Rapport sur Vinslrurtion (éd. Compayré
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(île: ce sera celui où aucune erreur générale ne sera plus a craindre, où toutes les causes qui appellent l'intérêt ou les passions au secours des préjugés auront perdu leur influence..., on tontes les sciences et toutes les applications des sciences seront également délivrées du joug de toutes les superstitions et du poison des fausses doctrines...; mais ce temps est encore éloigné. Notre objet devait être d'en préparer, d'en accélérer l'époque; et, en travaillant à former ces institutions nouvelles, nous avons du nous occuper sans cesse de liàter l'instant heureux où elles deviendront inutiles *. »
IV. — Condorcel monta, le 20 avril-, à la tribune pour donner connaissance de son œuvre à ses collègues, mais il dut bientôt s'interrompre : le roi venait inviter l'Assemblée à déclarer la guerre à l'Autriche. 11 ne put terminer la lecture de son rapport que le lendemain 21. L'Assemblée ne semble pas lui avoir rendu complètement justice^. Le rapport n'était pas seulement remarquable par le fond, les idées exprimées; il Tétait aussi par la forme, la sévère ordonnance de son plan, la simplicité et la vigueur du style: plus succinct que les Mémoires j il est plus clairet plus net. Mais Condorcet lut son œuvre d'une voix faible*, et les es|)rils étaient occu|)és par des soucis plus instants. L'heure était solennelle: la guerre était déclarée; il s'agissait d'organiser la défense du territoire ; la construction d'écoles devait être dif-
i. fiapport sur l'instruction ,èd. Compayré), 70-71.
2. [1 semble, d'après le procès-verbal, que Condorcet eût désiré un jour plus rapproché. Procrs-verba/, lt)7.
:î. Cf. Clirouique de Paris, 1702, t. I, p. tifi et 4:)4 ; Patriote français, 1792, l. 1, p. Ml et 452 ; Annales palrîotitfiies^ 494 el ôOô; Journal fjénéral de France, 28 aviil, p. 4r)2. I.a (iazrtle de l*aris déclare (|ue «c'est un roman constilutionnel, écliafaudé d'un jar|jr<m philosophique » (25 avril, p. 3). Les Révolutions de Parts (t. XII. .'i9.t-(i() 1 ) reprochent à Condorcet de n'avoir rien «lit « des pèn-s v.l «Irs mères, ces premier> instituteurs donnes par la nature», de ne pa> s'élre prè«>ccupé de Vnduralion. Klles déclarent que son rapport est plus abslrait (|ue celui de Talleyrand. Les deux Amis du Hoi, de Royou el de Monljoye, fuul le procès de celle « éducation nationale qui, comme ou pens»; bien, ne sera |>as une éducation <'hrèlienne ». (.'Iwi (/M/?ot (MontjoNC), 17'J2, 1, 'i47.) Il i)arut une crili(|ue du plan de Condorceten mai-juin 1792. l/auteur, Codet, blâme rin>tilulion d'une société nationale, a collège de pontifes »; il aurait voulu (|ue l»'s établissements scolaires fussent soumis aux autorilês déparlrmentales ; il se plaint que les sciences soient trop développées, el que le laUn soit sacrifié: il s'élève enfin contre l'extension de la gratuité aux degrés d'enseignement supérieur. Cf. Th. Lindet, Correspondance, 345.