Voir lettre-circulaire à son clergé, n
de se renseigner et, par suite, de s'instruire, demanda à un vieux prêtre, que je voudrais compter au nombre de mes amis, ce qu'il pensait de l'opinion exprimée par Mgr J. Fèvre, concernant le cardinal TaschereaU-, dans sa Vis ds Paul Tardivel \.
» Le bon prêtre ainsi interpellé se contenta de répondre (c'était en mai 1908) : « Mgr Fèvre, dans sa Vie de Tardivel, » n'a pas dit sur le cardinal Taschereau la moitié de ce » que l'Histoire impartiale devra dire sur son Eminencë. »
» Au moment où on me signalait cet entretien, le Délégué apostolique entreprenait son second voyage à Rome depuis qu'il était au Canada (1904), en résidence à Ottawa, et mon correspondant ajoutait textuellement : « que les catholiques » les mieux informés et les plus judicieux en cette province » de Québec prient et espèrent f que Rome va nous envoyer » un autre représentant du Saint-Siège, qui ne se laissera » pas coiffer de W. Laurier et de ses partisans libéraux comme » Mgr Sbaretti, et qui verra assez clair dans la situation des » catholiques en ce pays pour ne pas dire, comme lui, savoir : » qu'il n'y a pas d'avenir pour la lingue française au Ca- » nada et que l'avenir, chez nous, est pour la langue anglaise. » Mgr Sbaretti ayant déjà laissé percer ses vrais sentiments à » ce sujet et ayant, par sa lettre du 25 janvier dernier à lord » Grey, montré qu'il approuvait pleinement le projet du rusé » gouverneur anglais et de l'opportuniste libéral, W. Lau- » rier, de nous noyer, nous, catholiques canadiens-français, » dans l'élément hérétique saxon, en nous invitant à ahari* » donner nos traditions catholiques nationales et à nous eiîj » thousiasmer pour le général anglais Wolfe, le franc-ma- » çon, vainqueur du général Montcalm sur les plaines d'Abfa- » ham, près Québec, en 1759; rien d'étonnant si, vu tout » cela, des catholiques de cœur clairvoyants, aussi sensi- » blés à l'honneur du Saint-Siège et- de la Religion sur ce
1. Un vol. in-8o, par Mgr J. Fèvre, 2 fr. 50. Chez Savaète, Paris:
» continent qu'à leurs propres intérêts comme catholiques » canadiens-français, désirent si ardemment voir Mgr Sbaretti » remplacé au plus tôt par un Délégué mieux informé et » plus désintéressé, en tous cas plus sincèrement dévoué » aux véritables intérêts de l'Eglise. »
» Cela se passe de commentaires. — Nous pourrions aborder un second point : le système d'Education canadien, ou l'Instruction publique comme vous dites parmi vous. Mais vous embarquez dans les quarante-huit heures, et il faut abréger. Je ne renonce pas à traiter le sujet en temps voulu et pour l'édification de m'es lecteurs parmi lesquels je vous range d'avance.
» Vous partez, Messieurs. Je vous souhaite une mer clémente, un vent favorable et un ciel constamment serein. Que l'immense spectacle des flots, perpétuellement agités, touche vos cœurs comme il charmera, vos yeux, et que, avec vous et comme vous, vos compatriotes, familiers; de |la nature épanouie dans son agreste et forestière splendeur, élèvent leurs âmes généreuses à la hauteur sublime de la grande mission que la Providence semble réserver dans le monde à leur florissante postérité. »
— Merci, cher ami, me dit alors le sollicitor; à quand le régal d'un livre nouveau?
— Partez, cher Monsieur. Quand vous débarquerez, l'un à Québec et l'autre à Montréal, les premières feuilles de ce livre y descendront avec vous. Servez-leur de pilotes complaisants, et qu'elles remplissent le but chrétien qui va les inspirer. »
A ces mots, le professeur se lève et venant à moi, l'œil franc et la main tendue, il me dit avec une sincère effusion :
« Vous m'avez éclairé et conquis. Tout cela est fort triste et, pour certains, parfaitement accablant. Je vous remercie de tant de confiance et d'urbanité qui n'ont pas médiocrement aidé à bouleverser mes idées, à modifier mes opinions;
au surplus, les documents produits sont aulhentiques et, jusqu'ici aussi incontestés qu'irréfutables. Le libéralisme doctrinal, doublé d'un gallicanisme de contrebande, m'apparaît enfin, comme à vous-même, tel qu'un lupUs hideux qui compromet le bon renom aussi bien que l'avenir de ma Patrie. »
Nous nous séparâmes, sans doute pour ne . nous revoir ici-bas jamais.
Quand Mgr Emard, évêque de Valleyfield, me fit l'honneur d'une visite répétée, il dit entre autres choses . « Vous publiez les documents d'un clan; les contre-parties existent. Vous acculerez des gens à les sortir de leurs cartons : ce sera regrettable pour tous. » A cela je répliquai :
« Est-ce que l'Histoire impartiale perdra quelque chose en l'aventure ?
