RECHERCHES EXPÉRIMENTALES
1. Du crâne ostéomalacique (en collaboration avec M. le professeur agrégé Paviol).
* ^ Pilce.,Ly™, 1003-04.) ^
Au cours d’un semestre passé dans le service de M. Paviot à riiospice des vieillards du Perron, nous avons eu l’occasion de faire de nombreuses autopsies de sujets atteints d’ostéomalacie sénile. Cette affection est plus fréquente qu’on ne le croit ordinairement. Meslay l’avait d’ailleurs déjà bien montré. Notre attention a été particulièrement attirée par les lésions du crâne ostéomalacique, lésions qui ne sont généralement signalées qu’incidemment dans les mémoires des divers auteurs. Les os du crâne paraissent être les moins touchés au cours du processus ostéomalacique, alors que les côles, les vertèbres le sont constamment ; il est rarement donné d’observer le vrai crâne ostéomalacique. L’examen des pièces anatomiques nous a d’ailleurs démontré que celui-ci pouvait se présenter sous différents aspects ;
Ces altérations crâniennes peuvent être ramenées à trois types principaux;
1“ Dans le premier type le crâne conserve son aspect général : mais les os sont ramollis et épaissis ; iis présentent un état spongieux, le scalpel suffit à entamer les os qui présentent la consistance du carton mouillé. Les sinus frontaux sont en général très petits, les sinus sphénoïdaux sont effacés (observations d’Anel, Morand, Stanski,Albertin,Bouley et Hanot, Meslay, Letulle et Peron, Mondan, etc.). Une
tuberculose des ganglions ainsi que M. Fernand Arloing en rapporte plusieurs cas dans sa thèse. L’examen histologique de Tuicération gastrique ne permit d’y déceler aucune formation spécifique. D’aitieurs, d’après M. le professeur Tripier, il est fréquent de voir les anciennes lésions tuberculeuses de l’estomac perdre à la longue leur caractère spécifique. Notre cas paraît devoir rentrer dans cette catégorie de faits.
L’intérêt actuel de notre cas est le suivant : le bacille de Koch parait avoir pénétré par l’estomac, mais, contrairement à ce que l’on observe d’ordinaire, il est resté localisé aux ganglions pancréatiques et abdominaux. Les ganglions trachéo-bronchiques ont été peu ou pas touchés. La tuberculisation par les voies digestives, sur lesquelles on discute tant aujourd’hui après Chauveau, Arloing, Behring, Calmette, Guérin, etc., parait être ici prise sur le fait. Mais elle s’est arrêtée à sa première étape, les ganglions pancréatiques ont gardé le bacille et proliféré, sous son action, et les ganglions thoraciques n’ont pas été atteints.
raniment dans les traités classiques ; ce n’est que dans le livre allemand de Max Borst que nous avons pu en trouver une description complète et une figure superposable à celle de noscoupes.lls’agissaitd’unpérithéliome. Cette tumeur, bien connue des Allemands, se développe le plus souvent aux dépens de la glande intercarotidienne qui même normalement peut être considérée comme un péritliéliome à l’état pur. Mais, comme l’indique Max Borst, cette tumeur peut se développer le long des trajets vasculaires en un point quelconque de l’organisme. On enobserve parfois dans le cerveau, leurdéveloppement se fait alors aux dépens du périthélium d’Eberth.
Notre tumeur, comme tout périthéliome, était essentiellement composée de deux éléments, des vaisseaux embryonnaires, ou du moins sans structure appréciable, gorgés de sang (notre malade avait eu des hémorragies abondantes au niveau de sa tumeur). Dans les espaces intercapillaires se trouvaient de volumineuses cellules, polymorphes, à protoplasma élargi et homogène. Ces traînées cellulaires entourant les vaisseaux peuvent être considérées comme nées aux dépens de la paroi externe du vaisseau lui-même, de son périthélium.
Au point de vue du pronostic, ces tumeurs s'accroissent généralement de façon assez lente, mais elles peuvent subir des poussées rapides. Leur malignité est moyenne. C’est assez dire que leur ablation s’impose.
