‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 308 sur 520 · DIVISIONS DE L ENSEIGNEMENT · texte numérisé non relu

DIVISIONS DE L ENSEIGNEMENT

administration sage et une constitution vraiment libre*. » On objecte qu'elle accusera aussi l'inégalité constitutive des intelligences humaines : qu'importe ? « Ce serait un amour de Tégalité bipn funeste que celui qui craindrait d'étendre la classe des gens éclairés*. » De même que la justice, l'intérêt public exige l'organisation d'une instruction publique. Plus les lumières se développeront, plus l'industrie se perfectionnera, s'adaptera aux besoins et aux ressources des consommateurs, plus la production deviendra facile, économique, parfaite '. Si le progrès de Thumanité est relativement très lent, c'est que, dans chaque génération, un grand nombre de talents périssent stériles et ignorés, c'est que les conquêtes de la science pénètrent difficilement dans la masse du peuple ignorant et hostile. Permettre à toutes les aptitudes réelles de se révéler et d'éclore, initier les hommes au mystère des découvertes accomplies, hâter l'action du temps, répandre sans cesse dans les âmes plus de lumière et de vérité, teLestincontestablemeWtVpoCH* Condorcet, un des pr.emiers devoir$.jdEla puissance publique *. Tout état démocratique doit donc instituer des écoles publiques, dont il salariera les maîtres, et dont la fréquentation sera gra-^ tuite, les pauvres ayant droit,iimLxomme les riches, à l'instruction. Comment, suivant quels principes directeurs, ces écoles devront-elles être organisées ? Il suffit, pour répondre à cette question, de réfléchir au but que l'État se propose en les créant. 11 cherche d'abord à munir tous les citoyens de ces notions fon- ^^ damentales, sans lesquelles nul ne saurait ni jouir vraiment de ses droits, ni bien exercer aucune profession, et à permettre à ceux que la nature a favorisés d'aptitudes spéciales de montrer leurs talents. Il doit donc organiser un premier degré d'écoles, ' par où tous les enfants, intelligents ou non, riches ou non, passeront indifl*éremment. La plupart de ces enfants embrasseront un état, un métier: il doit donc instituer à l'usage de ceux qui peuvent eu profiter un enseignement professionnel. Enfin il est des créatures exquises (Condorcet les nomme bienfaiteurs de l'humanité) à qui la puissance de leur génie permet d'aborder

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