‹ Condamnations arbitrairesChapitre 24 sur 53 · V. Que le même archevêque de Québec n'a pas hésité · texte numérisé non relu

V. Que le même archevêque de Québec n'a pas hésité

de descendre dans la press3 pour y combattre, à la face du pays, par des lettres de sa main, des évêques universellement vénérés parmi nous tant pour leur prudence et la sainteté de leur vie, que pour leur inviolable attachement à la chaire de Pierre et leur zèle constant à défendre les doctrines romaines contre les • erreurs modernes ;

Que J'on a fait agir à Rome de hautes influences libérales de ce pays, comme il est facile de le prouver par les écrits et les démarches de certains personnages politiques et autres; et que l'on a, de fait, obtenu du Saint-Siège, dans ces derniers temps, des documents que l'on s'est empressé de faire publier, dans les journaux, documents qui condamnaient les luttes faites ici par les plus vaillants soldats de l'Eglise, infligeaient un blâme immérité à l'éminent évêque des Trois-Rivières et au clergé canadien, et défendaient spécialement, de revendiquer quelques-uns des droits susmentionnés ;

Que l'on a réussi à obtenir de Rome plusieurs documents basés sur des renseignements absolument faux et connus comme faux dans tout le pays; et que la publication de tels documents par l'archevêque de Québec a grandement diminué parmi nous le prestige et l'autorité du1 Saint-Siège;

Que plusieurs de nos évêques, cédant vraisemblablement à une pression exercée par le Métropolitain, non seulement se montrent hostiles à ceux d'entre nous qui font la lutte dans la presse et sur le terrain politique, mais ont même lancé des lettres circulaires condamnant des œuvres ultramontaines pu fulminant des censures contre l'Ecole catholique de médecine de Montréal, institution jouissant de l'estime universelle, animée d'un esprit de docilité parfaite envers l'Ordinaire et le Siège apostolique, et qui refusait seulement de croire que le Saint-Père, par ses décrets, eût eu l'intention de fouler aux pieds la justice et même le droit naturel :

VI. Que, dans leur douleur à la vue des maux présents qui les accablent et des maux plus grands encore qui menacent de fondre sur leur patrie et de l'entraîner dans l'abîme d'une révolution imminente, des catholiques sincèrement dévoués à l'Eglise se sont récemment rendus à Rome pour y exposer leurs justes plaintes, surtout pour y faire connaître la vraie position des catholiques en cette Province de Québec, en démontrant que nous possédons de droit une entière liberté religieuse, liberté garantie sur la foi des Traités et reconnue par le droit public et qu'en fait nous n'avons qu'à le vouloir pour nous gouverner catholiquement, puisque nous avons la faculté de faire nos propres lois, de conduire l'œuvre de l'éducation comme nous l'entendons, de maintenir les immunités ecclésiastiques, de forcer en un mot une faible minorité protestante à respecter tous nos droits, si par des concessions intempestives,, nous n'encourageons pas nous-mêmes les ennemis de l'Eglise et de notre nationalité à s'unir pour nous attaquer et nous dépouiller;

Qu'au lieu d'être accueillis, entendus et écoutés,, comme ils l'avaient espéré, plusieurs de ces catholiques, sans doute par suite de calomnies lancées d'ici sur leur compte, ont été rebutés et maltraités à Rome même et jusque sous les yeux de certains officiers pontificaux, au grand scandale de nos bonnes populations, qui ne peuvent comprendre comment il nous devient difficile d'avoir accès auprès du Père commun des fidèles pour lui exposer nos peines et nos besoins ;

Que même une lettre de Son Erninence Siméoni, en date du 31 décembre 1881, lettre contresignée de Mgr Mazotti secrétaire de la Propagande, et immédiatement communiquée à la presse du pays par Mgr l'Archevêque dans le but évident de perdre ceux qu'elle désignait, se terminait ainsi : « Les individus gui se disent défenseurs de Montréal et

qui restent encore à Rome, le font contre la volonté du St-Père, et abusent ainsi des circonstances politiques actuelles » ;

