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nués; l’urine ne renferme en excès, ni créatine, ni créatinine, ni hypoxanthine, sous-produits de l’urée.
Phi résumé, le paroxysme hystérique, quel qu’il soit, se juge par une diminution considérable du résidu fixe, de l’urée, des phosphates avec inversion de la formule de ces derniers. Nous avons pu nous assurer que tous ces troubles débutaient avec le paroxysme et ne s’étendaient pas au delà de la période des 24 heures à compter du début d’un paroxysme de moyenne intensité.
Dans les paroxysmes prolongés ou états de mal, mêmes phénomènes; de plus, il y a, avec le résidu fixe, chute concomitante du liquide urinaire. Si le paroxysme dure plusieurs jours ou semaines, on peut trente-huit ou quarantehuit heures à l’avance, alors que rien ne l’indique dans l’état clinique, prédire le retour à l’état normal, car à cette date il y a relèvement subit du taux de l’urine, de l’urée, des phosphates, etc. Ce relèvement n’est en aucune façon lié à l’alimentation, ainsi que nous l’avons montré chez des léthargiques qui, pendant plus de dix jours, n’absorbaient quotidiennement pour toute nourriture ou boisson que 300 grammes de lait; quarante-huit heures avant le réveil ou le retour à l’état normal, le taux urinaire s’élevait à 1.500 grammes; l’urée, de 15 à 25 grammes, etc., etc. De même pour le délire, de même pour les états de mal convulsils, etc., etc. Ces phénomènes tiennent donc à l’essence même du paroxysme hystérique court ou prolongé.
Ils permettent, en tenant compte des belles recherches de MM. Lépme et Mairet, qui ont péremptoirement démontré que dans l’accès d’épilepsie l’excrétion de l’urée et des phosphates était augmentée, d’établir une distinction radicale entre l’attaque d’hystérie et l’accès de mal comitial; distinction établie à la vérité par la clinique, qui restait cependant presque impuissante dans les attaques d hystérie à forme d’épilepsie partielle.
Nous avons démontré que l’épilepsie partielle organique se jugeait par les mêmes phénomènes chimiques que l’accès
d’épilepsie vraie, et que l’accès d’hystérie à forme d’épilepsie partielle participait entièrement aux phénomènes du paroxysme hystérique. Étant données les tendances que l’on a actuellement à intervenir chirurgicalement pour l’épilepsie partielle vraie, il sera prudent de faire, avant l’intervention, l’analyse des urines des vingt-quatre heures comprenant le paroxysme, comparée à celle des 24 heures de l’état normal, pour voir si l’on ne se trouve pas en présence d’un cas d’hystérie. Nous pourrions citer des cas où le trépan n’a rien découvert, et qui appartenaient réellement à l’hystérie. Il est à noter qu’il ne s’agit pas dans ces cas de recherches difficiles ou très minutieuses, l’écart entre les deux chiffres d’urée pouvant être de 20 grammes. Exemple r urée normale, 25 grammes; urée dans l’épilepsie partielle organique, 35 grammes; dans l’attaque d’hystérie à forme d’épilepsie partielle, 15 grammes; sans tenir compte de l’inversion de la formule des phosphates.
De même on pourra, à l’aide de l’examen des urines, établir qu’il existe parfois chez le même malade des accès A'épilepsie vraie et des accès à'hystérie. Ces accès sont chimiquement, totalement indépendants et différents, ainsi que M. Charcot l’avait cliniquement depuis longtemps établi : le terme à'hysléro-épilepsie doit être rejeté comme pouvant prêter à la confusion.
L’étude que nous avons faite de la nutrition dans les troubles généraux connus sous le nom de vomissements hystéricfues montre que, dans ces cas, les pesées journalières indiquent un amaigrissement constant pouvant se terminer par la mort, lorsque dans un ordre de faits connexes y anorexie est complète.
Il resterait à déterminer si l’amaigrissement est aussi considérable que celui qui surviendrait chez des personnes saines non hystériques placées dans ces conditions d’alimentation ; en un mot, s’il existe un ralentissement nutritif empêchant au moins partiellement la dénutrition suivant les idées de M. le professeur Bouchard, exposées
par son élève M. Empereur. Ces expériences comparatives sont, on le comprend, presque impossibles à instituer. Il faudrait trouver un individu porteur d’un rétrécissement cicatriciel de l’œsophage empêchant presque complètement l’alimentation, peser quotidiennement, comme nous l’avons fait, les aliments absorbés et comparer son amaigrissement à celui d’un hystérique atteint de vomissements, le tout rapporté au kilogr. d’individu.
Ce que nous pouvons dire, c’est que le paroxysme ralentit la nutrition alors qu’elle reste normale chez l’hystérique le plus riche en stigmates, atteint de paralysie ou de contracture; que l’amaigrissement se montre toujours lorsqu’il existe des troubles digestifs dans des proportions comparatives qu’il est difficile de fixer; que l’hystérique réduit à l’état squelettique peut mourir d’anorexie, ainsi que l’a montré M. Charcot.
