‹ Concours pour l'agrégation de médecine. Janvier 1901. Titres et travaux scientifiques... avec notes et corrections manuscrites de 1905Chapitre 7 sur 10 · PATHOLOGIE DE LA GROSSESSE · texte numérisé non relu

PATHOLOGIE DE LA GROSSESSE

Dans un premier cas, le résultat de l’ensemencement des fragments hépatiques fut positif; nous vîmes apparaître des colonies de staphylocoques blancs’et dorés. A l’autopsie, outre les lésions du foie habituellement constatées dans l'éclampsie, il existait une endocardite végétante de la valvule mitrale.

Dans ces végétations, les coupes firent reconnaître de nombreux amas de staphylocoques.

Dans le second et le troisième cas, des Iragments de foie furent ensemencés de la même manière, et les cultures restèrent stériles ; de même, la recherche des microbes dans les coupes du foie, atteint des lésions ordinaires de l’éclampsie, fut aussi négative.

Dans ces trois cas, la toxicité du sérum sanguin était considérable : il suffisait de 5, 4, 5 centimètres cubes de sérum-pour tuer un kilogramme de lapin.

La toxicité des urines ne put être examinée que dans le premier et le troisième cas. Dans l’un, elle était de 45 centimètres cubes par kilogramme de lapin; dans l’autre, de 50 centimètres

Ces trois faits nous paraissent prouver que l’éclampsie peut être l'aboutissant d’états pathologiques divers. Elle peut succéder b une infection généralisée, comme chez notre première malade, ou bien 5 une toxhémie non infectieuse, comme dans nos deux dernières observations.

Les recherches ultérieures ont confirmé notre manière de voir, car on n’a pas encore découvert le microbe de l’éclampsie.

3.— Ectasie des canaliculaires biliaires chez un nouveau-né, coïncidant avec une dégénérescence kystique des reins. Société de Biologie, 22 décembre 1894, p. 835.

Nous avons observé chez un nouveau-né, non monstrueux,

mort onze jours après sa naissance, des ectasies très nombreuses des canalicules biliaires, avec sclérose intense autour des

grossesse. Congrès de Gynécologie, d'Obstétriqna et de Pédiatrie de

Une femme, enceinte de huit mois environ, entre à l’hôpital Saint-Louis avec une fièvre intense, en présentant quelques

C’est la môme maladie, dite indigène, si elle ne se développe pas, et asiatique, si elle fait de nombreuses victimes. Les germes de l’épidémie actuelle ont peut-être été conservés dans le sol depuis 1885? A ce sujet, on ne peut faire que des hypothèses, mais il est impossible de ne pas reconnaître que les faits observés par nous actuellement doivent modifier les idées qui avaient cours sur la genèse du choléra en Europe. Les cas de choléra que nous venons de décrire, malgré leur petit nombre, semblent résumer toutes les modalités de l’épidémie actuelle ;

la démonstration du bacterium coli commune, comme cause de ces cas de choléra, nous avons pu observer chez un malade une apparence de contagion manifeste : la mort était survenue à la suite d’accidents cholériformes des plus nets chez cet individu, infirmier du dortoir, qui avait soigné un cholérique et avait

au bacille typhique, sa; condamnés au choléra risante du bacterium

deux agents pathogènes; dans l’épidémie de 1895, l’absence de bacille virgule, notée par tous les auteurs, coïncide avec la bénignité de cette épidémie, 'qui serait peut-être devenue terrible si le bacille virgule s’y était associé, le coli-bacille seul ayant acquis une virulence telle que les malades ont succombé.

« Ces données rendent compte de l’immunité de certaines villes contré le choléra, comme Metchnikolf l’avait remarqué.

L'ASPERGILLOSE

1. — Recherches cliniques et expérimentales sur la pseudo-tuberculose aspergillaire. These de Pam, 26 janvier 1893.

Le point de départ de tout ce travail a été l’entrée de deux malades gaveurs de pigeons dans le service du professeur Dieulafoy à l’hôpital Necker : ces deux malades présentaient cliniquement tous les signes que MM. Dieulafoy, Chantemesse et Widal et M. Potain, dans des travaux antérieurs, avaient nettement indiqués (hémoptysies, signes de ramollissement pulmonaire, absence de bacilles de Koch et présence d’aspergillus dons les crachats).

Nous nous sommes efforcé d’isoler le champignon dans l’expectoration des gaveurs, et nous avons éprouvé les plus grandes difficultés en utilisant les milieux ordinaires (bouillon, gélose) qui nous ont toujours donné des résultats négatifs. Nous avons alors employé un milieu acide et minéral, le liquide de Raulin, en tubes stérilisés à l’autoclave à 120, et nous avons obtenu immédiatement des cultures d’aspergillus dans les crachats ensemencés de cette façon. Le champignon isolé présentait sur tous les milieux de culture (moût de hière, liquide de Raulin, pomme de terre, pain humide, etc.) des caractères identiques à celui qu’avaient bien voulu nous donner M. Chantemesse et M. Roux : le pouvoir pathogène était le même pour les animaux (pigeons, lapins). Cet aspergillus fuinigatus ne s’est rencontré que dans les crachats des deux malades : des ensemencements de crachats de tuberculeux ordinaires ont toujours été négatifs. Des cobayes inoculés avec l’expectoration des deux gaveurs de pigeons sont morts de tuberculose bacillaire de Kocb, ce qui prouvait la coexistence chez eux des deux parasites (aspergillus et bacille).

