Charavay, Assemblée électorale, 167, 196 etc
3. Patriote français, n" 776 du 25 septembre, p. 367. On remarquera que ce texte est reproduit à peu près textuellement dans les Mémoires de Brissot, IV, 115.
ÉLECTION DE CONDOacCT 273
Mais rélection souleva un violent tumulte « occasionné par Tindigniitiou des patriotes, irrités de la médiocrité des choix faits depuis quei(|ue temps». Le Patriote français accusait de cette médiocrité « le club formé à la Sainte-Cliapelle qui tient ses séances à buis clos, et où Ton présume que le ministère a une très grande influence. Les intrigants, les hommes corrompus qui dirigent cette maison clandestine prennent si bien leurs mesures, qu'il est tel homme inconnu et inepte qui s'est trouvé avoir à un premier scrutin 250 voix, tandis qu'un homme célèbre par toute l'Europe ne pouvait réunir ce nombre. M. Caillère de l'Étang, vénérable vieillard et dans qui les glaces de la vieillesse n'ont point éteint le feu du patriotisme, s'est récrié dans une sainte indignation contre cet accaparement des consciences, il a été vivement applaudi; un autre patriote a voulu parler; mais les marchands de conscience n'aiment pas les vérités ; ils ont étoufljé toutes les réclamations '. » Les ennemis de Condorcet cherchèrent à profiter de leur discipline pour le battre encore une fois, et assurer le succès d'un des leurs ; mais leurs adversaires se montrèrent aussi résolus (pi'eux : ils refusèrent de se rendre dans les bureaux, « en déclarant qu'ils ne prendraient point part à ces scrutins, où ils n'étaient que les témoins et les complices de choix détestables - ». Le 2;i septembre, la Société de l'Rvéché protestait publiquement contre l'attitude du club de la Sainte-Chapelle, tandis que diverses sociétés patriotiques de province recommandaient instamment Condorcet aux électeurs parisiens '. Tous ces faits réunis impressionnèrent sans doute l'Assemblée. Les chefs de la faction dévouée à la cour se montrèrent hésitants, les patriotes s'entendirent et, le 26 septembre, Condorcet fut éhi député de Paris à l'Assemblée nationale ^
Son succès fut, comme bien on pense, diversement accueilli [)ar les contemporains. Les journaux avancés, qui avaient soutenu sa