‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 401 sur 520 · Messieurs · texte numérisé non relu

Messieurs

L'assemblée nationale vient de nommer pour représentant de la nation un de ces philosophes qui par leurs écrits avaient dès longtemps préparé les deux Révolutions françaises, qui les avaient faites dans les esprits, avant qu^elles fussent faites dans le gouvernement; c^esten attaquant tous les préjugés, et le fanatisme religieux et le fanatisme de la royauté qu'ils ont aplani les routes qui nous ont mené à la liberté et à l'égalité et qu'ils ont mérité d'être appelés par vous dans les premiers rangs des défenseurs de nos droits. Vous venez de nommer à la Convention nationale cet élève de l'école de Voltaire, cet ami de Paine, cet homme auquel d'immenses travaux sur la législation ont appris que toutes les lois doivent être marquées au coin de la raison sociale et que, si elles ne sont fondées sur ces principes immuables maintenant consacrés par l'opinion publique, elles seront bientôt sans pouvoir et sans force. Ce grand homme est M. Condorcet. {Arch, Naf., C 178.)

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