‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 222 sur 520 · ïbid.j · texte numérisé non relu

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l'ONDATIOlV DE LA SOCIÉTÉ ' 23Î

les bons citoyens se méfient donc de ces insinuations perfides et captieuses : qu'ils regardent la Constituante comme Témanation de la souveraineté nationale, et se groupent autour d'elle pour la protéger et se défendre eux-mêmes contre Tanarchie ; Condorcet leur donne l'exemple du dévouement civique en se déclarant prêt à obéir à une constitution, dont, plus que personne, il a vu les points faibles * .

II. — L'action individuelle reste forcément inefficace; les ennemis de la Révolution se sont organisés; les partisans de Lameth ont de même à leur disposition la tribune des Jacobins. Pour résister aux fauteurs de discordes, les amis de Tordre doivent les imiter et s'unir. Condorcet le comprend et crée au printemps de 1790, avec Siéyès, la fameuse société de 1789.

La translation de l'Assemblée à Paris et la fondation des Jacobins avaient ôté toute importance politique au cercle de Valois, Condorcet et quelques-uns de ses amis formèrent alors une sorte de club, dont le centre fut probablement l'hôtel de la Rochefoucauld, et auquel ils donnèrent le nom significatif d'Amis de la paix^, « On vit bientôt que dans un moment où la nécessité des affaires ne laissait à personne la libre disposition de son temps, une association peu nombreuse ne pouvait avoir d'activité ^. » Le parti de Lameth prenait de plus en plus de force et redoublait de violence ; pour le combattre plus énergiquement*, « on résolut de former sur un plan plus vaste une grande société ». Cette société fut celle de 1789, qui s'installa solennellement au Palais-Royal, le 13 mai 1790 ^ Elle avait pour objet essentiel de travailler au progrès de l'art social ; elle devait chercher à découvrir, puis à appliquer les principes inaltérables et éternels de la science poli-

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