» Nous tenons à la vérité comme à un bien commun. Nous ne redoutons donc pas la discussion. Du reste, les contreparties dont vous parlez, Monseigneur, ont été publiées et commentées sous mille formes tendancieuses, jamais authentiques, sans entraves naturellement, et sans les répliques nécessaires, puisque les contradicteurs possibles étaient terrorisés et réduits systématiquement au silence — qui le croira? par l'autorité ecclésiastique supérieure elle-même; car elle était indignement complaisante pour l'ennemi des saines doctrines et des constantes traditions romaines. »
Je pensais/, à part moi, qu'il ne s'agissait en somme que d'une vaine menace, et je déclarais textuellement que ]e voulais forcer à la vérité complète ceux qui la tenaient comme la lumière sous le boisseau.
Cependant, le 22 décembre 1908, un correspondant du Canada m'écrivait par un intermédiaire ami : « J'ai lu les » deux dernières livraisons de la Revue du Monde catholique » dont il y a lieu de féliciter M. Savaète. Les journaux nous » annoncent que l'honorable Charles Langelier, de Québec, » frère de sir François Langelier, et libéral comme lui, doit
» publier prochainement un volume sur l'Histoire du Canada » depuis 30 à 40 ans, et qu'il y insérera une réponse, encore » inédite, du cardinal Taschereau, archevêque de Québec, au » Mémoire de Mgr Laf lèche sur les difficultés religieuses » au Canada, Mémoire de 1882, et à celui de Mgr Ignace » Bourget. Cette réponse de l'archevêque de Québec nous » est fort bien connue, et le mieux pour Mgr Taschereau » comme pour ses alliés libéraux eût été certainement de le » passer sous silence; mais quos perdere vult Jupiter prius » dementat... »
Or, ce volume 1 annoncé a paru. Je ne l'ai pas en mains ; cependant, on m'écrit d'autre part que les SS. Laflèche et Bourget, dont on a pu, de par ailleurs, apprécier les nobles caractères et les éminentes vertus, y sont indignement traînés dans la fange.
Pensez-vous que Mgr Bégin, si empressé à interdire la lecture et la vente de mes Voix canadiennes, dont on a pu également apprécier le caractère fort simple et les tendances parfaitement honnêtes, s'est le moindrement préoccupé de sauvegarder la dignité ecclésiastique des saints évêques morts honorés et regrettés par tous les catholiques sincères, et qui furent particulièrement distingués par le Siège apostolique bien informé? Nullement! Le pamphlet du sieur Langelier circule et se vend; on le commente jusque d,evant le successeur de Mgr Taschereau, sans qu'il semble avoir eu le cœur assez bien placé et les mains assez libres pour l'interdire au nom cle la décence et de la justice, surtout pour le bon renom et dans l'intérêt de l'Eglise dont il est le représentant le plus qualifié en ces lieux.
Mgr Emard aura-t-il, mieux que Mgr Bégin, le sens de l'opportunité, et Mgr Bruchesi plus d'indépendance, surtout
1. Souvenirs Politiques, œuvre pauvre de forme et de fonds, dont on pense inonder le pays pour former, lisez déformer l'opinion. Le gouvernement semble disposé à favoriser la manœuvre qui reste lucrative pour l'auteur. •
plus de dévouement à la mémoire de son admirable et illustre prédécesseur? La question est posée, et l'on attend, de lui, envers un diffamateur, une mesure qui mette la morale chrétienne à l'aise,
Et puisque cette outrageante licence a été laissée aux adversaires de mes amis vivants ou trépassés, j'en réclamerai, sous forme d'équitable liberté, ma légitime part pour la défense des serviteurs de l'Eglise dont la persécution outre-tombe est une monstruosité révoltante.
J'appellerai à la barre de la postérité un ilote canadien, un ilote plus ou moins volontaire, et qui fut en même temps un confesseur de la vérité intégrale : j'ai désigné l'abbé Alexis Pelletier. Il nous fera revivre des heures poignantes dans un mémoire confidentiel qu'il écrivit pour les autorités ecclé- .siastiques les plus élevées et qui ne fut divulgué, bien malgré lui, qu'accidentellement; ce Mémoire est intitulé : La Source du Mal de V époque au Canada par un catholique.
— Sources du Mal!... Halte-là! me crie-t-on.
— M'arrêter et pourquoi?
— Parce que cet écrit pervers a été, en son temps, hautement condamné, sa vente, comme sa lecture, interdites. Chaque détenteur de ce livre exécrable a été invité du haut de la chaire et dans toutes les églises et chapelles de Québec, de Montréal et de Sherbrooke à s'en dessaisir dans les vingtqUatre heures, sous peine de condamnations ecclésiastiques rigoureuses; il fallait le détruire, le brûler, et pour vous, on l'a gardé ! Mais encore, avec cela on ne passe pas !
