Immobilisation des membres et purpura
Le développement de taches purpuriques et même d’ecchymoses sur les membres fracturés est un fait connu depuis longtemps, mais on n’avait jamais élucidé leur mode de production.
Voyant que ces extravasations sanguines se développaient au moment où l’on enlevait l’appareil ou lorsque le malade se levait, et constatant que dans certains cas elles n’apparàissaient que sur les segments de membre antérieurement soumis à la compression d’un appareil ; que, de plus, on pouvait empêcher localement leur production par l’application d’un bandage circulaire, au-dessus et au-dessous duquel
le développement de l’éruption purpurique et le changement brusque de la tension vasculaire qui se produit dans ces circonstances.
On sait, depuis les travaux de Marey, que le calibre des vaisseaux capillaires est maintenu à peu près constant par suite de l’établissement d’une sorte d’éqüilibre entre là tension intravasculaire d’une part, la contractilité des vaisseaux et la résistance des tissus voisins d’àutre part. Par suite de la décompression qui suit l’ablation de l’appareil, de l’augmentation de la pression intravasculaire qui suit le passage de la station horizontale, à la station debout, il y a rupture
brusque de cet équilibre, dilatation des capillaires, et, comme par le fait du traumatisme, de l’immobilisation, etc., la nutrition des capillaires a été entravée, le vaisseau brusquement dilaté se rupture.
Les petites hémorrhagies, qui se produisent alors, ne présentent aucune importance au point de vue du pronostic de la lésion qu’elles accompagnent ou qu’elles suivent.