Lettre à Motitmorenc}/. (Kuvres. IX
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craindre de Tesprit particulier qu'elles pourraient contracter; et comme on déplairait à quelques-uns en les partageant, il peut être utile de diminuer cette impression en ne les obligeant pas à se réunir avec ceux d'autres provinces. » Pour effectuer convenablement cette division, on partagerait la France en deux parties; on distinguerait d'abord « les provinces dont les habitants ont la même dénomination, ont des habitudes communes, et répugneraient à se mêler à d'autres ». On les diviserait le plus également possible, en prenant garde qu'une ville n'ait « trop de prépondérance sur la province, ni une province sur la voisine », en ayant égard aussi aux convenances géographiques, en évitant les formes allongées et les limites irrégulicres, en ne réunissant pas des cantons séparés les uns des autres par de hautes montagnes ou de grandes rivières. Le reste serait partagé au mieux ; puis l'on reporterait les résultats provisoires sur une carte et l'on opérerait les changements nécessaires *.
La Constituante n'adopta pas ce plan, et Condorcet ne lui en tint pas rancune. Il jugea la division de la France en départements, et celle des départements en districts assez satisfaisante pour que la question fut considérée comme résolue, et qu'il fut inutile d'y revenir. Mais il ne se consola point de voir écarter par f'Assemblée une réforme qui lui tenait au cœur depuis longtemps, (|u'il avait déjà préconisée dans plusieurs de ses œuvres, notamment VEssai sur les Assemblées provinciales, Tinstitution des communautés de campagne. Entre la ville et le village, il estime qu'il y a antagonisme d'intérêts, au moins en apparence, et que s'il y a lutte, le village est fatalement vaincu. « Il n'y a, écrit Condorcet, aucune égalité réelle entre une ville même assez petite et un village : tous les agents du pouvoir local résident dans la ville ; elle est l'entrepôt du commerce, le séjour de l'industrie; elle renferme des habitants riches qui ont reçu de l'éducation, qui sont accoutumés aux affaires, qui ont du loisir, et qui, moins occupés de leurs besoins, le sont plus de leur vanité ou de leur ambition ; une partie des propriétaires des biens de campagne réside même dans les villes'. » « Il serait dangereux que les