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Commission dela Conservation
Les terres de la Couronne sont, par leur nature, placées, en général, dans la classe des sols stériles ou semi-stériles. Cependant, elles sont d'une valeur présente et future qui demande un examen plus attentif et une administration plus soignée; le gouvernement, sans nul doute, doit, avant tout, veiller à une telle administration.
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Puisque 80 pour cent de l'étendue de la province— sauf les lieux stériles—sont sous bois et destinés à rester pratiquement tels, il résulte que le gouvernement et le peuple devraient employer tous leurs efforts pour leur conserver leur productivité. Voici une ressource naturelle qui peut, grâce à une bonne administration, produire à perpétuité, sous forme d'addition annuelle,en guise d'interêt, au moins deux fois plus que l'on enlève de la réserve sur pied; une ressource qui vaut peut-être, si l'on en juge la valeur d’après un taux de croissance raisonnable, tant au point de vue du bois actuel qu'à celui qui s’y ajoute annuellement, au moins, $300,000,c"0. Elle est actuellement dans un état délabré; le g:spillage et l'exploitation à outrance la ruineront de plus en plus chaque année, car la plupart de ceux qui en ont la propriété ne s'occupent guère de son avenir ni de sa force de production. Donc, ceux qui ont à cœur d'arrêter le gaspillage futur et de commencer le reboisement en vue de continuer la prospérité de la province, doivent se mettre à l'œuvre sans délai.
Le premier pas, le plus urgent, dans la voie d'une amélioration de la négligence du passé, c'est l’établissement d’une législation destinée à protéger les propriétés forestières contre les incendies, et l'union du gouvernement et des propriétaires forestiers pour la mise en vigueur de ses dispositions. (Cette organisation devrait être étendue et perfectionnée jusqu'à ce que le danger d'incendie soit aussi éloigné de la propriété forestière qu'il l’est de la propriété urbaine. Ceci est très possible en Nouvelle-Ecosse, où les conditions de la
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colonisation sont des plus favorables, car le pays est partout peuplé et accessible; les possessions de lots à bois ou de petites étendues boisées sont réparties sur tout le pays. Donc, il est possible de prévenir et de combattre les incendies presque partout et sans délai. On peut dire, en conséquence, qu'après quelques années d'efforts constants et de service de protection efficace, la destruction des forêts par l'incendie ne devrait être qu'un accident. Si l'on ne peut arriver à ce résultat, il est inutile de songer aux méthodes de reboisement.
Afin d'enlever aux feux destructeurs une amorce alléchante, les branches et les houppes, que les exploitants de forêt ont la faculté de laisser pêle-mêle sur le sol, devront être brûlées ou ‘itilisées de quelque manière.
Quant aux détails des mesures pratiques à prendre en cette direction ou en d'autres, je puis vous signaler le rapport publié dernièrement par le Comité de ia Législation contre les Feux de Forêt, de l'Association Forestière Canadienne.
Je recommande son étude surtout en ce qui concerne les dispositions ayant trait à la sauvegarde des terres situées le long des voies ferrées; à la responsabilité que aoivent endosser les chemins de fer des feux qu'ils allument, l'idée de construire des tours de surveillance; à l'émission de permis pour allumer du feu dans les bois; à l’abatage des houppes, au brûlage des broussailles et à l'organisation d'une bonne équipe de gardes-incendies.
Après les mesures protectrices contre les incendies, il convient d'atti: - l'attention sur les méthodes d’abatage, au moins en ce qui regarde la protection des jeunes plants. Le bûcheron ne devrait pas avoir pour but d'empêcher la Nature de revêtir d'une autre parure les sols qui ont été dépouillés de leur bois. Ce sujet est d'un caractère très complexe; on ne saurait en donner une description générale, chaque cas demande un examen local spécial, et l'avis d'un expert. Il s'agit aussi de faire l'éducation des intéressés en ce sens, avant que l'on puisse obtenir la mise en vigueur
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de l'avis. Il incombe au gouvernement, en sa qualité d'éducateur, de nommer à cette fin un Garde-Forestier provincial qui possède la technique requise, dont le rôle consisterait à étudier la situation dans les diverses localités et à agir comme conseiller ou instructeur public—coinme professeur ambulant.
