‹ Condillac;Chapitre 9 sur 18 · ET DE FINALITÉ · texte numérisé non relu

ET DE FINALITÉ

propres de Yetnpirisme, tel qu'il est entendu dans l'école française, nous démontrerons que son originalité consiste non pas à faire dériver nos idées d'une source plutôt que d'une autre, ce qui serait une prétention puérile, mais à distinguer la vérité concret* de la vérité abstraite; et que, de tous les systèmes, il est le seul qui soit en possession d'atteindre ce but, parce qu'il est le seul qui ne sépare jamais ni les trois espèces d'évidence, ni les trois espèces de certitude. .

Outre l'imprudence d'avoir placé sur la même ligne des vérités qui n'ont que l'évidence de raison telles que celles-ci : < Tout événement a lieu dans le temps », « tout corps est dans l'espace », « deux et deux font quatre », etc., à côté de vérités qui ont à la fois l'évidence de raison et l'évidence de fait, comme celle-ci : « Il existe une cause première qui se propose une An et assigne à tout ce qui existe une destinée ultérieure et dernière » ; outre l'inconvénient, résultat nécessaire de cette première imprudence, d'avoir transformé les principes de causaUté et de fmalité en simples conceptions de l'esprit, c'est-à-dire en simples modifications subjectives, ce qui nous réduit à la nécessité de tirer le concret de l'abstrait. Les rationalistes, nous venons de le voir, n'ont pas même épuisé la compréhension de ces deux principes; les formules par lesquelles ils les expriment ne nous

446 fRINClPES DE CAtlSALnÉ ET DE FINALITÉ.

apprennent absolument rien; et de plus ils ne sont pas même parvenus à éviter ce qu'ils prétendent avoir évité, la tautologie ou l'identité ; prétention d'ailleurs contraire aux lois de la grammaire et de la logique, du moins en ce qui concerne l'évidence de raisonnement, comme l'ont démontré Condillac (i) et Laromiguière (2).

Nous allons voir que les rationalistes n'ont pas été plus heureux relativement aux idées de beauté et de moralité, qui, on ne sait pourquoi, figurent aux mêmes titres sur la liste des catégories de la raison.

(4) Logique. Part. II. j^rt de raiionner. Part. I. {%) Leçons de philosophie. I.eç. XlJl,

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