Que, d'après les circonstances et la forme même de la lettre susdite, tout le monde a pu croire que « les individus » ci-dessus désignés par le Préfet de la Propagande, n'étaient autres que Mgr I. Bourget, ancien évêque de Montréal et aujourd'hui archevêque de Martianopolis, le créateur de l'œuvre des zouaves pontificaux au Canada; Mgr L.-F. Laflèche, évêque des Trois-Rivières, le plus ardent promoteur, après Mgr Bourget, du mouvement zouave parmi nous ; M. le chanoine E. Moreau, aumônier des zouaves pontificaux canadiens et l'honorable sénateur Trudel, ancien membre du comité de recrutement des zouaves pontificaux canadiens — tous quatre étant à Rome vers cette époque pour affaires de la plus haute importance intéressant tout le pays ;

Que la lettre de Son Eminence le cardinal préfet, ainsi interprétée publiquement sans contradiction ou rectification quelconque, a causé l'émotion la plus vive et la plus pénible dans les rangs de tous les catholiques du Canada et spécialement parmi les anciens zouaves pontificaux plus immédiatement frappés dans la personne de ceux-là mêmes qui se sont montrés les plus dévoués à la sainte cause;

VIL Que, malgré l'espoir que fit naître dans tous les cœurs l'envoi d'un Commissaire catholique au Canada, la situation religieuse de ce pays, même depuis l'arrivée de Votre Excellence, il y a plus d'un an, semble s'être aggravée, témoin entre autres les faits suivants :

1° La continuation des injustices, des intrigues et des scandales publics et par suite, une diminution chaque jour plus sensible de l'influence catholique, de l'autorité du clergé inférieur, des Evêques, et même du Saint-Siège;

2U La démarche si étrange de l'Archevêque de Québec, qui, tournant le dos au représentant du Saint-Siège chargé

d'examiner sur les lieux la question de la division du diocèse des Trois-Rivières, va faire des instances pour faire rappeler à Rome cette question malheureuse et concourt de la sorte à prolonger ce qui est devenu le sujet d'un immense scandale pour tout le pays, personne ne pouvant découvrir autre chose, dans la demande de division du diocèse des Trois- Rivières, que l'effet de la passion et le désir de ruiner l'influence du plus intrépide défenseur des doctrines romaines contre le libéralisme canadien;

3° Le document romain du 14 août dernier, qui, au lieu d'accorder à l'Ecole catholique de médecine de Montréal une réparation telle que semblaient absolument l'exiger et la dignité du Saint-Siège et les lois de la plus vulgaire justice, laisse encore presque sans protection cette institution tant et si longtemps outragée dans sa réputation et presque ruinée matériellement, tandis que le recteur de l'Université Laval et l'archevêque de Québec qui l'ont persécutée, au lieu d'être punis, sont comblés de nouvelles faveurs ;

4° Les bruits injurieux pour le représentant du Saint- Siège, bruits mis en circulation jusque sous les yeux de Votre Excellence par cette presse libérale qui se constitue partout et en tout l'appui de l'archevêque de Québec et de l'Université Laval;

5° Les attaques de plus en plus fréquentes des mauvais journaux contre les catholiques, pendant que les quelques bons journaux, chaque jour sur le point de succomber par défaut de ressources matérielles, sont accusés de troubler la paix et de manquer à la charité dès qu'ils réfutent des calomnies sans cesse dirigées contre eux et voient les préjugés se multiplier contre eux dans l'esprit même de ceux qui sont le plus spécialement chargés par leur état de les aider charitablement, de les soutenir de leur haute influence et de les protéger comme une œuvre que les souverains

pontifes ont reconnue et déclarée publiquement être aujourd'hui nécessaire au bien de l'Eglise;

6° Les divisions toujours plus profondes entre les catholiques et jusqu'au sein même de l'épiscopat, divisions parfaitement connues du public, grâce surtout aux perfides indiscrétions de certains libéraux dits catholiques, qui tiennent la, mauvaise presse au courant de toutes nos misères intérieures;

7° L'antipathie visiblement croissante contre l'archevêque de Québec, antipathie que le seul nom de Mgr Taschereau suffit, à faire éclater dans tout le pays à cause de son caractère mieux connu, de sa conduite de plus en plus opposée à celle de ses prédécesseurs et des marques publiques de sympathie que tous les ennemis de l'Eglise ne cessent de lui prodiguer;

