‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 307 sur 520 · Ferlé, op. ri7., 234 ; Rolland, op, cit · texte numérisé non relu

Ferlé, op. ri7., 234 ; Rolland, op, cit

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avec des hommes comme Franklin, Tont conduit de bonne heure à formuler certains principes dont il ne s'écartera plus * ; mais c'est seulement en 1790 qu'il se décide à publier ses idées. La Constituante amis à Tétude la réorganisation de l'instruction publique : l'œuvre est complexe et difficile ; tous les citoyens doivent lui apporter le secours de leurs lumières : Condorcct expose son système en cinq Mémoires qui parurent successivement dans la Bibliothèque de V homme public^ ^ mais qui n'en forment pas moins une œuvre unique.

Condorcet se révèle, dès le début de son œuvre, comme un adversaire du principe de l'obligation scolaire. La science est une force, une arme ; savoir est, pour l'humanité, un besoin et un plaisir. Si l'école est gratuite, comment les parents hésiteraientils à y envoyer leurs enfants? Ennemi des règlements et des contraintes inutiles, Condorcet se sépare donc sur ce point de Diderot et de Mirabeau ; par contre, il reprend à son compte les autres thèses démocratiques du xvni'' siècle. Il proclame tout d'abord que TËtat doit établir un système national d'instruction publique. :. « L'instruction publique est un devoir de la société à l'égard des citoyens '. » Telle est la déclaration par laquelle s'ouvre le premier Mémoire. Pour justifier cette assertion, Condorcet reproduit les arguments de ses devanciers, il s'appuie à l^fois sur les exigences du droit naturel et sur celles de l'utilité commune. Sans instruction, il ne peut y avoir, ni liberté, ni égalité véritable; l'ignorance asservit un homme à un autre hopme plus éclairé, et, si elle est générale, le peuple tout entier à qudques privilégiés. « Le devoir de la société... consiste à procurer à chaque homme l'instruction nécessaire pour exercer les fonctions communes d'homme, ^ J de père de famille)^! citoyen ^.. La diffusion dés lumières permet seule à un peuple d'obtenir et de conserver d«, bonnes lois, une

1. Cf. Éloge de Guettardy (Euvres, III, 222, al Ass. provinciales^ Œuvres, Vin, 452-488.

2. Cf. Bibliographie. Il importe de remarquer qu'en composant ces Mémoires, Condorcet a voulu faire œuvre d'homme politique et non de pédagogue. Il s'adressait à la Constituante, non^aux maîtres de la jeunesse ; il ne s'est préoccupé qu'accessoirement des méthodes d'éducation et d'enseignement; il défend en réalité un projet de décret sur la classification, l'organisation des établissements scolaires.

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