— Y eut-il raison 'suffisante à cette condamnation ?
— Qu'importe!
— Pardon! Rome s'est-elle prononcée?
— Non; mais est-ce nécessaire?
— Peut-être... Et vos évêques furent-ils unanimes? - Non, mais...
— Et ceux qui lancèrent des foudres sur ce vaillant abbé Pelletier n'en éprouvèrent-ils ni honte ni regret?
— Cela ne m'inquiète pas; on a lu l'anathème en chaire.
— C'est quelque chose; mais Rome et le Ciel au nom de qui Pierre lie et délie, c'est plus sûr et plus haut.
En attendant donc un examen suffisant; plus compétent, je vais m'expliq'uer. Pour soutenir la cause de la Vérité historique qui, avant toutes autres choses, m'intéresse, et qu'il faudra écouter et endurer puisqu'il n'appartient plus à personne de la supprimer, je passerai le front haut, le pied ferme ; je produirai mes témoins, j'étalerai mes preuves et, comme mes documents sont authentiques, irréfutables, honnêtes et bons, ils prendront leur place au beau soleil avec un droit mieux acquis que les fameux Manuels de Pothier ou inspirés par lui; manuels qui circulaient, se détenaient et se vendaient à chaque étalage, puisqu'ils étaient classiques fort en vogue dans l'enceinte de l'Université Laval, catholique malgré ce dédain public des sentences de Rome qui défendaient de vendre, lire et détenir les œuvres dudit Pothier et celles qui s'inspiraient ouvertement de ses doctrines détestables.
Il faudra cependant bien s'entendre au Canada sur les mesures de tolérance admises: ou admissibles à l'usage des catholiques bon teint et romains, puisque leurs adversaires y jouissent des licences les plus intolérables.
J'admets et je prouverai que La Source du Mal de V époque au Canada a été condamnée par trois évêques intéressés et solidaires. Raison de plus, n'est-ce pas? pour être prudent et explicite. Nous verrons donc ensemble l'origine de cette condamnation injustifiée, anticanonique; nous en établirons le caractère singulier et déterminerons son but qui était loin des cieux!
En exposiant les faits, je me sentirai fort à l'aise de ce que les auteurs et la victime de cette condamnation à qualifier sont tous morts : ce sont les évêques Taschereau de Québec, Fabre de Montréal, et Antoine Racine de. Sherbrooke; c'est enfin le vaillant abbé Pelletier, leur noble victime.
Ce faisant, je m'attribue, en historien impartial dépourvu de timidité, les ordres honnêtes que les papes Pie IX et Léon XIII ne ménageaient pas à ceux qui se mêlaient d'écrire l'Histoire. Je me rappelle bien ce que les Fèvre, les Davin m'ont répété des ordres qu'ils reçurent du Saint-Siège, sans ignorer ce qu'il leur en coûta de s'y être toujours scrupuleusement conformés; je n'oublie pas ce que Léon XIII a dit solennellement à Dom Gasquet et à bien d'autres, ce que les Etudes des Pères Jésuites du 5 septembre 1908, page 710, me rappellent en ces termes, écrivant au sujet du P. Granderath : « Ainsi préparé à écrire l'histoire définitive du Concile (du Vatican), le P. Granderath y consacra encore douze années d'un travail incessant. De 1893 à 1901, les Archives du Vatican lui furent de nouveau ouvertes : Léon XIII lui avait expressément défendit de rien dissimuler. »
Ainsi parle et agit la Papauté en faveur de la Vérité historique. Elle a conscience que les pires ennemis de l'Eglise sont d'abord ceux qui, dans un intérêt mal défini et toujours exécrable, se font les falsificateurs de l'Histoire.
Mais qu'était la brochure : La Source du Mal de l'époque au Canada ?
C'était uniquement, dans la pensée de son auteur et, en réalité, rien autre chose qu'un rapport, un Mémoire confidentiel établi pour éclairer le Saint-Siège sur la situation politico-religieuse du Canada.
C'est, e'n effet, un coup d'œil d'ensemble, un résumé fort succinct, bien qu'assez complet, des événements les plus caractéristiques de l'histoire de la Province de Québec. Son but évident et principal était de montrer comment le libéralisme doctrinal s'était implanté, puis développé, et avait réussi à causer les ravages effrayants qu'il faut déplorer encore de nos jours dans l'ancienne colonie française de l'Amérique du Nord.
Ce Mémoire, de la façon la plus respectueuse, fut d'abord présenté par son auteur lui-même, mais en manuscrit, à Mgr G. Co'nroy, évêque d'Ardagh, en Irlande, envoyé au Canada en qualité de Délégué apostolique (1877). L'auteur, sur nouveaux frais, revit son ouvrage et l'augmenta sensiblement pour le soumettre finalement à Mgr Ignace Bourget, ancien évêque de Montréal, et à Mgr A. Pensonnault, ancien évêque de London (Ontario). Il fut imprimé vers la fin de 1881 par les soins et aux seuls frais de M. F. de Montigny, recorder (juge) de la cité de Montréal, ancien zouave pontifical et chevalier de Pie IX, pour être, sous cette forme définitive, remis à Mgr Laflèche, évêque des Trois-Rivières, qui se rendait alors à Rome.