8° Les amères moqueries, dont les catholiques les plus méritants sont devenus l'objet de la part des ennemis jurés de l'Eglise, qui leur rappellent combien les procédés de la Propagande pour le règlement des questions les plus graves contrastent d'une manière choquante, sous le rapport de l'esprit de justice et d'honnêteté, avec les procédés de nos moindres tribunaux civils;

9^ Les accusations de révolte contre le Saint-Siège, dont on accable oeux qui, ne pouvant absolument ne pas voir les faussetés trop évidentes contenues dans des documents émanés de la Propagande au nom du Saint-Père, s'arrêtent à l'idée, afin d'exonérer au moins le Pape de tout blâme, qu'il faut reconnaître en cela l'œuvre de quelques employés malhonnêtes de la Congrégation ou de quelques intrigants étrangers qui ont dû, en une manière ou une autre, surprendre sa bonne foi;

10° Les sarcasmes lancés contre les soussignés en leux

qualité de zouaves pontificaux par les libéraux, qui, en s'appuyant sur la lettre susdite .du cardinal Siméoni, prétendent que ce pouvoir temporel, pour lequel les zouaves pontificaux ont combattu, pourrait bien un jour, s'il était rétabli, servir à repousser les fidèles enfants de l'Eglise, nos propres enfants, peut-être, lorsque, des contrées les plus éloignées, ils se rendraient à Rome pour exposer au Père commun, leurs doutes, leurs peines et leurs difficultés ;

11° La continuation des empiétements de l'Eia'; dans le domaine de l'éducation, œuvre néfaste qui se fait de la manière la plus insidieuse, sous le couvert des évêques et grâce surtout à l'influence de l'archevêque de Québec selon l'aveu formel des libéraux;

12° L'ardeur que mettent certains journaux soi-disant catholiques à couvrir la franc-maçonnerie, même depuis l'Encyclique Humanum genus, en s'autorisant publiquement de plusieurs lettres épiscopales pour justifier leur propre conduite et attaquer avec une extrême violence tous ceux qui, selon la recommandation de Léon XIII, s'efforcent de démasquer les sociétés secrètes;

VIII. Que toutes les tentatives faites depuis plus de 20 ans pour arriver, par voie administrative, à un règlement satisfaisant el durable de nos difficultés religieuses, ont, comme le prouve l'expérience, malheureusement échoué;

Que, même les enquêtes canoniques, faites sur les lieux, par un Commissaire apostolique mais en la forme dite paternelle, ne paraissent pas offrir toutes les garanties désirables de justice et de sécurité, dans nos principales questions qui portent sur des matières contentieuses au premier chef et qui sont à la fois si graves et si compliquées, vu surtout :

1° La violence des passions engagées dans le débat et le puissant réseau d'intrigues dont jusqu'ici tout paraît encore enveloppé ;

2° La vigoureuse opposition à redouter de la part de certaines personnes influentes, qui se trouvent déjà gravement compromises et qui le seraient bien davantage par un règlement des dites questions dans un sens conforme à la justice;

3° L'impossibilité, en suivant le mode paternel, de se procurer certains documents et témoignages nécessaires à la manifestation complète de la vérité et du droit;

4° La difficulté de contrôler l'exactitude parfaite et la certitude absolue de tous les points contestés entre les parties adverses, sans l'examen contradictoire, des dites parties et les dépositions faites sous la foi du serment;

5° La possibilité, par là friême, pour des personnes habiles et peu scrupuleuses, de représenter comme faussés ou du moins douteuses, incertaines en matière de pure opinion, les conclusions d'une enquête non juridique;

6° L'insuffisance, par conséquent, de ce mode d'enquête, au moins dans des cas tels que ceux dont il s'agit, pour établir la vérité de manière à défier la contradiction et à déjouer toute intrigue possible : c'est-à-dire, en d'autres termes, l'insuffisance du mode paternel dans les circonstances présentes, pour imposer à tous le respect d'mie sentence équitable et protéger efficacement les parties lésées et le juge enquêteur lui-même;

