‹ Condamnations arbitrairesChapitre 51 sur 53 · VIII. — Un mot d'explication · texte numérisé non relu

VIII. — Un mot d'explication

Quand nous avons dit de celui qui porte sa plainte au tribunal suprême du Pontife Romain : « Là il a la certitude

de trouver infailliblement la justice », et à la page suivante : « Les intéressés ont la certitude que la sentence rendue en » dernier ressort est infailliblement conforme aux règles de » la justice; » nous avons cru qu'il était inutile d'expliquer davantage notre pensée que le contexte rendait suffisamment claire. Nous venions en effet de dire que le privilège de l'infaillibilité pontificale s'étend aux questions de foi et de mœurs et à ce qui s'y rattache; nous ne pouvions avoir l'intention de l'étendre au delà.

Or, dans les causes portées au tribunal suprême du Pontife Romain, il faut distinguer deux choses : 1° Les questions de dogme et de principes, de moralité et de justice, sur lesquelles le Souverain Pontife ne peut errer, comme l'affirme le Père Libératore, quand il dit : « L'Eglise est immua- » ble dans le dogme, et dans les principes de moralité et » de justice. C'est-à-dire, dans le vrai une fois arrêté in- » failliblement et dans les règles de l'honnêteté pour ce qui » regarde la vie individuelle et les relations mutuelles. D'où » il suit que l'Etat moderne a beaucoup plus besoin de l'E- » glise, divine société qui est la colonne immobile du vrai, » et la protectrice fidèle de la justice ». (L'Eglise et l'Etat, page 442-3) ». 2° Les questions de faits non dogmatiques, qui ne sont point l'objet de l'infaillibilité. C'est donc dans ce sens des principes de la moralité et de la justice que l'on doit entendre ces deux propositions et non autrement ; car il ne nous est nullement venu en pensée d'étendre l'infaillibilité du Pontife Romain jusqu'aux faits non dogmatiques. Nous espérons que cette explication suffira pour empêcher une fausse interprétation de notre pensée.

Arthur Savaète.

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