CONCLUSIONS
De ces diverses considérations et de cet exposé quelle a tenu à rendre aussi sommaire que possible, la Commission eroit pouvoir conclure ainsi qu’il suit :
1“ Le concours ouvert par la Ville de Paris, en vue de rechercher le meilleur procédé d’épuration ou de stérilisation des eaux de rivière pour l’alimentation d’une ville ou d’établissements populeux, témoigne une fois de plus qu’il est actuellement impossible d’obtenir par aucun liltre, grand ou petit, et d’une manière permanente, une eau comparable à l’eau de source convenablement choisie, bien captée et suffisamment protégée. La véritable épuration de l’eau de boisson consiste dans l’approvisionnement en eau de source.
2° Les conditions actuelles de l’alimentation de Paris en eau potable rendent nécessaire, notamment pour parer aux insuffisances momentanées de l’approvisionnement en eaux de sources, l’installation d’appareils susceptibles d’assurer à tout ou partie de l’agglomération des eaux de rivières recueillies dans les conditions les plus favorables et convenablement épurées avant leur distribution.
3“ Le seul procédé qui paraisse actuellement applicable à la filtration en grand de tout ou partie de l’eau d’alimentation consiste dans l’épuration par le sable, avec ou sans addition de procédés d’oxydation des matières organiques à l’aide de réactifs inolTensifs, avec ou sans addition de bassins de décantation.
4” Quel que soit le procédé adopté, il doit être fobjet d’une surveillance constante, tant au point de vue de son fonctionnement technique qu’à l’égard de l’analyse chimique et de l’analyse bactériologique ; les dispositifs doivent être tels que, si une partie quelconque du liltre devient suspecte ou défectueuse, elle puisse être immédiatement supprimée et remplacée par une autre partie préalablement préparée à cet effet.
5° Lorsque, dans une agglomération limitée, telle qu’une école, un lycée, une caserne, un hôpital, etc., l’eau distribuée est suspecte ou manifestement souillée, il faut alors, quand elle doit servir comme eau de boisson, la faire préalablement bouillir et la maintenir aérée à l’abri des poussières atmosphériques. Il convient, en pareil cas, de proscrire tous procédés de filtration ou d’épuration jusqu’ici connus, dont l’entretien, le nettoyage et la surveillance sont pratiquement irréalisables.
Le llapporlettr,
A.-J. Martin.
Paris, 3i Mars i8g6,