L’étude de ces troubles digestifs nous a conduit à des considérations encore inédites et que nous exposons brièvement. L’aliment peut être chez l’hystérique rejeté par un spasme de l’extrémité supérieure de Cœsopliage; il peut parvenir jusqu’à l’estomac si le spasme œsophagien ne siège pas au cardia; une fois dans l’estomac, il est souvent expulsé par suite des efforts du véritable vomissement. Ce vomissement stomacal est lié souvent à des zones hystérogènes de l’estomac. On remarque en effet qu’aussitôt l’aliment arrivé dans le ventricule, se montrent tous les phénomènes de l’aura prémonitoire de l’attaque, le vomissement survient et met fin à ces phénomènes dus à la simple compression d’une zone hystérogène de la muqueuse par l’aliment lui-même dont le rejet fait cesser immédiatement la crise qui était imminente. On peut, à l’aide d’un traitement approprié, déplacer la zone et foire cesser les troubles gastriques.
Dans nos recherches sur le sang dans l'hystérie normale nous sommes arrivés aux conclusions suivantes :
r Que chez les hystériques normaux la même solution
de continuité du tégument cutané qui a été faite à un individu sain ne donne issue qu’à une quantité de sang d’un tiers environ inférieure à la normale ;
2“ Qu’en dehors des cas d’anémie et de chlorose, la quantité d’hémoglobine, l’urée et la glycose sont en proportions normales.
Ces résultats corroborent ceux que nous avons déjà énoncés, à savoir, que la nutrition ne semble pas troublée dans l’hystérie normale.
Ces recherches ont obtenu de l’Institut le prix Lallemand en 1891.
La plupart des résultats que nous venons d’énoncer ont été exposés dans le premier volume de notre
Traité clinique et thérapeutique de l’hystérie, d’après l’enseignement de la Salpêtrière, in-S" de 582 pages avec
46 figures. Paris, Plon et G‘% 1891.
Auquel M. le professeur Charcot a bien voulu consacrer la préface suivante :
« Le présent Traité a été fait, en quelque sorte, sous mon immédiate direction. Il reproduit, aussi fidèlement que possible, mon enseignement et les travaux que celui-ci a inspirés à mes élèves.
« Je dirai même plus ; en lisant, avant l’imprimeur, l’ouvrage de M. Gilles de la Tourette, j’ai été plusieurs fois surpris d’y trouver des idées qui m’étaient absolument personnelles, que je croyais n’avoir jamais émises, qui, en tout cas, étaient restées inédites.
« C’est que M. Gilles de la Tourette, qui fut mon interne et mon chef de clinique à la Salpêtrière, depuis près de huit ans qu’il est, à divers titres, attaché à mon service, s’est astreint jour par jour, pour ainsi dire, à recueillir ce que, inspiré par l’observation clinique, je pensais ou disais en matière d’hystérie; travaillant ainsi sans relâche à mettre au point une œuvre qui aujourd’hui, je crois, vient combler une lacune dans la science.
« M. Gilles de la Tourette dit qu’il s’est borné à exposer mon enseignement, à réunir mes travaux et ceux de mes élèves. C’est la première fois qu’il oublie qu’il en est un, et des meilleurs. Il ne fait pas mention, en effet, de ses travaux à lui, qui sont de la plus haute importance dans l’espèce.
« Je n’en veux retenir, pour le moment, que ses recherches faites en commun avec un autre de mes élèves, M. Gathelineau, sur la formule chimique de l’hystérie, recherches qui, si elles se confirmaient, disais-je dans une de mes Leçons, constitueraient une véritable découverte. Aujourd’hui cette confirmation n’est plus à attendre.
« De ce fait, M. Gilles de la Tourette a introduit dans l’étude de l’hystérie un élément de précision, pour ainsi dire palpable, qui est appelé à éclairer singulièrement le diagnostic des cas douteux, en même temps qu’il fixe la réalité des phénomènes établis par la clinique.
K Ce que M. Gilles de la Tourette a encore oublié de dire, c’est qu’il ne s’est pas borné à résumer mon enseignement. Si celui-ci tient la plus grande place dans son ouvrage, il n’en est pas moins vrai qu’il l’a entouré des discussions qu’il a pu faire naître, des travaux qui, à l’étranger comme en France, ont contribué singulièrement à élargir le cadre de l'hystérie !
K Chez lui le vulgarisateur n’exclut pas l’observateur original, non plus que le critique qui a su puiser ses éléments d’appréciation aux meilleures sources.
« C’est, si je ne me trompe, un travail complet qu’il nous présente, résumant parfaitement, en tout cas, l’état actuel de la science, avec une conscience scrupuleuse à laquelle il nous avait habitué dans ses autres travaux.
« Je souhaite sincèrement que mon témoignage puisse porter bonheur et profit à un ouvrage qui représente un effort considérable, longtemps prolongé au milieu de difficultés de toutes sortes. »