CE QUI RESTAIT A FAIRE
les ont prêtés incapables de former des hommes libres, destinés à vivre de la vie du monde ; le couvent, cité fermée, ne peut ouvrir à Tenfaut les portes de la cité publique. Si La Chalotais ne veut pas exclure les prêtres séculiers de renseignement, ses préférences sont très nettes : il souhaite que les maîtres soient des laïcs. « Je prétends revendiquer pour la nation une éducation qui ne dépende que de TÉtat, parce qu'elle lui appartient essentiellement, parce que toute nation a le droit inaliénable et imprescriptible d'instruire ses membres, parce qu'enfin les enfants de T Et at doivent être élevés par les membres de TËtat *. » Helvétius partage cette opinion, tout comme Guyton de Morveau *. Mais il apparaît à tous que, laïc ou clerc, nul ne peut s'improviser maître. L'enseignement est un art ; pour bien l'exercer, il faut en avoir appris les règles et en avoir acquis la pratique. 11 est donc nécessaire d'établir dans les centres importants ou dans les grandes écoles un institut pédagogique ; c'est l'avis de tous les auteurs depuis Rollin jusqu'au président Rolland '.
Ainsi, l'on rencontre chez les théoriciens du xviii* siècle les thèses les plus modernes et les plus hardies et le plan d'un système tout nouveau d'instruction publique. Il restait à donner à ces thèses une plus grande netteté, à les lier plus fortement les unes aux autres, à compléter et à préciser ce plan trop sommaire et parfois vague : ce fut l'œuvre de Condorcel.