L'auteur avait permis cette impression sous la condition expresse que La Source du Mal de l'époque au Canada, tirée à un très petit nombre d'exemplaires, ne serait point mise dans le commerce, mais resterait un Mémoire confidentiel, réservé comme il était, et exclusivement destiné aux autorités majeures dans l'Eglise, telles que les Congrégations romaines, le Saint-Siège et ses représentants qualifiés et spéciaux.
Néamoins il arriva que, malgré les réserves de l'auteur et la condition formelle ci-dessus rappelée et acceptée par celui qui se chargea des soins de l'impression et du façonnage de la brochure, que celle-ci, imprimée vers la fin de 1881, nous le rappelons, tomba en 1884, très accidentellement du reste, entre les mains d'un certain abbé libéral, courtisan de sa nature, intrigant par ambition, qui n'eut rien de plus à cœur que de la dénoncer à l'évêque de Montréal et à l'archevêque Québec, qui lui firent le meilleur accueil.
Il arriva donc alors ce'tte chose étonnante, que, 'dès le 20 janvier 1884, Mgr Fabre, évêque de Montréal, encore su'ffraga'nt de Mgr Taschereau, dont il ne cessait de se considérer comme une sorte de vicaire général, tenu à une grande déférence et à une complète soumission, condamnait
La Source du Mal de Vêpoque au Canada par une circulaire que voici, et qu'il faisait lire au prône dans toutes les églises de son diocèse :
Evêché de Montréal, 20 janvier 1884 1.
Mes chers Collaborateurs,
Qui vos spernit, me spernit; qui vos audit, me audit, disait Notre-Seigneur, en s'adressant à ses Apôtres. Les Apôtres, c'était l'autorité que Dieu établissait dans son Eglise : autorité qui, de droit divin, est passée aux successeurs des premiers fondateurs de la société chrétienne; et ces redoutables paroles du Sauveur, cette condamnation qu'il lance contre ceux qui méprisent l'autorité, seront toujours applicables à toutes les époques. Alors, comme aujourd'hui, elles tombent de tout leur poids sur la tête des coupables, qui, poussés par l'orgueil, l'amour passionné de leurs propres opinions, la pertinacité dans leurs erreurs, s'érigent en docteurs contre l'autorité, la bafouent, l'insultent et fournissent par là des armes impies pour jeter le ridicule sur les ministres de Dieu.
Hélas! mes chers Collaborateurs, c'est la douleur dans l'âme que je me sens aujourd'hui dans l'obligation d'élever la voix et de protester contre un libelle diffamatoire, qui vient de paraître au jour. Je me trompe : ce pamphlet haineux et suant la vengeance dans toutes ses pages, a montré la tête dans le courant de septembre ou d'octobre dernier2; mais l'auteur, sentant sans doute que son œuvre était une œuvre de ténèbres, te retira de la circulation. Plût au ciel qu'il fût toujours resté caché! Il n'eût pas pesé autant sur la conscience de celui qui s'est permis une telle élucubration; sa responsabilité eût été moins grande; sa honte moins publique.
Mais, poussé par je ne sais quel instinct mauvais, l'auteur ou les auteurs de cet écrit anonyme ne craignent pas de le produire maintenant au jour et de le faire vendre furtivement, pn ce moment où la présence d'un Commissaire apostolique sembla devoir imposer aux moins sages la bonne idée de cacher les
1. Cette circulaire portant le n° 55, se trouve au tome I, page 507, des « Mandements, Lettres pastorales et Circulaires » de Mgr Ed.-Chs Fabre, évêque de Montréal.
2. Nous avons dit qu'il fut imprimé en 1881 et ne fut pas mis dans le commerce ni destiné aU public.
hontes, de dissimuler les vengeances qui grondent au .fond de leurs âmes.
La source du mal de l'époque au Canada est une œuvre malsaine, où l'auteur, guidé par des idées préconçues et obéissant à l'impulsion de la vengeance, arrange les' faits à sa guise, leur donne la couleur et la tournure qui vont le mieux à son système faux et erroné. Et encore si le libelliste s'était contenté de dénaturer les faits, l'histoire aurait pu lui répondre; mais les personnes les plus haut placées, les Congrégations romaines, les représentants du Saint-Siège, les Evêques, etc., sur tous il déverse sa bile; des épithètes grossières leur sont adressées; des intentions mauvaises, que l'on ne supposerait même pas chez des hommes d'honneur, sont prêtées par le diffamateur à des ministres de Dieu, à ceux qui portent sur leurs épaules, avec l'autorité, la responsabilité la plus grande devant Dieu. Tous, le libelliste les accuse soit d'ineptie ou d'ignorance, soit de mauvaise foi ou de mensonge, soit d'aveuglement ou de parti pris.
