‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 29 sur 520 · Correspondance avec Turgot, passim · texte numérisé non relu

Correspondance avec Turgot, passim

8 l'homme: le savant

dont son cœur a besoin. Admis chez Helvétius, il s'y rencontre fré(iuemment avec Turgot dont il devient et Tintime et le correspondant zélé. Par lui, il se lie avec la duchesse douairière et le duc d'Enville. 11 se constitue ainsi un petit cercle dont il ne franchit guère les limites et qui suffît à le distraire de ses calculs. En même temps, la réputation lui vient. Ses travaux, notamment VEjfsai sur le calcul intégral ont attiré sur lui l'attention des savants *. Le 8 mars 1769, il est élu adjoint mécanicien à TAcadémie des Sciences, en remplacement de Bezout ; dix-huit mois plus tard, il succède à Le Roy, comme associé*. En 1773, nouveau progrès. Le secrétaire perpétuel, Gran^ean de Fouchy, vieux et souffrant, était incapable de satisfaire aux devoirs de sa charge: désireux de ne s'en pas démettre, il songea à se faire aider par Condorcet. Celui-ci, pour montrer qu'il méritait d'être choisi par l'Académie, composa l'éloge des académiciens, morts avant 1699, dont Fontenelle n'avait pas célébré la gloire. L'œuvre eut un succès unanime''; et, le 10 mars 1773, son auteur fut nommé pensionnaire * surnuméraire, adjoint au secrétaire perpétuel. Lauréat de l'Académie de Berlin pour un Essai sur les Comètes'', il devient membre de celles de Turin, de Saint-Pétersbourg, de Bologne, de Philadelphie*; en 1782, l'Académie française lui ouvre ses portes'; et, en 1785, lors de la réorganisation de l'Académie des Sciences, il devient enfin titulaire du secrétariat perpétuel •.

En 1789, il est donc un des hommes les plus illustres que compte la société française. Ami de d'Alembert, de Voltaire, dont il a publié les œuvres •, de Turgot, il semble hériter, après leur mort, de leur autorité. La foule se presse aux séances académiques.

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