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PRÉFACE V

tre durée que celle d'un enseignement universitaire imposé aux maîtres et aux élèves. Le moindre changement d'orientation devait laisser le champ lihre à de nouvelles doctrines, si multiples et si diverses qu'on serait bien embarrassé de dire aujourd'hui quelle est la vraie école de philosophie française.

Condillac devait gagner une nouvelle notoriété à ce mouvement d'idées. Depuis quelques années, on revient sinon à sa philosophie, dn moins à l'étude de ses ouvrages. On a remis son Traité des sen- "iations dans le programme des examens pour les grades universitaires. De nombreux travaux, français et étrangers, des thèses de doctorat ont pris pour sujet ses théories philosophiques. Il est devenu en quelque sorte un classique, et il a sa place marquée dans l'histoire de la langue et de la littérature. Au fond, l'esprit humain, quelque variés que soient ses moyens,

quelques génies qu'il produise, ne saurait s'écarter des deux grandes lignes qui depuis Platon et Aristote, saint Anselme et saint Thomas, Descartes et Bacon ont toujours été suivies par les penseurs : le rationalisme ou l'empirisme, le spiritualisme ou le matérialisme, l'idéal ou la réalité, les deux principes ou les deux passions qui dominent le monde.

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