Et l'auteur se nomme Catholique! Un catholique! Celui-là qui insulte ce que le catéchisme a appris aux moindres enfants à respecter et à vénérer? Un catholique, celui-là qui suppose les intentions les plus perverses, les desseins les plus coupables chez ceux que la Providence a préposés au gouvernement de l'Eglise de Dieu?
Xon, ce n'est pas un catholique : ou, si c'en est un, il s'abuse étrangement; il est aveugle ou il a été pris d'un de ces orgueils qui ont leur châtiment dans l'aberration de l'esprit.
De toute nécessité, il faut donc que cette œuvre disparaisse d'entre vous.
En conséquence, je règle ce qui suit :
1° Tous ceux d'entre vous qui auraient en leur possession le pamphlet intitulé : La source du mal de l'époque au Canada par un catholique, devront, à la réception de la présente circulaire et dans les vingt-quatre heures qui suivront, le brûler, sous peine de suspense ipso facto 1.
2° Les personnes laïques devront regarder cette brochure comme livre défendu; conséquemment ils ne pourront la garder en leur possession; mais ils la brûleront, sous peine de cas réservé spécialement à l'Evêque ou à son Grand Vicaire.
3° Les curés liront cette circulaire, au prône, sans commen-
1. La Source du Mal de l'époque an Canada fut rédigée pour éclairer les Sacrées Congrégations, le Saint-Siège et ses délégués. Ceux-ci la lurent, s'en inspirèrent, et jamais ne songèrent à la censurer, encore moins à l'interdire, et alors?
taires, sans toutefois donner connaissance du paragraphe premier du dispositif, passant aussi sous silence les réflexions qui suivent ce même dispositif.
4° Enfin, en vertu de la VIe règle de l'Index, je condamne cette brochure comme livre défendu, et conséquemment enjoins au clergé et à tous les fidèles de mon diocèse de la considérer comme tel.
Prions, mes chers Collaborateurs, prions dans le silence du' sanctuaire et à l'autel du Dieu de paix et d'amour, pour la conversion de ces âmes insoumises qui ne veulent pas se plier au joug de l'obéissance et du devoir; qui, remplies d'une confiance sans bornes en leurs propres lumières, font pourtant des chutes si lourdes et si désastreuses pour elles-mêmes et pour le prochain. Prions Dieu que ces voix n'aient pas d'échos dans les cœurs des fidèles, et qu'elles n'entraînent personne dans la défection et la rébellion.
Mettons en garde, d'une manière prudente, cependant, les fidèles confiés à nos soins, contre ces ouvrages acrimonieux, qui ne peuvent produire que de mauvais résultats — et pour les fidèles et pour Nous — en faisant baisser le respect dû aux ministres de Dieu et en faisant perdre à ceux-ci la confiance qu'ils ont su inspirer jusqu'à ce jour aux bons catholiques de notre pays.
Si nous n'allions pas accomplir ce devoir, nous en serions les premières victimes. Les âmes se perdraient, et non seulement notre ministère serait presque infécond, mais encore nous serions relégués dans l'ombre comme c'est le cas pour d'autres pays, parce que le peuple, accoutumé à ne plus respecter ses prêtres, finit par les regarder sinon comme des ennemis, au moins comme des êtres inutiles.
Parce, Domine, parce populo tuo ; ne in œternum irascaris nobis.
Je- suis bien sincèrement,
mes chers Collaborateurs,
Votre tout dévoué serviteur, {Signé) f Edouard-Chs, Evêque de Montréal.
C'est ici qu'on pourrait interpeller Mgr Emard, évêque "de Valleyfield, et lui demander, fort respectueusement du reste, mais très instamment, quel rôle il joua pour provoquer et assurer cette condamnation peu banale. On suppose bien qu'on pourrait suppléer si un silence obstiné contrariait les développements de cette enquête. Disons seulement qu'il était alors le secrétaire fort écouté de Mgr Fabre, et qu'il rédi-
Vers l'Abîme. 3
geait, lui et d'autres, force pièces officielles' que son évêque, excellent homme, mais faible cœur, se contentait de signer avec un inquiétant empressement.
Au demeurant, quand, historien, on se trouve en face d'un document 'd'une telle violence en pareille matière, on est très autorisé à regarder bien en face celui qui l'a produit. On doit se demander s'il a agi avec autant de discernement que d'apparente vigueur.
