Ibid
3. Du conseil électif, Œuvres, XII, 245. K, De la République, Œuvres, XII, 233.
c'est la solution du désespoir, et non celle de la raison. L'on est amené à retourner les termes du problème : il faut proclamer la République si elle est possible, et elle Test évidemment.
On adresse à l'institution républicaine deux critiques essentielles. La première porte sur Torigine élective et la seconde sur la faiblesse du pouvoir exécutif dans les Républiques. Ces reproches ne sont pas justifiés. Les citoyens d'Athènes et de Rome, « bien loin d'avoir des lumières, étaient pour la plupart livrés à l'ignorance et aux plus absurdes préjugés » ; ils élisaient leurs magistrats « suivant une méthode très grossière », et pourtant « on voit que rarement ces choix tombaient sur des hqmmes incapables, que, plus rarement encore, ces erreurs étaient durables* ». De même « ni en France, ni ailleurs, il n'entrera dans la tête du peuple d'appeler à une place importante un homme sans réputation ; il n'imaginera pas de choisir un pilote pour ministre de la marine, ni de confier à un simple soldat le département de la guerre ^. » « Si la place de ministre exigeait des talents d'une nature déterminée, et dont il fiU impossible de juger par des faits antérieurs, sans doute l'élection populaire ne donnerait aucune assurance d'un bon choix, et il faudrait chercher une autre méthode. Mais ce ne sont pas des talents de ce genre que ces places exigent; elles demandent de la probité, du caractère, des lumières, et l'opinion publique... est un guide assez sûr'. » Et d'ailleurs si les citoyens ne peuvent pas faire de bons choix, pourrait-on attendre plus de bonheur et d'infaillibilité d'un homme à ([ui la dignité ne confère pas le génie, et à qui le hasard a remis la charge des plus graves décisions?
L'on ne voit pas davantage pourquoi le conseil électif d'une République se montrerait plus faible et plus divisé que celui d'un monarque, arbitrairement composé. « La loi peut donner aux membres de ce conseil toute l'activité nécessaire, sans craindre qu'ils en abusent, puisqu'ils sont destituables par la volonté du peuple*. » Chargés d'exécuter les décrets de l'Assemblée législative, les ministres d'une République agiront avec unité et force,