‹ Concours pour l'épuration ou la stérilisation des eaux de rivière destinées à la boissonChapitre 2 sur 13 · CONSOMMATION ET COMPOSITION DES EAUX A PARIS · texte numérisé non relu

CONSOMMATION ET COMPOSITION DES EAUX A PARIS

Avant de rendre compte des travaux de la Commission et d’exposer leurs résultats, on nous permettra de rappeler à quelles préoccupations répondait le Conseil municipal, sur l’initiative de M. Paul Strauss, en instituant ce concours,

Autrefois, l’eàu dont disposait une ville paraissait bonne à tous usages ; elle servait indistinctement à la boisson et au lavage. Aussi l’on utilisait sans défiance les eaux superficielles, et on ne redoutait pas de faire des emprunts aux rivières traversant les cités même les plus peuplées. Belgrand, devançant les théories scientifiques modernes et mùpar un souci constant et supérieur de tous les besoins de l’hygiène et de la salubrité, fit admettre pour l’alimentation de Paris une distinction absolue. Il résolut de cesser de prendre l’eau de boisson au fleuve souillé par ses riverains et de l’aller chercher dans des régions éloignées, pourvu qu’elle pût être captée et amenée, « bien minéralisée, affranchie de toutes matières organiques inertes ou vivantes, pourvue d’une température modérée et constante ». De là, l’affectation des eaux de l’Ourcq, de la Seine, de la Marne et des puits artésiens à l’arrosage ou nettoyage, aux usages industriels, et, pour l’alimentation proprement dite, pour le service privé, les magnifiques travaux des amenées des eaux de la Vanne, de la Dhuis, puis de la Vigne et du Verneuil, bientôt du Loing et duLunain.

Malgré les efforts considérables de ses ingénieurs et malgré les sacrifices généreusement consentis par le Conseil municipal, la Ville de Paris n’a pas encore pu achever sa tâche. Jusqu’à ce que les habitants de Paris aient pu recevoir dans tous les immeubles, à tous les étages et en tout temps, sauf des circonstances exceptionnelles, de l’eau de source de bonne qualité et en quantité suffisante, bien des années encore s’écouleront. D’ici là, force sera de continuer à user plus ou moins partiellement des eaux de rivière. Celles de la Seine et de la Marne, à l’exclusion de l’eau de l’Ourcq, sont d’ailleurs admises dans l’alimentation, à titre d’eaux potables, par l’article 24 du règlement du 2.0 juillet 1880, approuvé par arrêté préfectoral du i 3 août suivant, et qui n’autorise rabonnement à cette dernière que pour des usages industriels ou de ménage exclusivement. D’autre part, même pour les eaux de source, il faut prévoir les cas de force majeure qui peuvent en entraver momentanément l’amenée, à savoir la rupture des aqueducs en cas d’investissement ou par suite d’usure ou d’accidents à ces ouvrages, ainsi que l’appauvrissement momentané des sources; pour toutes ces circonstances, un remède efficace doit être constamment préparé.

La Ville de Paris reçoit et consomme aujourd’hui une quantité d’eau qui la met au rang des capitales bien dotées pour leur alimentation (i).

En 1895 , on y a consommé 199,162,250 mètres cubes d’eaux de sources et de rivières, se répartissant comme suit :

Eau consommée a Paris en iSgS

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