La Suède a établi chez elle une institution qui pourrait nous servir de modèle, celle des bureaux de conservation. En ce pays, chaque province ou comté possède un Bureau local composé de trois membres pour promouvoir la conservation des forêts. Le gouvernement nomme un des membres, le Conseil du comté le deuxième et la Société agricole du comté le troisième; la population elle-même peut nommer ics membres additionnels voulus. Ce Bureau se choisit un couseiller technique parmi les membres du Service Forestier de l'État. Le gouvernement fournit l'argent nécessaire à ses appointements; il prélève les fonds nécessaires au Bureau, en imposant une légère taxe sur l’exportation du bois.
Le Bureau a toute liberté de disposer des fonds comme bon lui semble pour promouvoir les intérêts de la forêt, attendu qu'ils seront appliqués à l'exploitation rationnelle du bois, à la reproduction ou au reboisement. Néanmoins, le Bureau, tout en suivant les avis du couseil de comté a le pouvoir de mettre en vigueur ses décisions par des jugements de cours, amendes pécuniaires, confiscation du bois de sciage, etc.
Naturellement, à l'origine, les divers bureaux ont appliqué la loi et dépensé les fonds différemment; ceci était prévu, pour atteindre les fins créées par les conditions locales dissemblables. Mais, il y a trois points sur lesquels tous doivent agir de concert, savoir : l'éducation, l’aide et les règlements de police.
Dans une des provinces, l'expert forestier enseigne trois cours techniques aux propriétaires de terres à bois; chaque cours dure environ deux semaines, c’est à dire deux en automne, sur la sylviculture et le mesurage, et un autre
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au printemps, sur le drainage—l'utilisation des nombreuses tourbières étant un des problèmes importants; ce problème revêt aussi une grande importance en Nouvelle-Écosse. Deux enseignements théoriques par jour et de six à huit heures de démonstration sur place est le temps consacré à ces cours, auxquels assistent quatre ou cinq gardes-forestiers, au moment des leçons de démonstration. Le Bureau défraie les dépenses de bouche de ceux qui assistent aux cours. Le nombre admis chaque année à y prendre part est de 50 sur 80 à 90 demandes; en cinq années, environ 200 ont participé à ces leçons. On distribue, en outre, des brochures et publications d'un caractère populaire mais technique. Cette instruction fait quelquefois partie des écoles secondaires ou des écoles de comté.
Ceux qui demandent des renseignements spéciaux sur l'administration de leurs propriétés reçoivent la visite d'un expert. Ceux qui désirent reboiser les terres vacantes ou les emplacements d'anciennes forêts, reçoivent jusqu'à 50 livres de graines de semence à un dixième du prix coûtant, et quelquefois même les autres articles relatifs aux plants leur sont fournis gratuitement.
Le propriétaire a le droit d'abattre à bon plaisir, mais, si le reboisement naturel ne se produit pas, il est obligé de faire des plantations; c'est le Bureau qui juge, quand il y a nécessité d'agir de la sorte. Si le propriétaire s'y refuse, un examen spécial a lieu, à ses dépens, et il perd tout droit à l'assistance. Bien que le Bureau jouisse de pouvoirs étendus, il s'applique à obtenir la coopération plutôt qu'à faire usage de coercition. Actuellement, les propriétaires ont connu les avantages de cet arrangement. les s«nécula-teurs sont les seuls à fomenter des difficult :. J'a parlé un peu longuement de cette institution, parce qu'elle est toute démocratique, et, moyennant quelques légers changements, elle serait applicable à la Nouvelle-Écosse immédiatement.
Pour la Nouvelle-Écosse, la nomination d'au moins un expert suffirait pour aider à cette campagne éducation-