Or, lorsque, à Montréal, on entendait lire au prône ou une lettre, ou une circulaire, ou encore un mandement au nom de Mgr Fabre, on se posait en devinette la question obsédante de savoir qui pouvait bien avoir écrit ce morceau d'éloquence. Les gens les mieux informés et connaissant bien le personnel de l'évêché répondaient : Cette pièce-ci est de M. l'abbé Harel, celle-là d'un tel ou tel; ordinairement on désignait l'abbé Emard comme le porte-parole épiscopal inévitable. Il savait tout faire, en effet, et il se prodiguait à tous propos, se destinant lui-même instamment à l'épiscopat qu'il obtint en 1892.
De Mgr Fabre, en personne, que pouvait-on dire de mieux ou de pire, sinon qu'il était au fond un très brave homme au cœur d'or; il lui manquait, selon la plupart, un peu de poigne et de caractère; il eût été certainement mieux en place si, d'une intelligence plus ouverte et un peu plus au-dessus de la médiocrité ambiante, il n'était pas venu de suite et comme une ombre dans le ciel qu'avaient fait tant resplendir le génie brillant et les éclatantes vertus de Mgr Bourget.
On nous permettra bi^en en passant de rappeler certains incidents qui caractérisent l'élévation de Mgr Fabre à l'épiscopat et sa subordination volontaire, en quelque sorte reconnaissante, envers Mgr Taschereau, son métropolitain, quelque temps, et son protecteur insigne.
Trois chanoines du Chapitre de Montréal étaient proposés au Saint-Siège icomme coadjuteurs possibles de Mgr Ignace Bourget cum futura successione. C'était d'abord le grand
vicaire Fruteau (dignissimus). Il mourut. Ensuite le chanoine Paré (dignior). Celui-ci renvoya ses bulles, refusant résolument la dignité épiscopale. Venait en dernier lieu (dignus) sans que personne songeât sérieusement à son choix, le chanoine Fabre. Mais Mgr Taschereau, qui revenait de Rome et comptait sur la complaisance éprouvée du chanoine, digne tout de même si l'on ne se montrait pas fort exigeant, décida d'appuyer sa candidature pour mettre un terme aux embarras multiples que l'ultiamontanisme intransigeant de Mgr Bourget lui avait si longtemps ménagés. Il suggéra donc à la Propagande de nommer l'homme digne après tous comme coadjuteur à Montréal cum jure successionis ; et ses démarches furent malheureusement couronnées de succès.
Voilà ce qui jette sur bien des faits et beaucoup d'incidents concernant Mgr Fabre une clarté aveuglante, qu'ils se produisirent avant ou après sa promotion à la dignité d'archevêque de Montréal qui survint en juin 1886.
Voilà donc la Source du Mal de l 'époque au Canada condamnée par Mgr Fabre sur les instances de l'abbé Harel qui ambitionnait une mitre et mourut jeune, avant de l'obtenir, et sur les pressantes démarches de l'abbé Emard plus heureux, puisque depuis 1892 il est arrivé au terme de ses vœux : à l'épiscopat.
Mais cette première condamnation n'était que l'avant- courière de deux autres, celle d'Antoine Racine, évêque de Sherbrooke, dont je n'ai pu me procurer le texte jusqu'ici, et celle plus caractéristique rie l'inévitable Taschereau, archevêque de Québec, 'qui n'avait en cette circonstance qu'un tort insigne ; celui de venger évidemment beaucoup plus sa personne et ses actes blâmables que les saines doctrines dont il avait un soin médiocrement empressé.
MgT Fabre tonna contre La Source du Mal le 20 janvier 1881. Mgr Taschereau la foudroya le 2 février de la même année par une circulaire à son clergé ainsi conçue :
Archevêché de Québec, 2 février 1884 1.
Monsieur,
Une brochure intitulée : La source du mal de V époque au Canada; par un catholique, vient d'être justement condamnée par Mgr Fabre, évêque de Montréal. Si j'étais seul attaqué dans ces pages où la vérité est outragée, je n'en aurais pas fait plus de cas que de bien d'autres écrits du même genre. Mais l'auteur, qui se cache lâchement sous l'anonyme et qui ose se dire catholique, une fois sorti de la voie droite, ne respecte rien : des prêtres vénérables que la tombe aurait dû protéger contre l'insulte, les institutions les plus méritantes, les évêques, mes prédécesseurs, et quelques-uns de mes suffragants, les congrégations romaines, les représentants du Saint-Siège, tout est couvert de boue, accusé de toutes manières.
S'il n'a pas osé attaquer directement et personnellement le Souverain Pontife, c'est moins par respect pour cette suprême autorité que par la crainte de se compromettre lui-même d'une manière trop évidente.
En conséquence, je règle ce qui suit :
1° Je défends de garder, de lire, de prêter la susdite brochure intitulée : La source du mal de l'époque au Canada, par un catholique.
2° Sous peine de suspense ipso facto, tout membre du clergé de l'archidiocèse devra, dans les vingt-quatre heures qui suivront la réception de la présente circulaire, jeter au feu la susdite brochure, que je condamne en vertu de la dixième règle de l'Index.
