‹ Condensation de l'Anhydride antimonieux avec les Thioliques et du Trisulfure d'Antimoine avec les Acides alcools et les ThioloïquesChapitre 11 sur 33 · Deuxieme Partie · texte numérisé non relu

Deuxieme Partie

Action de l’anhydride antimonieux sur les Thioloïques

Les recherches relatives à la fixation de l’anhydride antimonieux sont peu nombreuses et la constitution des produits signalés en général mal déterminée. ROSENHEIM et Davipson, en 1904, ont les premiers signalé des complexes antimoniés dérivés de l’acide thioglycolique (6) et décrit des sels qui, quoique souvent insolubles dans l’eau, retenaient néanmoins de grandes quantités d’eau de cristallisation, Ils indiquaient en particulier un composé ayant pour formule:

Sb (SCHCOOH)$ + 12 HO

Ces recherches furent reprises en 1906 par Krason et CARLSON (7) qui ont fait réagir une solution de chlorure d’antimoine dans l’acide chlorhydrique sur l’acide thioglycolique pur; en concentrant dans le vide le produit de la réaction ils ont obtenu un composé auquel ils ont attribué la formule:

H Sb’(SCHCO0)

L. RaAMBERG (8) au cours d’une recherche sur le dosage: électrolytique de l’antimoine retrouva quelques mois plus tard le même produit dans Paction de lanhydride antimonieux sur une solution 2/3 N d’acide thiol; il en prépara les sels de sodium et de baryum. Cet auteur signala en outre qu’il n’a pu obtenir et reproduire le composé indiqué par ROSENHEIM et DAVIDSOHN.

D IOD ve

Ces recherches, abandonnées pendant quelque temps, ont été reprises au cours de ces dernières années à la suite des progrès de la chimiothérapie,

L’antimoine joue aujourd’hui un rôle de plus en plus important dans le traitement de certaines maladies tropicales. Dans la lutte si activement menée contre certaines maladies à protozoaires, les leishmanioses, le kala-azar, les trypanosomiases, les spirochétoses, les bilharzioses, la lèpre et surtout la syphilis, on a essayé avec succès l'emploi des composés antimoniés. L’émétique auquel on s’est adressé en premier lieu présente de nombreux inconvénients: il ne peut être employé par voie sous-cutanée ou intramusculaire et il faut avoir recours à des injections intraveineuses. Sa dose toxique est assez voisine de la dose curative; enfin ses solutions se conservent mal et il a donné lieu à des accidents (9). Tous ces inconvénients ont fait rechercher des composés d’antimoine moins dangereux, mais néanmoins actifs et solubles dans l’eau. C’est ainsi qu’on est arrivé précisément à toute une série de substances nouvelles: le stibényl, voisin de l’atoxyl, le stibosan, son dérivé métachloré et l’antimosan dont la composition est restée secrète (HEYDEN 661).

Plus récemment on s’est surtout efforcé de préparer des composés d’antimoine dans lesquels ce métalloide est uni au soufre d’un radical organique sulfuré. C’est ainsi qu’en 1925 le brevet U.S.A.P. 1684920. (M. S. KARASCH LILLY and COMPANY INDES) signale un composé d’antimoine soluble dans l’eau:

«ayant au moins une valence de l’antimoine reliée à un radical inorganique autre que le soufre et au moins une autre valence de l’antimoine reliée directement par un atome de carbone d’un radical organique avec un composé organique contenant à la fois un radical acide et un groupement SH relié au carbone».

La même année PIG. Farbenindustrie (D.R.P. 498.089.

15. Mai 1925) signale un composé obtenu par action de sels neutres de lacide thioglycolique sur des composés d’antimoine et de polyphénols.

HO

La maison BAYER a préparé également un dérivé antimonié de l’acide thioglycolique mais l’antimoine y est pentavalent et non trivalent.

Dans un autre brevet 447.351 D.R.P. (7. 7. 1927) l’'I.G. Farbenindustrie fait réagir de l’acide thioglycolique sur l’anhydride antimonieux et le produit de la réaction est neutralisé par des oxydes alcalino-terreux; le brevet 447.352 D.R.P. (7. 7. 1927) fait réagir un composé d’antimoine pentavalent sur le même acide et dans les mêmes conditions.

Quant aux produits de condensation de l’anhydride antimonieux avec l’acide thiolactique, nous n’en avons trouvé aucune mention dans la littérature; aucun n’a été encore signalé et jusqu’à ces derniers temps on avait à peine essayé la condensation de cet acide avec l’hydroxyde de bismuth ou l’oxyde de mercure.

En même temps que nous poursuivions nos recherches et parallèlement à elles M. ManrEr a étudié la fixation de lhydroxyde de bismuth sur les acides thioglycolique et thiolactique et a pu isoler un certain nombre de produits cristallisés dont il a pu déterminer la constitution (3).

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