Opinion sur les mesures générales, Œuvres, X
404 U DécH^ANClt
constitution, que ses propres serments imposaient â Louis XVI : celui-ci ne les a pas remplis. Ses amis, ses parents se liguent contre la France, se couvrent de son nom, le proclament leur complice, et il ne les désavoue pas par un acte formel! La guerre est déclarée, elle s'ouvre par des échecs, et il ne fait rien pour défendre son peuple ! Bien plus, TAssemblée veut prendre les dispositions que commandent les circonstances'; il Ten empêche. A-t-il pour conseillers des ennemis de la liberté? il autorise leurs critiques, au moins par sa faiblesse, et les garde auprès de lui. Le cabinet esl-il formé de patriotes? il contrarie leurs efforts, et précipite leur retraite. Qu il prenne donc garde. 11 a volontairement, ou inconsciemment servi les intérêts des émigrés et de r Autriche ; son intérêt personnel lui commande impérieusement de changer de conduite : a Choisissez, Sire, dit Condorcet, entre la nation qui vous a fait roi, et les fâcheux qui se disputent le partage de votre pouvoir. Que la cabale de vos anciens ministres s'éloigne de vous...; que la révolution qui s'est opérée dans Tempire français se fasse enfin dans votre cour...; que les familles des rebelles ne remplissent plus votre palais ; qu'elles ne soient plus l'unique société des personnes qui vous sont chères ; que des patriotes forment seuls votre conseil, et que ce conseil public ait seul votre confiance*. » Si le roi s'accommode du pouvoir restreint qu'on lui laisse, s'il acquiesce à toutes ces réquisitions, les patriotes renonceront à lui demander compte de sa conduite passée. Sinon qu'il prenne garde, la constitution, au chapitre n du titre 111, spécifie qu'il sera censé avoir abdiqué la royauté « s'il ne s'oppose pas par un acte formel à une... entreprise qui s'exécuterait en son nom ». Aussi le message se clôt-il sur un véritable ultimatum, plus menaçant encore parce qu'il laisse entendre que parce qu'il exprime, a Nous vous avons rappelé, sire, les obligations sévères auxquelles la Constitution vous a soumis, lorsque des ennemis perfides s'armeront en votre nom contre la liberté, et vous nous épargnerez sans doute la douleur de vous y trouver infidèle*. »
Celte polili(|ue que Condorcet soutient de plus en plus énergi-