IX. Que les soussignés savent que le mode juridique est une procédure régulièrement établie dans l'Eglise dans le but d'arriver le plus sûrement à la solution équitable des questions difficiles et d'un caractère litigieux; et que l'Eglise donne à tous ses enfants, qui le demandent pour de graves motifs et dans un esprit de> respectueuse soumission à ses lois, le droit de recourir à une telle procédure;

Que beaucoup de personnes parmi les plus graves, les

plus sincèrement dévouées à l'Eglise et les plus spécialement intéressées dans nos diverses questions, ont déjà demandé avec instance, et qu'un plus grand nombre encore demandent présentement que la forme juridique soit suivie dans l'examen des dites questions, convaincues que là seulement se trouvera une protection sérieuse pour le juge et les parties;

Que le refus d'accorder le bénéfice du mode juridique, dans les circonstances présentes, pourrait paraître aux yeux de plusieurs un déni de justice et — ce qui serait le comble du scandale — faire soupçonner même de hauts personnages ecclésiastiques au service du Saint-Siège et agissant officiellement en son nom, de trahir leur devoir et d'être secrètement de connivence avec les partisans de l'erreur et de l'iniquité, comme l'histoire de l'Eglise prouve que la chose peut malheureusement arriver surtout à certaines époques plus tourmentées, telles que celle où nous vivons;

Que le mode juridique semble être désormais le seul moyen qui reste pour réhabiliter dans l'opinion du peuple canadien-français l'honneur si gravement compromis du Saint- Siège en ce pays;

Que loin de faire du scandale, la procédure juridique réparera le scandale déjà fait et resté jusqu'ici sans réparation, en rétablissant l'ordre par la recherche diligente des coupables et le châtiment des crimes déjà parfaitement connus du public mais malheureusement encore impunis; et que, du reste, ce que demandent les intéressés dans nos questions, ce n'est pas la procédure solennelle, mais la procédure sommaire bien que juridique, procédure qui, avec des précau;ions, peut avoir lieu sans le moindre inconvénient, surtout dans un pays catholique comme celui-ci ;

Que la demande d'enquêtes juridiques sur les questions et pour les raisons ci-dessus mentionnées, semble aux soussignés si conforme à la saine raison et à l'esprit de l'Eglise qu'ils croiraient eux-mêmes manquer à un grave devoir et s'exposer à de graves reproches que pourrait leur adresser

plus tard le Saint-Père, si, voyant ce qu'ils voient, ils ne faisaient pas un suprême effort pour obtenir de telles enquêtes et procurer par là une paix véritable et durable pour ce pays;

Enfin, que les délais à accorder ces enquêtes juridiques^ que sollicitent en vain tant de fidèles enfants de l'Eglise depuis votre arrivée au Canada, ont déjà malheureusement beaucoup diminué la confiance que tous les catholiques ont d'abord reposée en Votre Excellence; et que, si ces délais se prolongent encore, il y a danger de voir toute confiance disparaître pour faire place à un découragement général;

c'est pourquoi

Au nom de cette race canadienne-française, qui, par sa foi robuste, ses belles traditions chrétiennes, sa merveilleuse fécondité et la position géographique si avantageuse qu'elle occupe, au milieu de la Confédération canadienne,; dans la province de Québec, est évidemment destinée à jouer un rôle important dans la diffusion des grandes vérités religieuses sur ce continent 'd'Amérique ;

Au nom de ce dévouement inaltérable, qui porta un jour les soussignés à tout sacrifier et les porterait à faire avec joie les mêmes sacrifices encore aujourd'hui, au moindre signe du Saint-Père, pour aller défendre par la force armée les droits sacrés de ce Siège apostolique, la plus haute personnification de la justice et de la vérité ici-bas ;

Au nom de cette Eglise de Dieu dont l'honneur doit être si cher à tout chrétien;

Les soussignés osent supplier très instamment Notre Très Saint-Père le Pape Léon XIII, glorieusement régnant et actuellement représenté au milieu d'eux par Votre Excellence, de vouloir bien ordonner des enquêtes juridiques dans le but de constater d'une manière absolument certaine et indubitable pour tous, la situation religieuse de ce pays, la

Vers l'Abime.

gravité, l'étendue et la cause véritable des maux susmentionnés ;

