‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 351 sur 520 · Révision des travaux ^ (Kuvres, X, 426 et sq · texte numérisé non relu

Révision des travaux ^ (Kuvres, X, 426 et sq

RENVOI DE NAniiONNE 381

(luit en jugement, s'ils Favaient pu, avec son collègue Bertrand de MoUevilIe.

Le 9 mars, Louis XVI congédia Narbonne. Il parut à la majorité que le renvoi de Tactif ministre signifiait, de la part du roi, la volonté de ne point préparer la guerre, de capituler devant les menaces de l'étranger: aussi le regarda-t-elle comme une véritable trahison, dont elle devait punir Tauteur responsable. Delessart fut décrété d'accusation ; ses collègues démissionnèrent'. Louis XVI, au lieu de les remplacer par des amis de Lafayette, fit appel à ceux de Brisspt. Peut-être, les regardant comme ses pires ennemis, voulait-il les déconsidérer sans retard, en les chargeant de résoudre les problèmes en suspens; peutêtre aussi désira-t-il se couvrir de leur popularité, au moment où la déclaration de guerre allait exalter les passions. Les ministres qu'il choisit étaient tous patriotes, Jacobins, partisans déterminés d'une politique belliqueuse. Ils cherchèrent à inspirer confiance, non seulement à la France, mais aux alliés possibles de la France par des déclarations énergiques. Condorcet, qui a soutenu Narbonne, les défend encore avec plus de zèle: il est lié avec Clavière ; il estime Roland, bien qu'il le connaisse assez peu ; c'est peut-être grâce à lui que de Graeve et Dumouriez sont arrivés au pouvoir* ; il les encourage, il les loue dans la Chronique de Paris.

Au comité diplomatique, il joua un rôle analogue. Les rares documents qui nous sont restés prouvent qu'il fut en rapports étroits avec Dumouriez '; il était probablement en correspondance avec le jeune Biron ; surtout il s'eiïorça par ses relations particulières de faciliter les négociations de Talleyrîind, et d'aider à la conclusion d'une alliance entre la France et l'Angleterre *.

1. Cf. Chronique de Parvi, 10 et 11 mars 1792; Rei^ision des travaux. Œuvres, X, 428.

2. Dumouriez et Tissol disent tous deux que Condorcet et Brissot furent consultés sur la Tormalion du ministère girondin; le premier ajoute que de Craeve et lui-môme consultèrent les deux députés. Cf. Tissot, III, Il ; Dumouriez., I, 430; Guadet, 1, 183. 1! est établi par Paveu même de Condorcet que Dumouriez négocia avec lui et Brissot au moment de la formation du ministère Girondin. Cf. partie IV, chap. i. Il résulterait même d'une lettre publiée par Chauvelot qu'on engagea Louis XVI à prendre Condorcet comme ministre {Lettres de L. AT/, 136).

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