B. — ÉTUDE HISTOLOGIQUE DE L’ACTINOMYCOSE PULMONAIRE
Au point de vue histologique, et sans tenir compte de la forme bronchitique, dont il n’existe pas d’autopsie, la réaction du poumon à l’envahissement par l’actinomyces peut se traduire par deux processus distincts :
1" type : Pneumonie épithéliale avec zones d’hépatisation
rappelant l’bépatisation tuberculeuse, sans cellules géantes; dégénérescence gramilo-graisseuse des cellules ; caséification des exsudats ; ulcérations. Correspond à l’aspect pseudotuberculeux cavitaire de la pneumo-actinomycose.
2’ type : Pneumonie interstitielle. TractUs fibreux partant de la plèvre viscérale épaissie, et aboutissant à des nappes de tissu plus jeune, formé de cellules fusiformes ou de cellules rondes tassées les unes contre les autres, rappelant l’apparence du sarcome — comme dans l’actinomycose du bœuf. Cette forme correspond, soit à la forme pseudocancéreuse de la pneumo-actinomycose, soit à l'actinomycose à forme pleuro-pulnionaire.
Dans l’un et dans l’autre type, la nature du processus ne peut être affirmée que par la présence, en plusieurs points, sur les coupes, d’actinomyces, au centre d’une couronne de cellules rondes ou épithélioïdes (actinomycomes).
Les deux aspects histologiques si différents que présente l’actinomycose pulmonaire sont peut-être dus à la différence de la porte d’entrée. Dans un cas, l’aelinomyces, envahissant le poumon de dehors en dedans, pénètre par les voies conjonctives et produit des lésions de pneumonie interstitielle; dans l’autre, il envahit l'organisme par les voies respiratoires, et arrive à l’endothélium alvéolaire, d’où pneumonie épithéliale, caséification et ulcération. Toutefois, peut-être y a-t-il plus, dans cette différence, qu’une question de mode d’invasion; peut-être la première forme est-elle la seule qui mérite légitimement le nom de processus actinomycosique, et la seconde est-elle fonction d’infections secondaires.
C. — ÉTUDE HISTOLOGIQUE DE LA PACHYMÉNINGO- MYÉLITE LIÉE AU MAL DE POTT (17). »
Cette étude est basée sur l’examen en coupes sériées de la moëilc et du bulbe; le durcissement a été opéré à l’aide du liquide de Muller; les coupes ont été traitées, les unes par le picrocarmin, les autres par la méthode de Pal.
Cette technique nous apermis de déceler, dans une moëlle
ne présentantaucune apparence delésionmacroscopique, des altérations du plus haut intérêt : myélite diffuse au niveau des points de pacbyméningite ; tuméfaction des cylindraxes ; présence de corps granuleux; atrophie des grandes cellules des cornes antérieures, surtout à la région cervicale ; oblitération du canal de l’épendyme ; prédominance des lésions myélitiques dans les régions périvasculaires; sclérose du réseau des colonnes de Clarke, désintégration de leurs cellules; dégénération descendante du faisceau pyramidal croisé ; enfin, lésions radiculaires partout très prononcées et, dans tous les cas, beaucoup plus accentuées qu’elles n’auraient dû l’être, si elles n’avaient été que consécutives aux lésions médullaires.
Tels ont été les résultats fournis par l’examen de nos coupes, pour l’interprétation desquelles nous avons eu recours à l’obligeance et à la haute autorité de M. le professeur Pierret.
Suivant les descriptions classiques, les lésions médullaires, dans le mal- de Pott, sont de deux ordres : les unes sont dues à la compression, de la moelle par la colonne vertébrale déviée, ou par une esquille osseuse; lèb autres sont dues à la production d’un foyer de pachyméningite externe; ce bourgeon fongueux comprime la moelle, et les lésions médullaires sont celles de la myélite par compression. En définitive, ce serait donc la compression qui, directement dans le premier cas, indirectement dans le second, produirait les lésions révélées par le microscope. >
Sans vouloir nier le rôle de la compression, nous croyons que, souvent, le phénomène est plus complexe. Notre étude montre, en effet, que le mal de Pott, indépendamment de la compression directe ou indirecte qu’il peut exercer sur la moëlle, est susceptible de se compliquer d’une myélite diffuse, présentant des caractères comparables à ceux des myélites tuberculeuses diffuses décrites par le professeur Raymond et ses élèves, et, qu’en outre, ces myélites tuberculeuses se rangent, au point de vue anatomo-pathologique, dans la même classe que les autres myélites infectieuses,
dont les caractères dominants sont : 1° la diffusion, 2* la propagation de l’infection par les gaines lymphatiques périvasculaires, ainsi qu’il résulte des travaux déjà anciens de M; le professeur Piefret et de ses élèves.