‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 172 sur 520 · Lettre à Monfmorenctf. iKuvres, IX, 3(17. Ibid · texte numérisé non relu

Lettre à Monfmorenctf. iKuvres, IX, 3(17. Ibid

DIMSIONS TEIUUTORIALES 183

TAssemblée actuelle un droit fondé sur la nécessité et sur la raison d'exiger l'adoption de la Constitution nouvelle sans qu'elle ait été soumise à l'examen des provinces* ». Du moment qu'il a été rejeté, les bons citoyens ne pourront soutenir (lu'avec appréhension un statut dont certaines clauses leur déplaisent; les fauteurs de désordres auront beau jeu à conter à la foule mobile (jue la constitution sera irrévocable, que les erreurs de l'Assemblée, comme celles de l'ancienne monarchie, engendreront des abus éternels. Enfin une constitution n'est jamais qu'un règlement temporaire et transitoire; « on est obligé dans toutes les lois de se conformer plus ou moins à des circonstances locales, et on peut s'y conformer d'autant plus qu'on esl plus sur que, si les circonstances varient, la loi pourra cire plus promptement réformée*. » Le refus de la Constituante de se rendre à tous ces arguments n'est pas seulement regrettable en lui-même ; il est inquiétant comme symptôme ; il semble indiquer (surtout si on le rapproche des erreurs signalées ci-dessus) que l'Assemblée ne se rend pas exactement compte de la situation générale et des nécessités politiques ; et que, préoccupée de fixer pour longtemps le régime de la France, elle s'abuse et sur ce qu'elle doit, et sur ce qu'elle peut.

II. — La Constitution qu'elle élabore donne, en effet, prise à de nombreuses et sévères critiques. Si beaucoup de ses dispositions sont satisfaisantes, il n'est aucune de ses grandes divisions où Condorcet ne découvre de dangereux abus, des erreurs funestes.

Dès le début de la Kévolulion, Condorcet avait demandé, avec la plupart de ses contemporains, que, pour rénover la nation, on partageât le royaume en divisions nouvelles.- Il proposait d'établir en France 80 provinces : « C'est environ, écrivait-il, 300 000 individus par province et 30 000 électeurs. » 11 engageait le législateur à ne pas rechercher une « égalité Irop parfaite qui pourrait obliger à séparer des territoires auxquels des motifs d'intérêt ou d'opinion pourraient faire désirer de rester unis. Les provinces seraient trop petites alors pour qu'on eût rien à

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