Que, par l'emploi du mode juridique, les artifices du libéralisme soient enfin mis à nu et ses agents démasqués; Que, pour mettre un terme au scandale et prévenir le retour de quelque chose de semblable à l'avenir, ceux qui,par leurs démarches coupables, ont trompé le Saint-Siège et gravement compromis son honneur aux yeux de tout ce pays, soient avec soin recherchés et punis d'une manière exemplaire, quels que soient leur condition, leur rang ou leur dignité ;

Que ce soit, désormais, un fait avéré pour tous que la province de Québec est en immense majorité catholique et jouit d'une autonomie propre, ayant son gouvernement particulier avec plein pouvoir de se régir catholiquement comme il est dit plus haut; et que le fanatisme protestant, bien que les libéraux cherchent sans cesse à le provoquer afin de l'agiter ensuite comme un épouvantail aux regards des. timides et des lâches, est et sera toujours impuissant à empiéter sur les libertés religieuses des catholiques de ce pays, si ceux-ci ne sont pas disposés à les sacrifier volontairement ;

Qu'il soit reconnu comme une chose incontestable que tous les chrétiens, et spécialement les hommes publics et écrivains catholiques, ont le droit et même le devoir de combattre la franc-maçonnerie, le libéralisme, l'éducation d'Etat et toutes les erreurs religieuses et sociales ;

Que la presse catholique soit recommandée et encouragée et que les journalistes habiles et sincèrement dévoués à l'Eglise, loin d'être exclus de la loi commune de la charité,: soient traités par tous les évêques conformément aux directions contenues dans l'Encyclique Inter multipliées et autres documents pontificaux;

Qu'il soit mis hors de doute que l'Université Laval est un engin de libéralisme parmi nous ;

Que par-dessus tout, il devienne évident pour le Saint-Siège, par le moyen des enquêtes juridiques, que l'épiscopat de Mgr E.-A. Taschereau, archevêque actuel de Québec, a été jusqu'ici une vraie calamité pour ce pays, par l'appui qu'il a donné aux libéraux, par les efforts scandaleux qu'il a faits pour ruiner l'influence de NN. SS. Bourget et Laflèche, et plus encore par les divisions qu'il a provoquées au sein des évêques canadiens et qu'il s'est empressé de rendre publiques et par les coups terribles qu'il a portés à l'honneur et à l'autorité du Saint-Siège, soit en abusant de son nom, soit en le trompant ou ne l'éclairant pas lorsqu'il le devait, soit en publiant des documents pontificaux qui n'étaient pas destinés au public ou qui contenaient des renseignements évidemment faux; et que, vu ses antécédents, son caractère et la disposition actuelle des esprits dans cette province, le dit archevêque ne pourra plus rien désormais pour arrêter le mal qui s'aggrave chaque jour et menace déjà d'une ruine imminente le petit peuple catholique canadien-français.

En terminant, les soussignés demandent humblement au Saint-Père, dont malgré leur indignité ils veulent être,- à la vie et à la mort, les enfants les plus soumis et les plus aimants comme les défenseurs les plus dévoués, de leur permettre, dans sa bonté paternelle, de lui ouvrir leurs cœurs avec confiance et de lui déclarer en toute sincérité, devant le Dieu qui doit les juger un jour, qu'en parlant comme ils viennent de le faire, ils ne croient pas avoir rien exagéré; et qu'en déposant la présente supplique aux pieds de Sa Sainteté, par l'intermédiaire de Votre Excellence, ils n'ont d'autre motif que le bien de leur chère patrie, l'honneur de la Sainte Eglise romaine, leur mère et la plus grande gloire du Christ Roi, dont ils sont heureux de reconnaître le Vicaire en la personne de Léon XIII.

Les soussignés prient donc respectueusement Votre Excellence de vouloir bien faire parvenir sans délai leur humble supplique à Sa Sainteté.

Et ils ne cesseront de prier.

(Suivent les signatures, commençant - par celle de feu B. A. T. de Montigny, premier zouave pontifical canadien; chevalier de Pie IX, juge recorder de la cité de Montréal — puis vient le certificat d'authenticité et de conformité au document original, dont un exemplaire a été remis à Son Excellence Mgr H. Smeulders; les autres sont conservés par d'anciens zouaves établis en diverses parties du Canada.)

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