. Des territoires entiers, en France, depuis cinq ans, sont redevonus fertiles, et produisent du blé en abondance aujourd’hui, grâce au chaulage. Beau sujet d'étude pour ce pays où le calcaire est si abondant.

90. Expositions d'agriculture provinciales annuelles. Trop fréquemment renouvelées. Tous les trois ans sufñrait. On y voit toujours les mêmes choses.

100. Expositions de comtés. Ne vaudrait-il pas mieux les remplacer par des expositions de district, à des intervalles de deux ou trois ans ?

110. Importance des concours de labour, de hersage, de roulage, à chacune de ces expositions de districts. Pour un objet d'aussi grande importance, le conseil de l’agriculture et le ministère de l’agriculture ne devraient pas être économes. Ils devraient avoir à leur disposition cinq ou six laboureurs émérites largement payes, et toujours prêts à se transporter, avec charrues, herses, rouleaux, et attelage modèles, là où leurs services seraient requis. Il y aurait concours entre le premier laboureur de la paroisse et le laboureur du gouvernement. Prix du concours $1.00 pour le laboureur du gouvernement, s’il gagne le premier prix; dix ou vingt piastres pour le premier laboureur du district, s’il bât le labourcur du gouvernement.

120. Drainage. Cette question seule pourrait faire le sujet d’un concours. M. Barnard et l'abbé Provancher

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ne sont pas d'accord sur ce point. Je les mets d'accord en affirmant que tous deux ont raison.

Quels matériaux faut-il employer pour ce drainage? Mon opinion est qu’il faut employer du bois là où il y a du bois, de la pierre là où il y a de la pierre, des tuiles là où il n’y a ni pierre ni bois.

Le drainage seul triplerait le rendement de nos terres; et la saison agricole, qu'on me pardonne le mot, serait au moins d’un mois plus longue dans la province de Québec : quinze jours le printemps, quinze jours l'automne ;

130. Importance de la comptabilité. Nos cultivateurs vivent au jour le jour, sans tenir compte de leurs recettes et de leurs dépenses. De cette manière ils se ruinent sans s’en apercevoir.

140. Luxe, vanité. Petit traité sur l’art du bon goût dans la toilette, à l’usage des hommes, un peu aussi à l’usage des filles et des femmes. Ce sujet devrait être traite légèrement. à

150. Du choix des races d'animaux. Quelques hommes compétents, éleveurs émérites depuis plus de 20 ans, et auxquels je me suis adressé pour avoir leuropinion, m'ont répondu dans les termessuivants. J’attire spécialement votre attention sur ce point.

Je reprodnis textueliement leur réponse à ma question.

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