‹ Concours pour l'agrégation, 1898, section de pathologie interne et de médecine légale, exposé des titres et travaux scientifiquesChapitre 3 sur 8 · A. ^ ÉTUDES SUR LES TUMEURS · texte numérisé non relu

A. ^ ÉTUDES SUR LES TUMEURS

Fibrome àponévrotique de l’ombilio (3). : :

La tumeur que j’ai étudiée était développée aux dépens du fasoia transversalis; elle était constituée par du tissu conjonctif exclusivement; ce tissu se présentait sous là forme de faisceaux ondulés, pour la plupart parallèles entre eux, mais ne présentant pas néanmoins une orientation

constante sur les divers points de la tumeur. Les cellules

étaient nombreuses, assez bien développées, fusiformes, et ne se présentaient pas sous la forme de cellules embryonnaires à gros noyau et pauvres en protoplasma, habituelle aux cancers conjonctifs. L’épithète de tumeur intermédiaire du tissu conjonctif modelé du type aponévrotique m’a paru indiquer à la fois la structure et l’origine de cette tumeur, ainsi que sa place dans l’échelle de malignité des tumeurs conjonctives.

Avant moi, MM. Labbé et Rémy avaient fait remarquer que, dans les fibromes de la paroi abdominale, l'abondance des éléments du tissu fibreux en voie de développement ne devait pas entraîner fatalement un pronostic grave. Toutes les tumeurs qu’ils avaient observées étaient composées de tissu fibreux riche en cellules, et cependant aucune n’avait, récidivé, ni infecté l’économie. Aussi donnaient-ils à toutes leurs tumeurs delà paroi abdominale, quelle que soit la part que prit dans leur structure le tissu conjonctifjeune,lenom de fibrome, mais jamais celui de fibrp-sareome.

Pour mon maître M. Bard, la cachexie, étant une sorte d’auto-intoxication, est fonction, dans une certaine mesure, du rôle physiologique du tissu normal dont le néoplasme dérive. Il est dès lors facile de comprendre qu’une tumeur développée aux dépens d’une aponévrose ne puisse jamais produire une cachexie comparable à celle d’un cancer de l’estomac.

Deux points intéressants se dégagent en outre de cette étude : j’ai apporté une nouvelle preuve de l’indépendance fréquente des fibromes de la paroi abdominale vis-à-vis du squelette et de la possibilité de leur développement au niveau même de l'ombilic ; MM. Labbé et Rémy n’en connaissaient pas d’observation. M. Villar, après moi (Tumeurs de l’ombilic , Gaz. des Kâp., 1890) et en me citant, en a rapporté d’autres observations.

2" TUMEOHS MALIGNES

Cancer du corps thyroïde avec cancer secondaire des muscles soléaire et jumeaux (2).

La tumeur thyroïdienne était constituée par un amas de cellules embryonnaires, arrondies, petites, répondant au type histologique des cellules des cancers primitifs du corps thyroïde, ainsi qu’il a été décrit par M. Orcel dans sa thèse (Lyon, 1889) ; l’ensemble de la tumeur constituait un épithélioma sans stroma (sarcome, d’après la nomenclature clas-

siqixe}. Sur les coupes de la tumeur des muscles soléaire et jumeaux, à part quelques bandes de tissu fibreux adulte et ondulé, en petit nombre, la structure était identique à celle de la tumeur primitive, si bien que la différenciation entre les deux sortes de coupes était impossible à faire au centre de la tumeur, où l’on ne trouvait plus trace de tissu musculaire ou tendineux.

En résumé, il s’agissait d'un cancer primitif développé aux dépens des cellules propres épithéliales du corps thyroïde et la tumeur du soléaire n’était qu’un noyau secondaire de la tumeur thyroïdienne. C’est la première fois, croyons-nous, que l’on ait signalé un cancer intra-musculaire secondaire à un cancer du corps thyroïde, bien que l’on eût plusieurs fois noté des généralisations viscérales ou

Cancer secondaire du cœur (7).

Le cancer secondaire du cœur, beaucoup plus fréquent que le cancer primitif, n’a pas de type histologique propre, mais ses caractères varient avec ceux de la tumeur primitive, qu’ils reproduisent exactement.

Ainsi, dans notre observation I, la tumeur primitive étant un cancroïde de la face, les tumeurs secondaires du myocarde, comme celles de la rate, de. la jambe, de l’intestin, avaient une structure identique, celle de l'épithélioma corné.

Dans l’observation II, généralisation d’un cancer de l’œsophage, la tumeur du cœur avait la structure de l’épithélioma du type épidermique sans stroma.

Enfin, dans l’observation III, la tumeur du cœur avait la structure de l’épithélioma épidermique corné embryonnaire, comme la tumeur primitive de l’œsophage, et comme les noyauxsecondairesdufoie, du poumon, delà rate.

