LA CHUTE DE LA ROYAUTÉ
1. — Tandis que les amis de Lafayette^ de Ck)ndorcet et de Brissot, réconciliés pour quelques jours réclamaient impérieusement la guerre dans l'Assemblée et en dehors d'elle, dans le conseil du roi les dissentiments anciens s'accentuaient. Louis XVI, excité par Marie Antoinette, souhaitait une nipture qui devait selon lui provoquer, avec l'invasion étrangère, le rétablissement de son autorité. Narbonno, nous l'avons vu plus haut, partageait les idées de son ancien chef Lafayette. Mais le ministre des affaires étrangères, Delessart, qui appartenait à la faction des Lameth, redoutait un condit dont il était impossible de mesurer les suites, et qui mettrait le tronc à la merci des Jacobins ^ Il tardait de son mieux à communiquer à l'Assemblée les réponses de l'Empereur : il n'hésitait pas à prononcer dans les moments critiques dos |)arolos énergiques et belli(|ueuses ; mais il avertissait sous main ses agents que ses menaces n'étaient point dangereuses |)our la paix du monde, et priait qu'on ne s'en offusquât point "^ Ces lenteurs et ces manœuvres, jointes aux horreurs d'Avignon dont on l'accusait d'être cause, avaient soulevé contre lui les colères de l'Assemblée, et cela d'autant plus que, par une erreur étrange, il passait pour représenter les tendances de la cour et la politique du roi. Les députés patriotes l'eussent tra-