Après l’étude de la morphologie, des cultures, du pouvoir pathogène du champignon, nous avons recherché comment les

L’ASPERGILLOSE. 39

les témoins. L’essai d’immunisation, par ce moyen, ne peut donc réussir; non plus que celui fait par l’injection d’une très petite quantité de spores virulentes sans danger immédiat, suivi de celle d’une grande quantité de spores. Dans ce cas, cependant, les animaux résistent fort longtemps, et présentent une tuberculose aspergillaire chronique qui peut durer de deux mois et demi à cinq mois, susceptible peut-être de guérison.

4. — Du processus de curabilité dans la tuberculose aspergillaire.

Société de Biologie, ifi mars 1893, p. 169.

Le tubercule aspergillaire peut passer à l’état fibreux ; chez un lapin atteint de tuberculose aspergillaire chronique expérimentale, sacrifié cinq mois et demi après le début de l’infection, alors qu’il paraissait complètement guéri, j’ai trouvé un rein couturé de cicatrices, véritable rein ficelé, parsemé çà et là de petites dépressions cupuliformes, vestiges d’anciens tubercules. A .la coupe, il s’agissait d’un tissu de sclérose en pleine évolution, avec éléments embryonnaires et éléments conjonctifs adultes plongés au milieu d’uu tissu rénal relativement sain. Dans un tubercule fibreux, il existait des corps rayonnés semblables à l’actinomycose.

Le processus de sclérose parait curateur de la tuberculose aspergillaire comme de la tuberculose bacillaire de Koch ; il

hérité de l’infection mycosique, ce qu’expliquait d’ailleurs l'absence de champignon dans l’utérus.

8. — Deux cas de turberculose aspergillaire simple chez des peigneurs de cheveux. Société de Biologie, 26 oclobre 1895, p. 091, et Gazette hebdomadaire de Médecine et de Chirurgie, 10 novembre 1895, p. 542.

les vieilles spores non réensemencées injectées aux lapins ne les tuent pas, alors qu’ils succombent à l’inoculation d’une même quantité de jeunes spores. La survie des animaux est due, non pas à la mort de certaines spores de vieilles cultures, ce qui réduirait d’autant la dose active de spores injectées, mais bien à une atténuation véritable de leur virulence : toutes en effet se développent sur boîtes de Pétri, mais moins rapide-

Les lapins qui avaient survécu étaient-ils vaccinés? Tout ce que Ton peut dire, c’est qu’ils ont pour la plupart supporté sans dommage une injection d’une quantité énorme de spores virulentes qu’on n’ose pas donner à des animaux en voie d’immunisation depuis plusieurs mois.

10. — Aspergillose pulmonaire et tuberouiose aspergillaire. Beviie

de Clinique et de Thérapeutique, iO janvier 1896, p. 20.

Ce travail est une véritable revue générale qui fixe en une étude d'ensemble toutes les notions connues au début de l’année 1896, sur l’aspergillose pulmonaire de l’homme. C’est de plus une réponse faite à la critique exposée en Allemagne par Max

M L'ASPEItGILLOSli.

16. — Passage du mycélium de l’aspergillus fumigatus daus les

urines, au cours de l’aspergillose expérimentale. Société de Bio-

Lorsque, chez des lapins inoculés par la voie veineuse avec des spores virulentes d’aspergillus fumigatus, on examine l’urine recueillie dans la vessie après la mort, on y rencontre presque toujours du mycélium : la présence de ce dernier se constate facilement par les cultures sur liquide de Raulin et par l’examen du dépôt centrifugé. L’urine contient de plus de l’albumine, ainsi que l’avaient observé déjà Grawitz et Kaufmann. Si les recherches portent sur l’urine recueillie de la même façon chez des lapins sacrifiés un temps variant de 24 à 48 heures après l’injection, on y trouve d’autant plus souvent du mycélium qu’on s’éloigne du moment de l’inoculation. Chez des animaux sacrifiés 5, 7,18 et 15 minutes après l’injection, on ne constate pas de spores dans l’urine : elles n’ont pointencore traversé le filtre rénal.

Ces recherches ont permis de mettre en lumière dans tous les cas l’intégrité de l’uretère, alors que la vessie était souvent atteinte. Ces lésions vésicales, de forme tuberculeuse, amènent

encore libre, et la réaction phagocytaire ne s’exerce réellement que vers la douzième heure, quand le parasite suit son développement normal ; elle tend à limiter la marche envahissante dumycélium. Si l’on emploie la méthode deBordet, on voit qu’il en est de même in vitro, et qu’au bout de trois heures c’est la minorité des spores de ce champignon qui est incluse dans les leucocytes, alors que la presque totalité est parfaitement libre. In vitro, il en est tout autrement pour les spores de l’aspergillus niger, qui, bien que plus grosses, sont englobées en plus grand nombre et beaucoup plus rapidement par les globules blancs; ces spores conservent leur vitalité dans l’organisme du lapin.

Ces recherches mettent hors de doute l’action de la leucocytose au début de l’infection aspergillaire. Les réactions des globules blancs, intenses pour les deux parasites chez la grenouille, intenses pour le champignon non pathogène, médiocres et presque nulles pour le champignon pathogène chez le lapin, sont peut-être la raison directe de leur pouvoir virulent, sans qu’il soit possible d’expliquer la cause intime du phénomène

:,'ASPEnGILL

19. — Étude sur l’aspergillose chez les animaux et chez l’homme, i vol de xii-50i p. avec li fig. dans le texte. Paris, 1897.

Dans notre Introductimi, nous indiquons le plan de l’ouvrage, qui comprend trois parlies, la première traitant de l’aspergillose spontanée des animaux, la secondé de l’aspergillose expérimentale et la troisième de l’aspergillose de l’homme.

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