En réunissant nos faits personnels à ceux déjà publiés, nous avons montré que les observations jusqu’ici connues, de cancers secondaires du cœur, avaient toutes trait à des épithéliomes, les uns épidermiques, les autres cylindriques

ou glandulaires — sans stroma ou à stroma plus ou moins. ; adulte, souvent d’aspect alvéolaire^

Une étude détaillée de nos observations nous a prouvé f que la vole d’invasion du coeur était ie plus souvent la voie Æ vasculaire sanguine.

On à noté la coïncidence d’un cancer secondaire du cœur JM avec une tumeur primitive de la plupart des organes ; mais, -1 le plus fréquemment, le néoplasme originel siégeait dans la cavité thoracique, ou s’y était préalablement généralisé. : i||

Cancer primitif du pancréas (4)fi:

Étude histologique.

Il existe dans le pancréas deux variétés d’épithélium,; J l’épithélium glandulaire, qui est arrondi, et celui des canaux | excréteurs, qui est de forme cylindrique. Aussi peut-on . ,1 observer deux espèces de cancers pancréatiques, répondant 1 l’un au type glandulaire, l’autre au type excrétoire. Le type M glandulaire est le plus fréquent. C’est en effet une loi géné- J raie que de deux tissus épithéliaux entrant dans la constL M tütion d’un organe, celui qui devient le plus fréquemment le j point dé départ d’un néoplasme, est précisément celui dont; les éléments présentent, à l’état normal, le renouvellement || physiologique lé plus actif; dans le pancréas, c’est assuré- ; ment l’élément sécréteur, c’est-a-dire la cellule glandulaire. J Sur nos sept cas, il y a six cancers glandulaires.

Le type glandulaire offre A étudier les cellules et le stroma.

Les cellules sont volumineuses, arrondies au centre, cubiques à la périphérie par pression réciproque; protoplasma j abondant, granuleux, jauné clair ; noyau ovalaire, sans, nucléoles; globes hyalins dans les cellules anciennes. ■ , 1

Le stroma est formé de tissu conjonctif, à disposition.- J générale alvéolaire.

— Plus l’évolution du processus a été len te, plus le stroma : 1 prend, une importance prépondérante et l’aspect du tissu, conjonctif adulte, ce qui permet de distinguer trois variétés;'

épithéliomes glandulaires tabulé, alvéolaire, et à stroma prépondérant ; cette dernière forme pourrait parfois être confondue, à un examen superficiel, avec de la sclérose simple. En outre, ces trois formes peuvent coexister en des points différents d’une même tumeur, et constituer ainsi une série de zones distinctes, irrégulièrement distribuées dans les coupes.

Type excrétoire. — Épithélioma cylindrique tabulé.

Types interstitiels. — Le pancréas comprenant, dans sa structure, outre l’épithélium, du tissu conjonctif et du tissu lymphoïde, ces tissus peuvent être le point de départ de néoplasmes. MM. Lépine et Cornil ont en effet décrit un lymphome du pancréas. Nous n’avons pas observé de cas analogue.

Noyaux secondaires. — Il nous suffit de rappeler que toujours les noyaux filles se sont montrés du même type cellulaire que le noyau mère, mais à une étape cellulaire ordinairement plus inférieure que le noyau primitif ; ee qui est en rapport avec ce fait d’observation clinique qu’ils se sont, en général, développés plus rapidement que la tumeur pri-

[II est juste de faire remarquer que si l’ensemble de notre mémoire sur le. cancer pancréatique a été écrit sous la direction et avec la collaboration constante de M. le professeur Bard, la partie histologique de cétte étude lui doit être encore plus particulièrement attribuée.]

Cancer primitif du duodénum (13),

L’examen histologique a décelé jusqu’ici parmi les tumeurs primitives du duodénum, des cancers du type épithélial de revêtement (épithéliome cylindrique), du type épithélial glandulaire (épithéliome primitif des glandes de Brunner), du type conjonctif embryonnaire (sarcome), du type lymphatique (lymphadénome). En réalité, il y a autant d’espèces de cancers du duodénum qu’il y a d’espèces de cellules entrant dans la constitution de ce segment du tube digestif.

: type, soit adulte, soit embryonnaire. Le nombr de tumeurs, bénignes ou malignes, n’a don î que le nombre même des tissus de l’économie t, par conséquent, que chacun des tissus d’u

théories

ment les grandes lignes. Je me serais exposé à des redites, si j’avais voulu les rappeler à. propos de chacun de mes

C’est grâce à la . bienveillance à mon égard de M. le professeur R. Tripier, dans le laboratoire duquel j’ai étudié pendant cinq ans, c’est grâce aux conseils et à la direction immédiate de M. le professeur Bard, que j’ai pu contribuer pour une faible part à confirmer ces données générales par l’étude de plusieurs cas particuliers; je l’ai fait, ainsi qu’on peut s’en rendre compte., en parcourant l’index bibliographique ci-dessus, soit avec la collaboration directe de M. Bard, soit dans des mémoires qui me sont personnels, mais qui tous ont été faits sous son contrôle.

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