‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 381 sur 520 · HÉSITATIONS DE L\ COMMISSION · texte numérisé non relu

HÉSITATIONS DE L\ COMMISSION

pire..., une telle unité dans une circonstance aussi décisive doit nécessairement influer de la nnanière la plus favorable sur tous les déparlements ; mais d'ailleurs la mesure proposée ne sort point (le la constitution ; elle s'y trouve au contraire expressément prévue et déterminée ; elle ne peut donc heurter d'autres opinions que celle des ennemis mêmes de la constitution ; et, s'ils ne cherchent qu'un prétexte pour se déclarer, il faut convenir qu'il serait bien absurbe de croire qu'ils n'en trouveront point d'autres. Mais il y a plus. L'impulsion donnée à présent par la capitale peut-elle être arrêtée ? N'y aurait-il pas les plus grands inconvénients de le tenter? L'Assemblée nationale peut-elle vouloir résister à celle inipulsiouy sans avoir l'air de ne tenir aucun compte du vœu du peuple, et sans devenir responsable des désastres que sa résistance à un tel vœu pourrait occasionnerai » Huhl, (iuyton de Morveau ^ pensaient comme lui.

Mais les partisans de la déchéance rencontraient au sein de la commission une vive opposition. Les royalistes comme Paslorel, Vaublanc, ne pouvaient abandonner Louis XVI tant qu'ils enlrevovaient la moindre chance de le maintenir dans ses droits et (le sauver la constitution. Chose grave, un Girondin, Vergniaud^, semblait disposé à leur prêter le concours de son crédit et de son éloquence. Après avoir, un des premiers, dénoncé Louis XVÏ à la vindicte nationale, il s'effrayait de voir imminents les événements qu'il avait prédits ; il redoutait pour la France envahie, pour le peuple ailolé les troubles inséparables d'un changement constitutionnel. II eût voulu ajourner le plus possible la déchéance du roi. 11 n'avait même pas perdu tout espoir d'obtenir le maintien du statu quo. Il pensait que le monanjue devait à présent comprendre les dangers de sa situation et la nécessité de retirer sa confiance à des conseillers perlides. (ju'il accepterait, devant les menaces popnliiires, de faire a|)pel à un ministère patriote. Il avait écrit à Louis \VI, à la fin <le. juillet, pour l'adjurer de modifier sa ligne de conduite, tandis qu'il en était temps encore, et de se réunir fran-

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