A propos d’un cas de tumeur parotidienne dont l’examen histologique nous a révélé l’origine branchiale, nous avons repris l’étude des diverses théories capables d’expliquer ces tumeurs et tenté d’en faire la critique. Nous avons successivement envisagé : la théorie glandulaire, admise généralement par l’école française (Berger, etc.) ; la théorie conjonctive (admise par les Allemands, par Bosc et Janbrau, etc.), la théorie branchiale récemment soutenue par Veau.
Ces recherches consignées dans les thèses de nos deux collègues et amis Cavaillon et Leriche nous ont montré que les ganulions meme volumineux, observés autour d’une tumeur néoplasique de l’estomac ou de l’intestin sont, fréquemment indemnes de iésions-néoptasiques. La présence de ganglions ne doit donc pas, être .considérée comme une contre-indication à l’ablation totale du néoplasme.
9. A propos d’un cas de néphrite par le sublimé (Étude ■ clinique, histologique, expérimentale, en collaboration avec M. Mouisset).
A propos d’un cas d’intoxication par le sublimé, suivi
à leur maximum. L’épithélium était véritablement frappé de mort. Les cellules desquamées encombraient la lumière canaliculaires, réunies parfois entre elles et formant alors de véritables cylindres.
Les lésions étaient moins marquées sur les autres parties du tube urinifère.
Notre expérimentation a porté sur des rats blancs. Nous leur avons injecté S centigrammes de sublimé par la voie sous-cutanée. Us ont succombé en des temps variables. Chez tous ces animaux nous avons trouvé des lésions exae- ' tement superposables à celles observées chez l’homme, c’est-à-dire, congestion diffuse du parenchyme et particulièrement des glomérules de Malpigbi ; lésions maxima portant au niveau des tubuli contorti dont les cellules étaient frappées de nécrobiose.
tO. Cytologie pathologique dn rein dans la ndphrite expérimentale par le sublimé {en collaboration avec PolicardV
{Presse médicale, 20 décembre 1906.)
Poursuivant nos recherches expérimentales sur lanéphrite par le sublimé, nous avons appliqué à l'étude de ses lésions les méthodes cytologiques les plus récentes permettant de saisir d’heure en heure les modifications cellulaires. Nous avons intoxiqué un lot de rats blancs par des injections sous-cutanées de bichlorure de mercure (S centigrammes). Nous avons sacrifié ces animaux d’heure en heure. Nous avons pratiqué la fixation immédiate de l’organe dans des liquides capables de maintenir intacte sa structure histologique fine (Bouin,liquide deTellyenesky)ou vapeurs osmiques. Nous avons monté les pièces dans la paraffine. La coloration a été faite par les colorants électifs et délieats, éosine, hématéine, picro-bleu (coloration du tissu conjontif), hématoxyline ferrique, cuprique, etc. Ces méthodes nous ont permis de saisir les lésions fines de l’organe, les modifications protoplasmiques, nucléaires. Les cellules de tubuli
L’altération
cuticule striée se fait tardivement.
L’expulsion de vésicules sarcodiques peut se faire à travers elle, sans lésion appréciable. La formation des amas granuleux, qui par leur union deviennent de véritables cylindres granuleux caractéristiques d’une lésion profonde, a particulièrement appelé notre attention.
Nos coupes successives nous ont permis d’étudier la mort progressive de la cellule rénale sous l’effet du poison, et finalement sa chute dans la lumière du tube.
Ces processus cytologiques, nous ne citons ici que les principaux, nous ont permis de comprendre le mécanisme de l’anurie dans la néphrite expérimentale par le sublimé, aussi bien chez l’animal que chez l’homme. Dans tous les cas, les glomerules demeurent intacts,quoique très congestionnés. La nitration de i'eau reste donc possible à leur niveau, mais le cheminement du liquide ne peut plus se faire dans les tubuli contorti à cause de l’encombrement de ceux-ci par les cylindres granuleux ou épithéliaux amenant une véritable obstruction.
On sait de plus, depuis les recherches récentes, qu’à travers la cellule des tubuli contorti se produit normalement une filtration d’eau assez abondante, leur altération et leur