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VI. — Infaillibilité dans la condamnation des erreurs

« Il est clair, en outre, que l'Eglise est infailliblement gui- » dée, non seulement dans les matières révélées, mais aussi » dans les matières qui sont opposées à la révélation. En » effet, l'Eglise ne pourrait accomplir sa mission d'enseigner » toutes les nations, si elle n'était pas en état de proscrire » avec une certitude infaillible, les doctrines en désaccord » avec la parole de Dieu.

» D'où il résulte que l'objet direct de l'infaillibilité est » la révélation, et que son objet indirect est tout ce qui est » nécessaire pour l'exposer ou la défendre, en môme temps » que tout ce qui est contraire à la parole de Dieu, c'est-à- » dire, à la foi ou aux mœurs. L'Eglise ayant reçu de Dieu » la charge de condamner les erreurs dans la foi et les » mœurs, est par conséquent infailliblement assistée pour dis- » cerner et proscrire les fausses philosophies, et la fausse » science. » (p. 89).

Ainsi toutes les propositions condamnées par "Pie IX dans le Syllabus le sont avec une certitude infaillible. « En un

» mot, dit le savant Cardinal, tout le magistère ou l'autorité » doctrinale du Pontife comme Docteur suprême de tous les » chrétiens, est compris dans cette définition de son infail- » libilité. En même temps s'y trouvent compris tous les actes » législatifs ou judiciaires en tant qu'ils sont inséparable- » ment liés à cette autorité doctrinale, comme par exemple » tous les jugements, sentences et décisions qui contiennent » les motifs de ces actes comme dérivés de la foi et des » mœurs. A cette autorité se rapportent aussi les lois de > discipline, la canonisation des saints, l'approbation des or- » dres religieux, des dévotions, etc., toutes choses qui ren- » ferment implicitement les vérités et les principes de foi, » de morale et de piété, etc., (p. 120).

» Il est donc évident que l'autorité doctrinale de l'Eglise » n'est pas restreinte aux matières de la révélation ; mais » qu'elle s'étend aussi aux vérités positives qui ne sont pas » révélées, toutes les fois que son autorité doctrinale ne peut » pas dûment s'exercer dans la promulgation, l'explication » et la défense de la révélation sans qu'elle juge et prononce » sur ces matières et ces vérités. »

VI I. — Infaillibilité dans les faits dogmatiques

« L'autorité doctrinale de l'Eglise est infaillible dans toutes » les matières et dans toutes les vérités nécessaires à la garde » du dépôt de la foi...

» Ainsi le Concile de Trente a déclaré, par un décret dog- » matique et sous peine d'anathème, que l'édition de la Vul- » gâte est authentique. Il y a là une définition ou jugement » dogmatique qui doit être cru sur l'autorité infaillible de » l'Eglise; mais il n'y a pas là une vérité ou un fait ré- » vêlé. »

Ainsi « l'infaillibilité de l'Eglise s'étend directement à toute » la matière de la vérité révélée, et indirectement à toutes » les vérités ou (faits dogmatiques) qui, bien que non révé-

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» lées, sont tellement en contact avec la révélation que le » dépôt de la foi et des mœurs ne peut être gardé, exposé » et défendu sans un discernement infaillible de ces vérités » non révélées.

» Cette extension de l'infaillibilité de l'Eglise (et du Pon- » tife Romain) est, d'après l'enseignement unanime de tous » les théologiens, au moins théologiquement certaine; et d'a- » près le jugement de la majorité des théologiens, certaine » d'une certitude de foi ». (p. 104-5).

Inutile de dire que nous adhérons pleinement à cet enseignement du savant cardinal Manning et des théologiens catholiques.

Ces quelques extraits de son excellent travail sur l'infaillibilité pontificale, sont plus que suffisants pour démontrer que nous n'avons nullement exagéré les privilèges du Souverain Pontife en disant que le Pape est le juge suprême et infaillible en tout ce qui se rattache à la foi et aux mœurs, et que nous n'avons fait qu'exprimer dans cette proposition une doctrine conforme à la foi catholique. Par conséquent, le savant Abbé, ami de la feuille libérale de Québec, a eu grandement tort de nous accuser pour cela avec tant d'aigreur d'être tombé dans une erreur théologique et une grosse hérésie, de ïaire un mal infini à l'Eglise, de la couvrir de ridicule et de fournir par là aux adversaires de l'infaillibilité leurs meilleures armes.

Nous l'engageons, en ami sincère, à étudier sérieusement cette question fondamentale de l'infaillibilité du Pontife Romain, et nous lui conseillons pour cela de se procurer l'Histoire du Concile du Vatican par Mgr Manning, il le lira certainement avec intérêt et utilité.

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