ibid., ibid
usurpée d'un chef qui n'a d'autres limites que celles de son adresse et de son audace ^ »... En second lieu, « un roi est nécessaire pour préserver le peuple de la tyrannie des hommes puissants ^ » ; il l'est encore « pour défendre les citoyens des usurpations d'un pouvoir législatif^», pour les« garantir delà tyrannie même du pouvoir exécutif, et il vaut mieux avoir un maître que plusieurs ^ ». Enfin « un roi est nécessaire pour donner de la force au pouvoir exécutif' ».
Tous ces arguments ont une valeur relative ; et, en d'autres temps, il eut fallu les prendre en considération. Ainsi, dans un pays où l'action de la puissance législative ne serait pas « renfermée dans de justes limites », il serait téméraire de supprimer le roi, « en conservant étourdiment tout le reste, sans examiner si cette suppression ne rend pas d'autres changements nécessaires^». De même « au temps où des associations puissantes donnaient à leurs membres l'odieux privilège de violer les lois, comme au temps où il était indifférent à la Bretagne que la Picardie payât ou non les impôts, alors, sans doute, il fallait une grande force aux chefs du pouvoir exécutif' ». Qu'il y ait eu « des abus, des dangers contre lesquels l'existence d'un roi étaitutile *», personne n'en saurait douter; « sans cela y aurait-il jamais eu des rois*? » Mais il ne s'agit pas du passé ni d'un Ëtat quelconque ; les arguments qu'on invoque valent-ils pour la France contemporaine ?
La France, devenue libre, n'a point à craindre ravènement d'un tyran ; <« la division de l'empire en départements suffirait pour rendre impossibles ces projets ambitieux ***. » Son étendue « ne permet pas de craindre que l'idole de la capitale puisse jamais devenir le tyran de la nation. La division des pouvoirs, fondée non seulement sur la loi, mais sur la diiïérence réelle des fonctions publiques..., la liberté de la presse, l'usage presque