3° Les laïques de l'archidiocèse qui ont ou qui auront en mains la susdite brochure, devront également la jeter au feu, dans les vingt-quatre heures après la connaissance reçue de la présente circulaire, et cela sous peine de faute grave.
4° L'absolution de la suspense et de la faute grave ci-dessus est réservée à l'Archevêque et à ses Grands Vicaires résidant dans l'archidiocèse.
5° La partie de la présente circulaire qui concerne cette brochure sera lue au prône des paroisses de la ville de Québec, le premier dimanche après réception, et publiée authentiquement dans les journaux. »
1. Circulaire n° 127, qui traite de divers objets. Nous en extrayons seulement ce qui a trait à notre sujet.
On le voit, Québec fit marcher d'abord Montréal et n'avançait, général craintif et compromis, que derrière le corps complaisant d'un suffragant qui se faisait avant-garde et bouclier
Et ce qui prouva bien cette situation réciproque des prélats vengeurs, c'est que ce bon Mgr Fabre, un peu honteux et peut-être contrit, ayant rencontré l'auteur de Source du Mal, curé clans son propre diocèse, peu après la condamnation du 20 janvier 1884, chercha à s'en excuser, prétextant que son métropolitain, Mgr Taschereau, lui avait forcé la main pour obtenir cette censure !
Le «ervilisme de l'évêque Antoine Racine, tant envers l'archevêque Taschereau qu'envers l'Université Laval, était de notoriété publique. Il fit ce qu'on lui demanda de faire, mais aucun autre suffragant de Mgr Taschereau, pas même le trop complaisant Moreau, évèque de Saint-Hyacinthe, qui ne pensait et n'agissait que sur ordre de son métropolitain ou de l'Université Laval, ne se rendit à ses désirs pressants. C'est évidemment que la situation du pays, telle qu'elle est décrite dans La Source du Mal de l'époque au Canada leur avait paru rigoureusement exacte comme elle le fut trouvée par les évêques Bourget et Penssonnault, préalablement saisis et approbateurs. Le sentiment de ces six ou sept évêques, parfaitement désintéressés, n'est-il pas suffisant pour infirmer le jugement contraire et intéressé de l'archevêque de Québec et de deux satellites dépourvus, pour le moins, d'indépendance?
Est-ce tout?
Non pas!
J'ai là sous les yeux la réponse d'un Canadien français fort bien placé alors pour suivre de près les choses canadiennes et poux les juger avec compétence et en toute liberté. C'était en 1882. On lui écrivait d'un pays lointain pour lui demander un aperçu court, mais précis, des difficultés religieuses dans
la Province de Québec depuis trente ou quarante années. Ce Canadien très zélé, auquel un travail personnel ne coûtait guère, se contenta néanmoins d'envoyer à son correspondant bénévole La Source du Mal de l'époque au Canada, disant que, de l'avis des meilleurs juges, c'est-à-dire des hommes les plus judicieux, en même temps les plus sincères et les mieux renseignés, cette brochure était un exposé sommaire tout à fait fidèle des principaux faits comme des causes et des effets du libéralisme doctrinal au Canada; que cependant La Source du Mal, ainsi que, du reste, il le verrait bien lui-même, n'était pas une brochure destinée au public, mais un Mémoire à soumettre aux autorités majeures de Rome; par conséquent un document strictement confidentiel de sa nature et, par sa destination, un document enfin tel que les parties en contestation en font imprimer tous les jours à Rome et, pour ainsi dire, jusque sous les yeux du Pape, uniquement pour mettre les autorités mieux à même de connaître leurs causes et de rendre dans la meilleure connaissance de l'objet une sentence équitable.
C'est assez de dire, ajoutait-il en substance, que La Source du Mal au Canada ne doit être passée qu'à des personnes très discrètes, ayant l'occasion de s'en servir dans les vrais et les seuls intérêts de lE'glise. Ce caractère documentaire, visiblement et intentionnellement confidentiel, de La Source du Mal, échappa-t-il réellement aux évêques proscripteurs ? Il serait bien difficile de l'admettre, non seulement parce qu'ils se méprenaient étrangement sur la date de sa publication, sur sa nature, son esprit, ses tendances et sa destination, mais encore parce qu'ils prêtaient à l'auteur, qui ne les justifia jamais, des intentions blâmables et des mobiles qui lui furent certainement étrangers; aussi parce qu'ils motivaient leur sentence par un mal voulu et poursuivi perfidement, qu'il fallait circonscrire et combattre, alors qu'il ne s'agissait en fait et de leur part que de s'assurer une sorte d'impunité morale et la continuation d'un crédit pu-
blic que leur libéralisme dévoilé et établi devait ruiner fatalement.
