‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 370 sur 520 · Chront'jue de l'aris, Ivc. ci · texte numérisé non relu

Chront'jue de l'aris, Ivc. ci

^ LES MESURES A PUENDhÊ * 403

le roi (le ses prérogatives constitutionnelles ; il le met dans Tirapossibilité de s'en servir. Le chef de l'exéculif étant suspect, les agents qu'ils nomment le sont aussi : il ne faut leur accorder aucune initiative, leur faire aucun crédit ; que, chaque jour, ils rendent compte de leurs actes, soit à TAssemblée elle-même, soit au comité des Douze, qui devient ainsi un véritable comité de salut public. Il faut retirer aux traîtres quels qu'ils soient les ressources occultes dont ils disposent : « Vous ne pouvez confier, dit Condorcet, à un homme Targent du peuple, truand vous ne pouvez plus être sûrs que cet argent sera employé pour la liberté ^ » Les administrateurs du Trésor public ije doivent rien payer des G millions affectés aux dépenses extraordinaires et secrètes, avant que le roi ne s'engage à justifier de leur emploi devant la commission de surveillance. Il est nécessaire, dans le même ordre d'idées, de soustraire les finances à l'influence du cabinet, de supprimer le ministère des contributions, et de confier au peuple le soin d'élire les commissaires de la trésorerie. Grâce à toutes ces mesures, le monarque ne pourra plus résister directement par son veto, indirectement par la corruption, aux vœux de l'Assemblée ou de la nation ; il devient un roi fainéant, qu'on peut conserver sur le trône, provisoirement, sans danger réel.

Les agents du pouvoir exécutif ainsi asservis, il reste à frapper les perturbateurs du repos public, à les contraindre par des mesures de rigueur à cesser Icurs^menécs. « Pour calmer les inquiétudes de ce peuple, il est du devoir de ses représentants de faire payer les calamités de la guerre à ceux qui en sont les auteurs. Il convient donc de mettre sur le champ en vente, et par petites portions, les biens des princes émigrés et d'annuler toutes les substitutions qu'ils seraient tentés de faire ^ » De plus, il faut appli^iuer sans relard toutes les lois répressives que propose Gensonné^.

Condorcet termina son discours en lisant un projet de message au roi. Ce message est en réalité un réquisitoire; il est écrit dans un style âpre, menaçant; il est destiné à frapper, et le peuple, et le monarque. Condorcet rappelle d'abord tous les devoirs que la.

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