LÀ SOCII?TÉ DE
étaient mal conçus : elle était incapable, de par sa constitutioa même, de lutter efficacement contre les Jacobins : après aToir pam brillamment réussir, elle resta quelque temps stationnaire, puis se désagrégea rapidement.
Cette prompte décadence s'explique et par la tiédeur de la plupart des adhérents, et surtout par la rivalité qui mit aux prises, vers le mois d'octobre 1790, les deux chefs du parti, Mirabeau et Lafayette. Les membres du club ne consentirent point les sacriflces pécuniaires que la situation exigeait d'eux; beaucoup ne tinrent pas les engagements qu'ils avaient souscrits. Au mois d'août 1790, le journal manquait de fonds : Condorcet, au nom du directoire, exposait tristement le bilan des affaires en ces termes. « Ce compte n'est pas satisfaisant. Vous vous rappelez que les premiers frais du journal devaient être avancés
par 12 actionnaires. On n'a souscrit que pour 30 actions, et la première mise de 23 de ces actions seulement a été réalisée. » Et plus loin il reprenait : « Une des principales causes de l'état du journal est le peu d'intérêt que la société a paru y prendre. Elle est composée de 450 membres et le journal n'a que 147 souscripteurs, dont beaucoup sont étrangers, et il ne s'est trouvé que 30 actionnaires, dont 23 seulement ont regardé leur engagement comme sérieux. Enfin parmi tous ces membres, 9 seulement ont concouru au travail ; on chercherait en vain, dans la liste des auteurs, les noms de plusieurs de nos confrères célèbres par leurs ouvrages ou chers à la nation par leurs services*.» Condorcet demandait donc à ses collègues et leur concours pécuniaire, et leur collaboration. Malgré ses instances, il n'obtint point satisfaction : le numéro du 5 septembre 1 790 fut le dernier du jourr nal.
La publication n'avait jamais eu de caractère populaire ni d'influence politique ; sa disparition n'affaiblit donc pas la société; mais elle est significative : elle prouve que le club n'avait point de vitalité propre, de force d'expansion intime, qu'il était une réunion de plusieurs partis groupés un moment et à grand'peine, non une ligue ayant une unité réelle, un programme d'action nettement défini. En fait, il avait ouvert ses portes à des hommes