LE RAPPORT
travail au début d'avril * ; le 9, il en donna connaissance à ses collègues, qui désirèrent Fentendre à nouveau et Tapprouvèrent définitivement le 18 avriP. Nous n'avons point à insister sur ce Rapport célèbre, qui reproduit sur la plupart des points les arguments, les thèses, parfois les expressions des MémoireSy et qui développe seulement et justifie les dispositions du projet de décret. Condorcet cherche tout d'abord à prouver que l'État a le strict devoir d'organiser une instruction publique. Cette instruction doit être aussi égale, aussi universelle que possible, il fauL « donner à tous également l'instruction qu'il est possible d'étendre sur tous ; mais ne refuser à aucune portion des citoyens l'instruction plus élevée qu'il est impossible de faire partager à la maSvSe entière des individus^ ». L'homme oublie, la science progresse; l'adulte a besoin de maîtres et de cours tout comme l'enfant. L'enseignement doit être, dans la mesure du possible, indépendant de tous les pouvoirs politiques ; il doit être au courant de toutes les découvertes, évoluer librement avec les progrès de l'esprit humain ; il ne peut y avoir de doctrine d'État, pas plus que de doctrine proscrite.
En s'inspirant de ces principes, le comité a divisé le cours de l'instruction publique en 5 degrés. Condorcet passe successivement en revue les établissements qu'il préconise ; il montre leur raison d'être, précise leur objet, leurs limites et leur programme. Il s'attache à mettre en lumière les difTérences profondes qui existent entre l'ancien système d'instruction, et le nouveau qu'il propose, à montrer comment tout est combiné dans le plan du comité pour former des citoyens éclairés et libres. 11 insiste sur lajQJace prépondérante accordée aux sciences, surja réduction du temps consacré aux études classiques ; l'enseignement futur sera orienté vers l'avenir, au lieu de l'être vers le passé. Et, après avoir parlé du recrutement des maîtres, il termine par une péroraison dont on n'a pas assez souligné le caractère évolutionniste. a 11 viendra sans doute un temps où les sociétés savantes, instituées par l'autorité, seront superflues et des lors dangereuses, ou même tout établissement public d'instruction deviendra inu-