Du reste, le public canadien n'était pas aussi naïf qu'on voulait bien le supposer; il s'étonna certainement beaucoup et dut même être scandalisé de la conduite équivoque de Mgr Taschereau faisant d'abord condamner La Source du Mal par un suffragant soumis et le condamnant ensuite lui-même en 1884, laissant supposer que cet écrit de circonstance datait de quelques mois à peine, alors que depuis des années il se trouvait régulièrement entre les mains des autorités les mieux placées et les plus élevées de l'Eglise romaine. Cela étant, n'était-il pas manifestement, de la part de ces prélats tonitruants, plus respectueux à l'égard du Commissaire Apostolique de lui déférer officiellement ce Mémoire et de lui demander, sur ce sujet, son jugement? Pareille déférence était d'autant mieux indiquée et fort naturelle que, d'après le Bref pontifical, rendu public, tout le monde savait fort bien que le Saint-Siège avait chargé Mgr Smeulders d'examiner soigneusement toutes les questions sur place et de les dirimer. Quel autre moyen, du reste, plus efficace pour Mgr Taschereau, si sincèrement il se croyait diffamé par l'auteur de La Source du Mal, d'obtenir prompte et suffisante justice, sans qu'on pût, de plus et au delà, soupçonner la sérénité de son âme et l'impartialité de ses actes?
Le digne et saint religieux, le respectable homme de Dieu qu'était aux yeux de tous Mgr Smeulders, aurait dû le rassurer sur les suites de son recours. Seulement, si Mgr Smeulders était l'humilité en personne, il n'était pas moins la clairvoyance en action et la prudence en éveil; il se montrait de plus aussi ferme que bon. Aussi la précipitation de Mgr Taschereau à se faire ainsi justice lui-même prouvera-t-elle que tant de vertus et de talents chez un juge très informé n'était fait ni pour lui plaire, encore moins pour lui garantir les satisfactions dont il avait cet impérieux et peu scrupuleux besoin.
Si Mgr Taschereau se permettait de manifester une confiance aussi relative dans l'impartialité et dans l'esprit de justice d'un délégué apostolique qui jouissait pleinement de celle du Saint-Siège, pourquoi donnerions-nous, nous-mêmes, plus de crédit à son propre désintéressement si fréquemment en cause et si constamment en défaut?
Ah! oui, certes, Mgr Smeulders se montra perspicace et juste, et envers l'archevêque Taschereau, et envers l'Uni versité Laval : sa chose; il le fut même trop1.
Retenons donc bien ceci : le respect dû au représentant spécial du Saint-Siège en son pays et aussi une élémentaire loyauté faisaient à Mgr Taschereau un devoir strict de déférer La Source du Mal de l'époque au Canada au Commissaire apostolique. Il s'affranchit de cette règle de conduite, qui paraissait à tout autre que lui fort naturelle, pour suivre une voie toute différente. Connaissant, en effet, la force brutale des faits accomplis et escomptant la crainte du scandale que causerait la contradiction en matière si grave, rendue tendancieusement publique, il fit condamner et condamna lui-même La Source du Mal avec un éclat insolite. Il espérait bien par cet acte arbitraire et précipité faire naître à Rome des préjugés contre le Commissaire apostolique aussi bien que contre les hommes de bonne volonté qui l'aidaient consciencieusement à mettre un peu d'ordre et de ciarté dans la situation si embrouillée du Canada. Les intrigues se poursuivirent à Rome. Qu'il me suffise ici de rappeler les exploits du seigneur Zitelli, déjà trop connu de mes lecteurs, et alors encore opérant à la Propagande pour le compte de l'Université Laval et de Taschereau. Ces intrigues furent si instantes, si audacieuses, en même temps si dépourvues de retenue et de scrupules, qu'elles triomphèrent finalement...,
1. Tant, en effe4, qu'à son retour à Rome le Délégué, mis eu suspicion pour son intégrité même, fut à ce point mis en quarantaine, qu'il lui fut impossible d'approcher le Pape et de l'éclairer sur la situation vraie du Canada.
mais pas pour toujours, car l'Histoire est vengeresse par tempérament.
Nous le verrons bientôt.
En attendant, Mgr Justin Fèvre, un jour, saisit l'occasion de parler de la Source du Mal de l'époque au Canada, et, à son égard, il écrivait ce qui suit, avec quelle chrétienne perspicacité! La Source du Mal, disait-il, que nous avons lue et relue, est une œuvre de scrupuleuse vérité...
» Nous comparons ce livre au Commonitorium de S. Vincent de Lérins; c'est une œuvre brève et décisive. Nous engageons tous les hauts personnages du Canada à lire cet ouvrage précieux, à s'en imbiber, à en tirer surtout des conclusions pour expurger leur pays »*.
Cette œuvre si bonne, si injustement soupçomiée et frappée, si utile au Canada, nous allons la remettre intégralement sous les yeux des amis de. la Nouvelle France comme de l'Eglise, afin d'obtenir réparation pour les morts méconnus, et justice pour des vivants encore opprimés.
1. Tome II du Pontificat de Léon XIII, page 531, pour faire suite à l'Histoire de VEglise, de l'abbé Darras, chez Savaète, Paris.