‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 255 sur 520 · lbid,y · texte numérisé non relu

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274 ÉLECTION DK CONDOUCET

candidature, exprimèrent une satisfaction d'autant plus grande qu'il s'y mêlait quelque surprise*. Seul Marat, dont Condorcet avait quelques semaines auparavant pris généreusement la défense, mais qui ne pouvait pardonner au secrétaire perpétuel de TAcadémie des Sciences le dédain de cette Compagnie, ne cacha point son irritation *. Du côté des feuilles opposées, aucun accord. Les unes se taisent, les autres enregistrelit simplement le fait accompli ; quelques autres enfin avouent leur déception. En réalité cette déception fut générale parmi les partisans de la cour : les procès-verbaux du club de Massiac, la correspondance de Salamon ne laissent aucun doute à cet égard ^.

Ainsi au moment où la cabale et les rancunes politiques allaient récarter définitivement de la législature, Condorcet, grâce à un effort de ses amis, réussit à s'y faire admettre. Son élection lui fut d'autant plus aj^réable qu'elle avait été plus incertaine, et plus disputée. Elle le vengeait des calomnies dont ses ennemis l'avaient accablé; elle le tirait de la retraite où, depuis près de 2 ans, il avait été confiné. S'il n'a pas été chargé de faire la constitution, il l'est (le l'appliquer. Les problèmes qui restent à résoudre, la situation générale sont assez graves pour que ses talents trouvent à s'employer dignement, et la lutte pour la liberté menace d'être assez dure et Apre pour qu'on puisse, sans apostasie, et sans humiliation, renoncer provisoirement à proclamer la République.

1. Le Patriote françaU s'écrie le 27 septembre: «Le patriotisme vient de remporter une seconde victoire longtemps disputée. M. Condorcet est enfin élu député » (n" 778, p. 373). 11 semble donc que Rrissot comptait pour rien le succès de Garran de Coulon, de Clavière, de Mulot, etc. Cf. aussi Annales patriotiques, n** 726, du 28 septembre, p. 2005.

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